Contre-propagande sur le Plan B

 

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Le Plan B Journal

J’ai été initiée à l’expression « Plan B » par le journal de Gilles Balbastre, présenté comme une parution d’extrême-gauche sur la presse (Voir Animal Farm made in France). Je n’y ai pas prêté grande attention, jusqu’à ce qu’à mon retour forcé et manu militari du Canada, en 2009, je tente de fuir à Berlin pour échapper aux persécutions lilloises et françaises. En vain. Mais dans cette capitale teutonne américanisée jusqu’à l’os, j’ai soudain découvert que l’expression s’affichait sur tous les taxis avec un relent néolibéral qui m’a laissée pantoise.

Une première exploration thématique autour de l’expression ne m’a guère éclairée sur ses connotations idéologiques, sinon sur un point : il s’agit bien d’une expression très américaine et très à la mode. En vérité, je cherche encore quel type de propagande y est associée, mais alertée par ma découverte, je n’ai pas manqué de repérer ses résurgences régulières dans la vie publique, jusqu’à la trouver cet été à Athènes sur le T-shirt d’un jeune homme branché de mon quartier. Apostrophé, interrogé sur la signification de son T-shirt, il m’a expliqué ce qu’était un Plan B. Je n’ai pas besoin qu’on me l’explique. Hélas, s’il y en avait une,  il était inconscient de sa portée idéologique ou politique.

J’ai retrouvé récemment, à deux reprises, cette expression dans  Le Monde, un journal que j’ai élevé au rang de premier quotidien français de désinformation nationale. Autrefois à gauche, il ne s’adresse plus aujourd’hui qu’aux cadres supérieurs de la Haute administration européenne, qui passent leurs week-ends à Paris (Ah, les expos parisiennes !) mais vivent plutôt à Bruxelles (Bof…). La ligne politique du journal, qui souffle en alternance le chaud et le froid, est devenue indéfinissable… Pour ma part, je ne sais toujours pas ce qui se cache derrière ce « Plan B », mais il y a une chose dont je suis sûre : le « Plan B », ce n’est pas un « truc de gauche ».

le-plan-b-brad-pitt1-105x150 Mensonges politiques

Le Plan B Brad Pitt

Le Monde, mercredi 3 juillet 2013. Sandrine Marques, « Voici venu le film d’horreur familial ».

Une critique cinématographique fait la revue du dernier blockbuster américain, World War Z, de Marc Forster, la première superproduction de Plan B, une compagnie créée par Brad Pitt. En dépit du succès du film, la critique s’indigne d’une « idéologie rance » : « Réac, machiste, World War Z est une altération du film de zombie qui s’achève sur un ultime empilement : celui de corps dans de vastes charniers auxquels on met le feu « pour régler le problème ». Image glaçante et cynique, à l’image d’un film d’action pure, dangereusement désinvolte ».

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Le Plan B Manuel Valls

Le Monde, samedi 26 octobre 2013. Hélène Bekmezian, « Manuel Valls, « plan B » pour 2017 ? L’hypothèse qui affole les rangs socialistes ».

Alors que l’actuel Président de la République sombre un peu plus dans les sondages, Le Monde propose sans plaisanterie un article sur Manuel Valls, « plan B » pour 2017 ! En général, les hommes et femmes politiques, en particulier lorsqu’ils sont issus d’un parti comme le PS, souhaitent  être élus pour défendre un projet politique ! Mais la machine politique et médiatique affolée ne s’en préoccupe même plus, révélant un pouvoir qui tourne à vide et ne pense plus qu’à se faire élire ! Qui sait où en sera la France en 2017 ?

Le Monde diplomatique affiche à sa une d’octobre 2013 un article sur « Les embrouilles idéologiques de l’extrême-droite » (Evelyne Pieiller). L’article est intéressant. Mais il lui  manque un second volet sur « Les embrouilles idéologiques de la gauche et de l’extrême-gauche »…

Contre-propagande sur l’adage « Le Ridicule tue »

 

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Film 1995

Le ridicule tue. Je vis tous les jours, depuis des années, la vérité de cet adage. Mais la propagande qui voudrait faire croire qu’un meurtre par le rire est moins condamnable qu’un meurtre ordinaire est aussi abjecte que le recours à un bouc émissaire pour distraire le peuple de ses indignations légitimes. Un attentat au gaz hilarant serait-il moins révoltant qu’un attentat au gaz sarin, s’il faisait autant de morts ?

On peut même considérer que le processus de mort lente qu’il entraîne relève d’un surplus de cruauté, à laquelle s’ajoute la lâcheté d’un procès que l’on esquive sans pour autant lâcher la proie. Enfin l’assassinat par le ridicule implique un public que l’on incite  à manifester le pire de lui-même. C’est un crime de plus à mettre sur le compte de ceux qui ont recours à cette arme.

Jean-Marie Domenach, dans son manuel sur La Propagande politique cite le ridicule comme arme de contre-propagande : « Ridiculiser l’adversaire, soit en pastichant son style, et son argumentation,  soit en répandant sur son compte des plaisanteries, de courtes histoires comiques, ces « Witz » qui jouèrent un grand rôle dans la contre-propagande orale menée par les anti-nazis allemands » (1). Il reconnaît que c’est « sans doute l’arme des faibles » mais il estime que la rapidité de diffusion des plaisanteries en font un agent corrosif à ne pas dédaigner.

Le problème dans mon cas, c’est que je n’ai jamais fait de propagande ou de prosélytisme pour quoi que ce soit  —  à moins que la simple expression de son opinion, dans le cercle privé de ses fréquentations, ne soit en effet répréhensible. Le vécu et l’enquête que je mène n’ont révélé que deux choses : la monstruosité et la calomnie de ce qui se dit sur moi ; l’incompréhensible haine d’adversaires, parmi ceux qui ont orchestré la diffamation, qui, lorsque je les identifie sous leur masque, s’avèrent être des étrangers à ma vie personnelle.

Jean-Marie Domenach distingue deux types de rire, le rire recherché n’étant pas « ce rire méprisant qui soude une foule dans le sentiment de sa supériorité, et que Hitler savait si bien faire lever dans l’arène de Nuremberg, mais un rire solitaire, explosion d’irrespect, protestation vitale de la liberté contre la pensée préfabriquée, ce  rire dont Nietzsche disait qu’il serait un des derniers refuges de l’homme libre contre les mécanismes de la tyrannie, et qui, même dans les plus tragiques époques, est une des armes les plus redoutables dont on puisse user contre une propagande totalitaire » (2).

Je devine que mes adversaires se flattent de ce rire solitaire et irrespectueux. Hélas ce que j’endure est bel et bien, en réalité, « ce rire méprisant qui soude une foule dans le sentiment de sa supériorité », manifestation d’un fascisme rampant qui va de pair avec la pratique du bouc émissaire.

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La Propagande politique par Jean-Marie Domenach

 

Notes :

1. Jean-Marie Domenach, La Propagande politique, PUF, collection « Que sais-je », n° 448, 1950, consulté dans une réédition de 1965, p. 76 (Voir le Complément informatif 4, dans le Manifeste du 07/09/2013).

2. Ibid. p. 79.

Contre-propagande sur le retour de Sarkozy

 

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Les couilles qui manquent aussi à Sarkozy.

Jour après jour se multiplient les annonces, les articles, les petites phrases sur le retour de Sarkozy. Je n’en crois pas mes yeux ni mes oreilles. Voilà un président qui a connu des sommets d’impopularité, qui a humilié la France avec un remariage éhonté à la présidence, qui a laissé au pays une série d’ardoises toutes plus indécentes les unes que les autres, depuis les frais de campagne présidentielle ou le site web de l’épouse, jusqu’à un endettement record et inégalé des finances de l’Etat qu’il dirigeait. Et qui ose maintenant avancer une nouvelle idée de gouvernement : le président « protecteur », notion qui fait étrangement écho à l’idée de « Care » de Madame Martine Aubry-Brochen, dont le cynisme a déjà été brocardé dans ces pages (Fin de Partie, Protestation des derniers jours du mois d’août 2013).

Je n’ai pas oublié qu’il y a trois ans, le 7 septembre 2010, c’est à Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française, que je me suis adressée en lui envoyant ma première Lettre ouverte. Mais Monsieur Sarkozy m’a eu ni les couilles de me venir en aide, ni les couilles de me répondre pour me signifier son refus de m’aider. Un prédateur qui ne pense qu’à sa carrière n’est jamais protecteur. Un président qui considère ses concitoyens comme de la chair à canon que l’on peut sacrifier dans un éclat de rire à son quinquennat n’est pas protecteur. Monsieur Sarkozy a failli à son devoir comme à sa fonction avec le même cynisme, la même outrecuidance, que ceux de Martine Aubry, maire de Lille, me livrant à un véritable lynchage populacier dans sa propre ville, tout en se flattant d’un mari avocat des Droits de l’Homme, Jean-Louis Brochen. On ne peut même pas leur accorder le bénéfice de la « Realpolitik ». M’ont-ils fait taire ? Non ! Ont-ils connu des succès politiques ? Aucun !

Pourtant ces dirigeants irresponsables, puisqu’incapables d’assumer leurs responsabilités de représentants de l’Etat, continuent de revendiquer des postes d’élus aux plus hautes fonctions, avec la même ligne de conduite vis-à-vis du peuple qu’ils exploitent et qu’ils méprisent : « En toutes circonstances, la victime est priée de se taire lorsque sa plainte met en cause des puissants » !

Monsieur Sarkozy a une grande gueule, mais  une grande gueule n’est pas synonyme de courage politique. Il n’a pas de vision politique pour la France, pas plus que le parti socialiste en place, qui confond populisme et démagogie avec un projet de société.

Tandis que depuis des années je hurle de souffrance sous les quolibets, un président assassin, un maire assassin, sont toujours courtisés par les médias, encouragés par leurs militants, au mépris de la vérité. Sont-ce bien les choix des Français ? Pourquoi la vérité ne peut-elle éclater ? Comment ce peuple au passé si glorieux, et qui a déjà donné tant de preuves de son intelligence et de sa générosité, peut-il en arriver là ?

Commentaires mis en ligne sur Yahoo les 11 et 12/12/13 pour l’annonce du retour de Sarkozy :

Sarkozy : « Je ne peux pas ne pas revenir »   (LePoint.fr – il y a 2 heures 5 minutes)

ClairSeg • il y a une seconde

Une fatalité ? Non, une calamité pour la France ! Le désastre Hollande, c’est la conséquence des années Sarkozy, qui est plus « grande gueule » que l’actuel président mais qui n’a pas plus de courage politique que lui ! Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller

ClairSeg • il y a une seconde

Le Président sur lequel on est sûr de ne pas pouvoir compter… Il a fait ses preuves… Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller

VIDEO. Peut-on se passer de Nicolas Sarkozy ?  (Le Nouvel Observateur – il y a 1 heure 59 minutes)

ClairSeg • il y a une seconde

Oui, on peut se passer de Sarkozy ! Et cela ferait du bien au pays de sortir de l’ornière du cynisme qui corrompt toute la vie politique, à droite comme à gauche ! Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller

Sarkozy 2017, décollage à hauts risques (Par Serge Raffy | Le Nouvel Observateur – il y a 14 heures)

Cette fois, c’est sûr. Il a son agenda en état de marche, sa feuille de route bien préparée. Dans quelques mois la fusée Sarkozy va décoller dans le ciel bas et lourd d’une France morose.

ClairSeg  •  il y a 9 heures 

La fusée Sarkozy a déjà fait long feu… C’est un pétard qui fait du bruit et ne mène nulle part ! Qui peut encore croire en lui ?! Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller

1 réponse de SIMPLY MARKO  •  il y a 14 minutes 

Je réponds à votre question: les médias!

Le retour de Sarkozy, épisode 148 : « Les Français décideront » (Par Le Nouvel Observateur | Le Nouvel Observateur – il y a 12 heures)

Ce jeudi, c’est le site de « L’Express » qui se charge de donner des nouvelles de Nicolas Sarkozy. L’ex-président était à Lagos, au Nigeria, pour y gagner sa vie de conférencier de luxe. Alors qu’on lui demandait s’il comptait « revenir au Nigeria comme président de la République », il a répondu : « J’ai été passionné par ma tâche pendant 5 ans. J’ai une éternelle reconnaissance envers les Français. » Et pour la suite? « Ils décideront. »

ClairSeg  •  il y a 10 heures 

Les Français ont déjà dit non à Sarkozy ! Ils savent qu’ils ne pourront jamais compter sur lui… : « il a fait ses preuves » ! Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller

Manifeste pour la revendication de mes droits humains fondamentaux

 

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Révolte

Connue pour avoir enfariné Monsieur François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012, je me bats depuis des années pour réclamer le respect de mes droits humains essentiels, combat dont fait état mon blog « Un Micro sous votre oreiller ». J’ai quitté la France en novembre 2012, sans connaître une quelconque amélioration de ma situation. J’ai d’abord passé six mois à Londres, le temps de régler des dossiers en cours à Lille, puis je me suis rendue à  Budapest et enfin à Athènes.

L’essentiel des manœuvres auxquelles je me heurte depuis mon départ visent à me ramener en France en m’empêchant de trouver un moyen de subvenir à mes besoins. Ayant renoncé à Londres à chercher un emploi, déjà difficile à trouver à 47 ans, après des années d’inactivité, et alors que je suis calomniée auprès des employeurs que je contacte (courrier électronique lu, ordinateur surveillé, appels téléphoniques contrôlés…), j’avais encore la possibilité de créer une petite entreprise pour créer mon propre emploi. Le projet était ancien et bâti depuis plusieurs mois. Mais je me heurte à des procédés dilatoires pour la création administrative de l’entreprise (une nécessité pourtant), tout aussi illégaux que la surveillance dont je suis  victime, puisqu’ils ne sont étayés que par la calomnie. Et à mesure que le temps passe sans revenu, je m’appauvris au point de voir mon projet remis en cause.

Quelle que soit l’opinion des Français à mon égard, opinion qu’ils n’ont pas même eu le courage de me faire connaître, je tiens à rappeler que mes droits humains fondamentaux comportent le droit de travailler pour subvenir à mes besoins, comme le droit d’un accès à la Justice et aux soins médicaux, droits qui me sont refusés. Je tiens aussi à rappeler que la défense des Droits de l’Homme ne prend tout son sens que lorsqu’on entreprend de les faire respecter pour tous, y compris respecter pour ses propres ennemis. On pourrait sinon tout aussi bien décerner une médaille des Droits de l’Homme à bon nombre de dictateurs dont les partisans, en général, ne se plaignent pas d’atteintes à leurs droits fondamentaux.

Parmi ces Droits fondamentaux, le droit de quitter son pays est considéré comme un droit humain à part entière. J’ai été salie, trahie et déchue de ma citoyenneté dans mon propre pays, où toutes les instances de défense ont fait la preuve de leur incapacité à contrer le pouvoir politique. Je ne rentrerai pas en France. J’entends rester en Grèce aussi longtemps que cela sera possible car je n’ai plus les moyens de voyager à travers l’Europe sans compromettre ma capacité à assurer moi-même mon avenir. Et s’il fallait quitter Athènes sous la contrainte, je préférerais me noyer en tentant de traverser la Méditerranée à la nage… — mais je ne rentrerai pas en France. S’il fallait quitter Athènes sous la contrainte, je préférerais aller mourir de froid sur les routes enneigées, comme les soldats de Napoléon, en tentant de traverser la Russie en clandestine… — mais je ne rentrerai pas en France.

Après avoir assisté pendant des mois au spectacle monstrueux d’une ville comme Lille, tout entière dressée dans une transe jubilatoire du meurtre collectif autorisé par la municipalité et la police, se délectant au jour le jour du viol répété de ma vie privée dont les détails étaient commentés dans la clientèle socialiste la plus élargie, je ne pourrai jamais croire que le moindre bien puisse venir de telles pratiques populistes et propagandistes. Je connais aussi trop le caractère misogyne des attaques que j’endure pour ne pas rappeler qu’une femme, au 21ème siècle, est reconnue l’égale de l’homme, sans réserve. Seuls des esprits réactionnaires, phallocrates, passéistes, peuvent encore attendre d’une femme qu’elle se contente d’être un joli minois auquel on dicte sa conduite. Je m’estime libre de mes pensées, de mes jugements, de mes actions, de mes engagements, de mes amours, mais aussi libre de mon corps et de l’usage que j’en fais. Je n’appartiens à personne.

Cette liberté et ce sens de la responsabilité n’excluent pas que je dénonce enfin les manipulations de ceux qui m’ont calomniée pendant des années pour se servir de moi comme d’un bouc émissaire à des fins propagandistes qui me font chaque jour un peu plus horreur à mesure que je les découvre.

Je revendique le droit de vivre en paix. Je réclame le rétablissement de mes droits humains dans leur intégralité. Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour connaître la vérité entière sur les actes de l’Ecole normale supérieure et du Parti socialiste.

J’espérais en quittant la France ne plus avoir besoin de me lancer à nouveau dans ce genre de démonstrations publiques. Désabusée sur les prétentions de mes concitoyens à se faire les chantres des Droits de l’Homme, je n’aspirais qu’à poursuivre ma route loin des cénacles qui ont détruit ma vie. Mais s’il faut continuer à se battre, ne serait-ce que pour le droit de manger demain, je tiens à faire savoir que je reste combative et que la multiplication des incitations au suicide dont j’ai fait l’objet cet été n’a fait que renforcer ma combativité.

J’entends diffuser ce manifeste auprès de la presse. A ceux des journalistes qui auraient l’outrecuidance de s’indigner de mes messages répétés, je conseille le recours au dictionnaire. Qu’ils revoient le sens de mots, dont certains font pourtant un usage immodéré : Liberté, Justice, Droit de parole, Courage, Egalité, Générosité… D’autre part je n’ai plus accès à la boîte mail qui me servait à envoyer mes derniers messages, et qui a été mise hors service (comme de multiples autres boîtes avant elle : ma politique a toujours été de relancer un mailing, même sur un prétexte futile, chaque fois qu’une boîte mail était supprimée). J’aurais donc recours à d’anciennes listes manuscrites d’adresses électroniques, sans savoir quels sont les journalistes qui m’ont demandé de supprimer leur adresse de mes mailings. Compte tenu de la situation désespérée dans laquelle je me trouve, ces derniers feraient preuve d’élégance à ne pas monter sur leurs grands chevaux.

La diffusion de ce message me rendrait un peu d’espoir et viendrait raviver l’estime défaillante que j’ai encore pour mon pays.

Claire Seguin

Complément informatif 1 :

Enquêter sur l’Ecole Normale Supérieure et sur le Parti socialiste, pour moi, depuis plusieurs mois, cela consiste pour l’essentiel à lire des biographies de Roosevelt, du Général Giraud, de Lemaigre Dubreuil, et autre Jean Monnet, autant de personnages auxquels je ne me serais peut-être jamais intéressée, si je n’avais pas entrepris d’éplucher la biographie de François Mitterrand en détail. Et je me retrouve à nouveau avec un axe Cognac-Dunkerque qui vaut son pesant d’arachide… Mais il est certain aussi que ce n’est pas parmi cette coterie versée Action française et Réveil du contribuable que j’aurais eu l’idée de constituer mon Panthéon personnel des socialistes français méritants !

Le film Casablanca, qui date de 1943, est un exemple de manipulation, des plus monstrueuse, identifiée vingt-huit ans après que le film n’ait été cité à mon intention, alors que je lisais une biographie de Roosevelt que j’ai confrontée à une humiliation publique récente. C’est le type même du film à double lecture, puisque le personnage principal, tenu par Paul Henreid, semblerait faire référence à l’écrivain Arthur Koestler, révolutionnaire communiste qui a dénoncé le stalinisme et les procès de Moscou, remettant en cause le processus révolutionnaire lui-même.

La référence littéraire ou cinématographique, choisie parmi les grands classiques, et conçue comme mode d’action, est caractéristique de mes adversaires normaliens, dont l’imaginaire très littéraire, mais aussi réactionnaire, phallocrate, passéiste, révèle une caste qui n’a plus aucun contact avec la « vraie vie ». Après trois générations de népotisme, ce cercle déjà très fermé, dont les membres sont issus du sérail, cooptés par le sérail, et qui pratiquent l’endogamie à l’intérieur du sérail, vit dans un monde clos, celui des cours d’école et des bibliothèques, d’autant plus verrouillé que ses membres sont effrayés par le sang neuf qui révèlerait leur consanguinité.

Loin de m’égarer dans des digressions avec ce complément informatif, j’estime être au contraire au cœur de mon sujet. Seuls les philistins dénués de toute culture, les fils à papa et les gogos du Parti socialiste, ou du Parti démocrate, oseront prétendre que je divague…

Complément informatif 2 :

J’ai toujours insisté sur le fait que je n’avais jamais eu aucun engagement politique ou idéologique qui puisse justifier la surveillance dont je fais l’objet ; pourtant dans l’article « Animal Farm made in France », j’évoque des réunions politiques auxquelles j’ai assisté. Je tiens à y revenir pour être très précise sur la question.

Ma famille nucléaire se considérait comme socialiste sans avoir jamais adhéré au parti. Moi-même, je suis devenue très critique vis-à-vis du Parti socialiste après 1983. J’avais le cœur très à gauche car j’attendais des politiciens qu’ils apportent plus de justice sociale. Mais je n’avais aucun engagement, ni même de réelle culture politique. J’étais passionnée de peinture (surtout), de littérature et de poésie surréaliste, et j’aurais voulu y consacrer tout mon temps.

J’ai adhéré deux fois à un mouvement, les deux fois sur incitation extérieure :

  1. la première fois, à Paris (début années 1990), lorsque je commençais ma thèse de doctorat. Le psychiatre que je voyais (puisque tout allait mal, j’avais décidé de régler le problème – c’est le psychiatre contre lequel j’ai porté plainte) m’avait incitée à m’inscrire dans une association caritative, selon le principe qu’aider les autres aide à s’aider soi-même et m’avait suggéré Amnesty International. L’idée m’avait paru acceptable. Adolescente, j’étais allée une fois ou deux à des réunions publiques d’Amnesty, en tant que spectatrice. J’ai donc tenté d’adhérer à Amnesty. Mais je n’ai fréquenté le groupe de mon arrondissement que quelques mois. J’ai trouvé l’ambiance détestable, je ne me suis pas insérée et je n’appréciais pas la jeune femme qui menait les réunions. J’ai arrêté d’y aller à la suite d’une divergence sur les choix d’action du groupe. En particulier, il a été déclaré en séance, de façon autoritaire et sans consultation, que notre groupe ne s’impliquerait pas dans l’action en faveur des femmes proposée par la section nationale car « la question de l’émancipation des femmes était acquise et il n’y avait pas à y revenir ». C’est une chose que j’avais déjà trop entendue depuis mon arrivée à Paris en 1989 et j’étais outrée. Mais il n’y a eu aucun conflit (je ne suis plus venue) et aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’ai quitté Amnesty parce que je donnais raison à section nationale de maintenir des actions de sensibilisation sur la condition féminine.

  2. Une dizaine d’années plus tard, en 2000 ou 2001, lorsque je suis entrée dans l’enseignement, j’ai adhéré quelques temps à Attac. En me réinsérant dans la société, j’ai eu envie de m’y impliquer aussi de façon plus active. Un ami socialiste, auprès duquel j’avais souvent entendu parler politique, m’a suggéré d’aller voir Attac, qui n’était pas un parti, mais un mouvement d’idées cherchant à redéfinir un projet pour la gauche. Cela m’a semblé correspondre à mon profil et je m’y suis inscrite à Amiens. Là encore je ne suis restée que quelques mois. Le coté Education populaire était en effet très vivace et j’y ai appris beaucoup de choses sur le monde qui m’entourait. C’est à cette époque que j’ai assisté à diverses réunions politiques. Mais je ne suis pas restée assez longtemps pour voir se dégager un quelconque projet d’avenir. Victime très vite de harcèlement dans l’enseignement à Amiens, alors que bon nombre de mes camarades d’Attac étaient eux-mêmes professeurs, j’ai rompu avec le groupe.

Enfin j’évoque les Indignés dans mon blog puisque nous nous sommes côtoyés dans la rue, à Lille, lorsque je distribuais mes « petits papiers ». Je n’ai jamais participé de façon active au mouvement même s’il m’a inspiré de la sympathie sur le moment, pour plusieurs raisons, dont la première et la principale est qu’il me semble aberrant de m’engager dans un quelconque mouvement politique ou idéologique alors que je suis surveillée et harcelée par la police, sans même savoir pourquoi ! Je ne vois pas quel type de fiabilité je pourrais apporter à d’éventuels camarades.

Je considère pour ma part que mon combat pour la vérité et le rétablissement de mes droits humains fondamentaux est un combat en soi et à temps plein.

Complément informatif 3 :

A tous ces jeunes gens qui se prennent pour des résistants quand ils font office d’indicateurs de police, je voudrais poser les seules questions qui vaillent : a-t-on besoin de résistants dans une démocratie qui fonctionne ? Et à quoi résiste-t-on lorsqu’on collabore avec la police pour dénoncer et assassiner une citoyenne à laquelle on refuse de présenter un chef d’accusation ? Jusqu’où peut aller la mascarade ? Le résistant de 2013 sera-t-il le fossoyeur de la Démocratie ?

Si un complément informatif est nécessaire à ces jeunes gens qui vérifient sur leur portable que la femme assise à l’arrêt de bus correspond bien au portrait qu’ils ont à l’écran, avant qu’ils ne fassent des choix définitifs, je suis prête à leur rappeler que les jeunes gens qui ont choisi le parti du Mal dans les années 1930 ne ressemblaient en rien au Nazi caricatural des films hollywoodiens, raide et cintré dans un uniforme vert de gris, avec monocle et balafre sur la joue. Mais certains jeunes gens d’aujourd’hui, plus portés aux stéréotypes qu’aux réalités à explorer, ne veulent pas le savoir. Les jeunes gens qui ont choisi le parti du Mal dans les années 1930 étaient modernes, ils étaient sportifs, ils étaient beaux. Ils aimaient la vitesse, les trains rapides, les larges avenues propices aux défilés militaires. En art ils admiraient les futuristes italiens et les poètes qui célèbrent « le sol et le sang ». Ils étaient intolérants parce qu’ils étaient convaincus de représenter le parti de la morale et d’avoir Dieu dans leur camp. Ils avaient des « valeurs ». Ils défendaient le travail, la famille, la patrie. Et ils déclaraient avec aplomb (je cite avec répulsion) : « Les gens comme nous savent tout de même mieux que les autres ce qui est bien ou mal » ! Bref, ils étaient fascistes, et fiers de l’être, comme Mussolini, qui avait été un jeune leader prometteur du parti socialiste italien, avant de tourner casaque.

Je m’apprête ce jour, samedi 12 octobre 2013, à entreprendre un nouveau déplacement : puisque la plaisanterie est si drôle, branchez-vous donc à nouveau sur les réseaux sociaux, sur radio facho, sur le site de la Gestapo…

Complément informatif 4 :

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The greedy Blackbird

Lors des derniers jours passés Athènes, à défaut de pouvoir m’investir dans un projet professionnel, j’ai repris le cycle de mes lectures entamé depuis plusieurs mois et j’ai ressenti l’urgence de lire « quelque chose » sur la question de la propagande.

 Le mot en France a presque disparu du vocabulaire usuel et plus personne n’oserait s’adonner à quelque forme de « propagande » déclarée. Mais le terme, bien que terni, reste vivace dans les pays anglo-saxons. Au printemps, Londres consacrait une grande exposition au thème : Propaganda, que j’ai regretté de ne pouvoir visiter pour cause de départ précipité. Surtout, j’avais remarqué en me rendant aux archives nationales de Kew Gardens que les dossiers étiquetés « Propaganda » étaient presque vides et très anciens, datant de la fin des années 1940. Ce qui signifiait que ceux des années 1950, s’ils existaient, n’étaient toujours pas ouverts à la lecture, alors que bien d’autres comme ceux consacrés au parti socialiste français, datant parfois des années 1980, l’étaient déjà… Il est certain que je m’intéresse à la propagande politique parce que je me sens concernée.

Il va sans dire aussi que je ne fréquente pas les bibliothèques françaises d’Athènes. Je me suis donc rendue à la bibliothèque nationale grecque, où j’ai trouvé, en tout et pour tout sur le sujet, un « Que sais-je » de 1950, réédité en 1965, de Jean-Marie Domenach : La Propagande politique (1). La déception de prime abord n’était pas justifiée. Je ne pouvais pas faire meilleure lecture :

1/ Parce que l’ouvrage, dans sa simplicité, est remarquable de pédagogie et de clarté. Après avoir dressé une typologie de la propagande, l’auteur entreprend d’expliquer son évolution au XX ème siècle à travers ses deux émanations majeures : la propagande de type léniniste et celle de type hitlérien. Il s’attache ensuite à conceptualiser et inventorier les règles et techniques de la propagande. Les écailles me sont tombées des yeux. Il consacre enfin trois chapitres à une réflexion sur les rapports de la propagande avec le mythe et le mensonge dans l’imaginaire des peuples, sur ses relations avec l’opinion publique et sur son usage, possible ou non, dans le cadre d’une démocratie.

La propagande a toujours existé mais son ampleur a été décuplée de façon extraordinaire par les mass-media, la radio, la photographie, le cinéma, la presse à grand tirage, les affiches… Jean-Marie Domenach remarque dès l’introduction que la propagande précède toujours la police et l’armée, et qu’elle est une force de combat à part entière : « Dans la hiérarchie des pouvoirs du totalitarisme moderne, la propagande politique occupe incontestablement le premier rang, avant la police ». Il insiste sur le fait qu’elle continue de s’exprimer à mots couverts dans la façon dont sont présentées les nouvelles ou des statistiques et qu’elle est toujours liée à la guerre : « La propagande actuelle, c’est la guerre poursuivie par d’autres moyens » (2).

2/ Parce que j’ai trouvé une référence pédagogique des années 50-60 qui fait écho à mon professeur de philosophie de terminale lorsqu’elle déclarait que la calomnie est d’autant plus condamnable qu’elle laisse toujours des traces (Voir Article « Protestation : Enfarinage de Monsieur François Hollande à Paris » du 2 mars 2012). Celui qui cherche à se défendre, explique Jean-Marie Domenach, se retrouve en position d’accusé, tandis que les témoins pensent que les auteurs du mensonge n’oseraient jamais affirmer de telles monstruosités s’ils n’en étaient pas sûrs. L’auteur précise qu’ « Hitler savait que la crédibilité d’un mensonge augmente souvent en fonction même de son énormité » et il cite le dictateur lui-même : « Le mensonge le plus impudent laisse toujours des traces, même s’il a été réduit à néant. C’est là une vérité qui est connue de tous ceux qui sont passés maîtres en l’art de mentir et qui continuent à travailler à son perfectionnement » (3).

Et parmi ces règles de la propagande répertoriées par Jean-Marie Domenach, la première de toutes, dite « Règle de simplification et de l’ennemi unique » (4) consiste à « concentrer sur une seule personne les espoirs du camp auquel on appartient ou la haine qu’on porte au camp adverse ». L’auteur explique dans cette rubrique que le propre de la propagande nationale-socialiste, selon P. Reiwald, serait un art du bluff poussé à sa limite et qui consiste à charger l’adversaire de ses propres erreurs ou de sa propre violence, parade généralement déconcertante. Ce procédé aurait une fonction de catharsis, d’autopurification par la haine.

3/ Parce que cet ouvrage pédagogique est en fait un ouvrage de propagande politique, orienté de façon très marquée par la vision du monde d’un auteur catholique, animé d’un anti-communisme quasi névrotique, comme le révèle dès l’introduction du bréviaire une perle savoureuse : « Combien significative de notre époque, cette histoire des prisonniers japonais rentrant d’U.R.S.S., en 1949, convertis au communisme après un séjour dans des camps d’ « éducation politique », et que des zélateurs de l’autre doctrine attendaient au débarquement, bible en mains, pour les soumettre à une « rééducation démocratique »(5)». Or les Japonais sont majoritairement shintoïstes et bouddhistes (à environ 84%) tandis que les religions du Livre ne représentent que 2% des pratiques religieuses ! La propagande ouverte en faveur d’un catholicisme ultra-réactionnaire, conçu comme un avenir salvateur, reprend bien sûr à la fin de l’ouvrage, en guise de conclusion : « Lamartine avait prophétisé « l’ère des masses ». Le Bon croyait à l’ère des foules et Tarde à l’ère de l’opinion publique. Notre époque est tout cela : ère des masses, entraînées par les sectes d’agitateurs, selon les préceptes léninistes – coagulées en foules délirantes par la magie hitlérienne – diluées en une opinion publique passive et amorphe, imbibée des produits digestibles de la technique américaine. Dans tous les cas, la propagande déferle sur des collectivités désossées. S’il faut lui résister, ce ne peut être que dans une solitude tragique, ou bien solidement adossé à des communautés de vocation et de volonté. L’ère des masses est aussi l’ère de l’homme isolé. Il n’est pas impossible non plus que lui succède un jour l’ère des monastères, des communautés et des ordres »(6).

Si je ne peux reprocher à ce valeureux résistant d’avoir combattu toute sa vie le nazisme, je ne pense pas pour autant qu’il puisse être assimilé au communisme, ni que le seul rempart contre ce dernier soit une société cléricale de culs bénis vivant en communautés dans des monastères ! Ce n’est pas ma conception d’une société démocratique. Je n’ai pas oublié les ravages de l’Inquisition. Et je n’apprécierais pas de découvrir que ma vie ait pu être sacrifiée à la propagande de ces névrosés ! L’épouvantable jeunesse immorale, ou supposée telle sans procès ouvert, entend se dresser avec autant de vigueur contre les calomnies des papistes et vichystes de tout poil, qu’elle le fait contre les discours de plus en plus tapageurs de l’extrême-droite. D’ailleurs je ne suis plus jeune et sur ma jeunesse volée, il faudra me rendre des comptes. Voilà en tous cas à nouveau un ouvrage à double lecture qui me semble pernicieux et dont un usage détourné pourrait tenter des apprentis-sorciers.

(Mes lecteurs assidus retrouveront eux-mêmes dans les pages de ce blog les arguments venant étayer la colère de ce paragraphe).

Puisqu’il m’est impossible d’échapper à la surveillance policière comme à la délation des acteurs du quotidien, je tiens à faire savoir que ce jour mardi 22 octobre 2013, je me trouve en France. Après avoir passé plusieurs jours en Italie, à Venise et dans le Veneto tout d’abord, puis à Gênes, je me suis rendue à Nice où j’ai pris hier un bus régional en direction de Digne-les-Bains.

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La Propagande politique par Jean-Marie Domenach

Notes :

  1. Jean-Marie Domenach, La Propagande politique, PUF, collection « Que sais-je », n° 448, 1950, consulté dans une réédition de 1965.

  2. Ibid. p. 19.

  3. Ibid. p. 91.

  4. Ibid. p. 49.

  5. Ibid. p. 6.

  6. Ibid. fin du chapitre VII (Opinion et propagande)

Jean-Marie Domenach

Né à Lyon en 1922, où son père ingénieur, originaire d’Olette en Catalogne française, s’était fixé, il anime en 1941-1942 la résistance des étudiants de l’Université de Lyon. Stagiaire à l’École des cadres d’Uriage, il rejoint plus tard, en août 1943 le maquis du Vercors. Il dirige en 1945 la revue des Forces françaises de l’intérieur, Aux armes !.

Secrétaire, de 1946 à 1957, de la revue personnaliste Esprit, fondée par Emmanuel Mounier, il en reprend la direction. À partir des années 1950, la revue contribue à la création d’une gauche modérée (anti-communiste) en France, soutenant en particulier les dissidents du bloc de l’Est. Domenach fait connaître en France, après mai 68, Ivan Illich, et ses idées d’autonomie, d’écologie politique, de convivialité..

Militant au lendemain de la guerre dans le Mouvement de la paix, Domenach lutte pour la décolonisation en Indochine et en Algérie. Il participa, en 1974, aux « Assises du socialisme » organisées par le Parti socialiste.

Directeur des études du Centre de formation des journalistes de 1978 à 1980, il est ensuite, de 1980 à 1987, professeur de sciences sociales à l’École polytechnique, où il dispense notamment un cours intitulé « Approches de la modernité ». Il y fonde en 1982 avec Jean-Pierre Dupuy, un centre de recherches en sciences cognitives et épistémologie, le CREA, dont une partie des travaux seront consacrés à la pensée de René Girard. Il a tenu des chroniques dans plusieurs revues dont le magazine canadien Maclean’s, L’Expansion, et France catholique. Il a participé au club « Politique autrement ».

Il est le père de Jean-Luc Domenach (sinologue, né en 1945) et de Nicolas Domenach (journaliste, né en 1950 et directeur adjoint de la rédaction du magazine hebdomadaire Marianne).

Source : Wikipédia (résumé)

Complément informatif 5 :

Tandis que l’affaire Snowden, relancée à point nommé, vient déplacer le point de vue du peuple sur l’Etat français, soudain victime de l’impérialisme américain, et moins que jamais coupable d’entorses à la Déclaration des Droits de l’Homme, je voudrais rappeler ma situation à cette France dont le cœur  palpite avec tant d’intensité pour la Justice, le respect d’autrui, les Droits humains, la solidarité…

Je m’adresse aussi à ces intellectuels émérites, ces vaillants chevaliers de la Justice, ces avocats exemplaires des Droits de l’Homme dont la figure emblématique est à coup sûr l’une des figures dominantes des Instances officielles des Avocats, l’éminent Jean-Louis Brochen, accessoirement époux de Martine Aubry : pas un être humain, quel qu’il soit, sans possibilité de défense,  en France ni en Navarre, grâce à lui ! Et je m’adresse toujours à l’Université française qui multiplie les colloques les plus pointus sur sa spécialité, les Droits de l’Homme. Pendant les quelques jours où j’ai été en France, du 18 au 24 octobre 2013, l’Institut de Droit européen des Droits de l’Homme (IEDH) réfléchissait à Montpellier, par exemple, sur « Le Principe de Subsidiarité au sens du Droit de la Convention européenne des Droits de l’Homme » et sur la notion de « parole en Droit public ». Mazette !

Je dois être la seule à ne pas comprendre le silence qui entoure mon combat. J’ai été la seule à oser un commentaire sur le site :

vendredi 18 octobre 2013, 18:22:34 | Claire Seguin

Je suis toujours surprise par le sérieux et le professionnalisme de ces colloques sur les Droits de l’Homme, alors que, sans rougir, et dans le même temps, les intervenants refusent aussi de prendre connaissance de ma propre situation, jugée irrecevable parce que ridiculisée par l’intelligentsia. J’ai été déchue de tous mes droits, sans explications. Je me bats seule et surveillée par la police, sans explications. Quels sont donc les critères pour avoir le droit d’avoir des droits humains ? Il semblerait que je ne les remplisse pas. Mais sur cela aussi je n’ai pas droit aux explications. Claire Seguin, Un micro sous votre oreiller.

Hélas je ne me fais guère d’illusion sur l’écho que ces pages obtiendront ces jours-ci. Qu’est-ce que Claire Seguin se plaignant d’atteintes à la vie privée qui ont détruit sa vie lorsque le téléphone d’Angela Merkel est mis sur écoute ? …

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Venise Service Gondole devant le Palais des Doges

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Nice Inauguration de la Promenade Paillon

J’ai décidé de rentrer chez moi. Après une dizaine de jours d’enquête, je suis arrivée à saturation. Lorsque dès ma descente du bus, à Avignon, j’ai vu se profiler sur le visage des cultureux « de gauche » et adulateurs de Marie-Antoinette le sourire en coin de ceux qui jouissent jusqu’à l’orgasme au spectacle de ma mise à mort  collective, j’ai estimé qu’il était temps de rentrer à Athènes. Depuis, la violence morale n’a fait que s’aggraver. La vie que je mène en Grèce y est tout aussi aléatoire, et tout aussi empoisonnée. La situation que je déplorais à Lille, lorsque je vivais à Fives, s’est réinstallée dans le logement que j’occupe, orchestrée par cette intelligentsia vertueuse qui « sait mieux que les autres ce qui est bien ou mal » – et qui préfèrerait que cela reste confidentiel. On ne change pas une recette qui marche. Mais j’y suis chez moi.

Et puis, après tout, l’opinion générale veut que je divague : comme on me l’a fait remarquer, il est impossible que j’aie été mise sur écoute « puisque ce serait illégal »… Faut-il remercier Monsieur Snowden ?

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Courrier à la CEDH-1

 

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Courrier à la CEDH-2

 

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Exemple d’incitation au suicide

 

 

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La Cour européenne des Droits de l’Homme

 

Photographies :

Fiche de lecture sur une biographie du Général Giraud, consultée dans une annexe du War Museum, à Londres, alors que le musée était fermé au public pour travaux cet hiver. La date de la fiche correspond à la date de fin de lecture.

Casablanca, film de Michael Curtis, datant de 1943. Film célébrissime, il évoque la résistance au nazisme.

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Fiche de lecture sur Giraud.

 

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Manipulation : Je n’en veux pas.

Fin de partie

Après plus de cinq années de combat pour ma liberté, j’ai réussi à quitter la France, pour un avenir qui semble cependant bien incertain. Je n’aurai reçu aucune aide. Cinq années d’enquête n’ont pas permis de faire éclore la vérité et je reste en butte aux mêmes formes de harcèlement que celles dénoncées à l’origine de ma révolte. Seule et démunie, j’ai vu pourtant au cours de ces années de lutte mon estime de moi-même, ravagée par une éducation basée sur la culpabilité, remonter en flèche. Tandis que les masques tombaient, et révélaient la bassesse de tous ceux qui m’avaient entourée, bassesse que je n’ai jamais partagée, et que souvent j’avais même été incapable de soupçonner, j’ai pris conscience de ma propre valeur, tant intellectuelle que morale.

Il est temps de mettre fin à l’aventure du blog. Je n’ai trouvé aucun interlocuteur et je suis épuisée de parler dans le vide. L’essentiel de ce que j’avais à dire a été dit, même si ce blog se caractérise aussi par tout ce qui ne l’a pas été : par exemple comment j’ai appris que mes jeunes cambrioleurs travaillaient pour la police, ou quelles sont les explications dont je me suis privée pour protéger les plus fragiles, à commencer par les jeunes femmes de ma famille, que je n’inciterai jamais assez à la prudence, mais aussi certains enfants…

Ma révolte est intacte et le combat ne peut que se poursuivre, ailleurs, d’une autre manière, mais toujours dans la plus complète solitude.

Protestation du 20 septemble 2013 :

 

Commentaires mis en ligne sur Yahoo, sur les articles suivants :

 

Interpeller François Hollande en pleine rue, est-ce payant ? FranceTvInfo.fr 20/09/13

« Je l’ai enfariné. Vous l’avez élu. J’ai du mal à comprendre de quoi les Français s’étonnent. La triste réalité du Parti socialiste était expliquée dans mon blog depuis 2010…» Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

 

Cotta : François Hollande, le social-démocrate. Le Point 20/09/13

« Je l’ai enfariné. Vous l’avez élu. François Hollande, c’est l’aboutissement logique du choix des Français depuis trois décennies…» Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

 

Municipales 2014 à Lille, pas forcément une partie de plaisir pour Martine Aubry L’Express 20/09/13

« L’absence d’alternance à Lille, c’est la fin de la démocratie et le début de la désespérance, les deux meilleurs atouts de la municipalité que Martine Aubry tentera d’exploiter…» Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

Protestation des 16 et 17 septembre 2013.

Commentaires mis en ligne sur Yahoo / L’Express / Le Figaro

« Avec tout le mal qu’il se donne pour me maintenir au chômage, je me demande comment il lui reste des idées pour remettre sur le chemin de l’emploi les millions de chômeurs qui sont en rade… »  Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

« La justice républicaine devrait bien être le seul arbitre de la vie sociale ! Hélas, l’injustice est si criante en territoire socialiste que tout le monde en perd la boule (de cristal). »  Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

« Monsieur Hollande prétend qu’il aura des comptes à rendre dans deux mois sur le chômage ! Eh bien le compte à rebours est ouvert : il aura des comptes à me rendre sur mon chômage aussi, s’il n’est pas réglé d’ici là ! » Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

« Comment mettre un pays au bord du gouffre ? Mensonges, mensonges, hypocrisie : du chômage (organisé) à la justice (bafouée), j’ai tout expérimenté des pratiques socialistes ! Et je suis rendue en Grèce ! » Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

« Et si un jour, l’Europe policière, solidaire de l’Etat français dans le harcèlement et la surveillance inexpliqués qu’elle me fait endurer, se montrait aussi peu fiable qu’Obama… Devant un tel manque de charisme chez François Hollande, je me mets à rêver… » Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

« Je râle. Ils raillent. Certes ! Mais le gouvernement socialiste fera-t-il disparaître le chômage avec des blagues misogynes ? Et rétablira-t-il une justice qui protège les blagueurs aux dépens de la blogueuse ? » Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.

Ce dernier commentaire a été retiré par le modérateur de l’Express :

« Bonjour,

Votre message a été modéré.

Les propos diffamatoires, contenant des affirmations fausses ou invérifiables sur des personnes ou entreprises, ne sont pas acceptés sur notre site.

Pour plus d’informations sur notre politique de modération, vous pouvez lire notre charte des commentaires.

Bien à vous,
Directeur éditorial LEXPRESS.fr

Ps : pour rappel, le texte de votre article était:

—————————————
Je râle. Ils raillent. Certes ! Mais le gouvernement socialiste fera-t-il disparaître le chômage avec des blagues misogynes ? Et rétablira-t-il une justice qui protège les blagueurs aux dépens de la blogueuse ? Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller.
————————————— »

L’Express a l’air très informé de ma situation. Mais pourquoi personne ne porte-t-il plainte contre moi ? Je serais si heureuse de trouver l’occasion de prouver ce que je dis…

Protestation des derniers jours du mois d’août 2013.

Exaspérée par certains commentaires mis en ligne cet été sur Youtube, alors que dans le même temps mon blog, en partie abandonné, ne recevait presque plus de visites, j’ai jugé utile de faire quelques « mises au point ».

Le 29 août 2013.

Précisions apportées sur la vidéo et ses commentaires en ligne sur Youtube :

« Je tiens à souligner que je me désolidarise de façon radicale des commentaires même bienveillants qui présenteraient des connotations propres à un discours d’extrême-droite. Pour deux raisons :

  1. La première parce que je récuse et très souvent condamne sans appel les idées comme les prises de position de l’extrême-droite.
  2. La seconde parce qu’il m’est arrivé à plusieurs reprises, alors que j’étais importunée par des internautes au point de devoir les contacter pour les faire taire, de m’apercevoir que leurs propos tendancieux, pouvant évoquer l’extrême-droite, et se présentant comme bienveillants, étaient tenus en réalité par des « petits malins » de la clientèle socialiste cherchant à disqualifier mes propos.

Au rebours de mon blog, tous les commentaires déposés sur Youtube sont publiés. Il n’y a aucune censure. »

Commentaire laissé en ligne sur des articles consacrés au « Care », notion que vient de (re)lancer Martine Aubry pour sa rentrée politique :

« La notion de « care »  que Martine Aubry entend promouvoir, c’est la Charité chrétienne des bonnes dames de la Bourgeoisie : la caritas. On les voit peu en France, mais lorsqu’on voyage dans les pays européens et anglo-saxons, les publicités de l’organisme de secours de l’Eglise catholique sont très présentes : Caritas. Aubry est elle-même d’un cynisme sans borne et a érigé en mode politique à Lille la haine collective autorisée et organisée par le pouvoir. Un vrai socialiste n’attend pas qu’on lui fasse la charité. Il se prend en charge avec l’aide de ses camarades socialistes. Ca s’appelle la solidarité, et la solidarité véritable n’a pas besoin de meurtre collectif pour rassembler ses « ouailles »  dans une complicité malsaine. Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller. »

Yahoo.fr / L’Express/Le Figaro.

Le 31 août 2013 :

Commentaires mis en ligne sur Yahoo, sur trois articles : 1. La cote de François Hollande remonte à 28% selon Ipsos (Lundi 26 août 2013) ; 2. François Hollande optimiste sur la croissance et les impôts (Reuters, le 31) ; 3. Rentrée en pente dure : François Hollande a-t-il décrété une pause fiscale parce qu’il sentait monter une grève des impôts ? (Atlantico, idem).

« Tout va bien pour M. Hollande et sa clientèle socialiste. Les nouvelles de Grèce sont bonnes. C’est leur version du « Care »  prônée à Lille par Martine Aubry. Claire Seguin. Un Micro sous votre oreiller. »

« M. Hollande attend des nouvelles de Grèce. Si tout va bien, la vie reprendra comme avant, les impôts aussi. C’est sa version du « Care »  prônée à Lille par Martine Aubry : bientôt. Claire Seguin. Un Micro sous votre oreiller. »

« A l’Elysée, le président veut rassurer sa clientèle socialiste. Les nouvelles de Grèce sont bonnes. C’est sa version du « Care » imaginée à Lille par Martine Aubry. Claire Seguin. Un Micro sous votre oreiller. »

Commentaire mis en ligne sur le site de L’Express, article : « Les Français pourront saisir la police des polices dès lundi ». (31/08/2013 – 15h30)

« Je ne pensais pas apprendre une aussi bonne nouvelle en cherchant à faire savoir que je suis victime de la police même à l’étranger. D’après les textes, tant de choses sont possibles pour se défendre… Je suppose que c’est sa version du « Care » imaginée à Lille par Martine Aubry. Claire Seguin. Un Micro sous votre oreiller. »

Commentaire mis en ligne sur le site du Figaro, article : « La bonne cause des impôts ».

« J’aimerais tant savoir quelle est la bonne cause qui justifie qu’on dépense les impôts des Français pour m’empêcher de vivre en paix… A l’Elysée, le président peut rassurer sa clientèle socialiste. Les nouvelles de Grèce sont bonnes. C’est sa version du « Care » imaginée à Lille par Martine Aubry : les impôts ne sont pas pour aujourd’hui mais pour bientôt. Claire Seguin. Un Micro sous votre oreiller. »

Je souhaite au Parti socialiste en général et à l’Education nationale en particulier une bonne rentrée. En rhétorique, cela s’appelle de l’ironie. Mais je sais combien il est difficile de comprendre de qu’on lit.

Eté 2013 : Protestation contre le harcèlement qui perdure.

Malgré la suspension de ce blog, je me trouve à nouveau dans l’obligation de protester contre la persistance du harcèlement dont je suis victime. 

De Londres à Budapest, de Budapest à Athènes, je me heurte à des phénomènes analogues à ceux décrits dès l’ouverture de ces pages. En outre, depuis mon départ de Lille, la connotation misogyne des attaques n’a fait que s’accentuer, avec un recours aux poncifs les plus consternants sur les femmes (alcool, sexe, stupidité) qui trahit chez mes adversaires un mode de pensée aussi ringard qu’il peut être féroce. Moi qui suis Docteur ès Lettres, licenciée en Histoire de l’art, qui ai enseigné pendant près de dix ans, y compris à l’université, je me vois ainsi humiliée au quotidien de façon répétée, et de préférence par des jeunes gens sans la moindre instruction. 

A un tel stade de brutalité et de vulgarité, cette misogynie ne peut parvenir à me faire honte. Elle fait honte à cette intelligentsia qui a la bouche pleine de ses propres vertus humanistes, mais qui outrage toutes les valeurs de la démocratie et des Droits de l’Homme. Elle fait honte à l’Ecole Normale Supérieure qui dilapide l’héritage qui a fait sa gloire : imagine-t-on Sartre ou Simone de Beauvoir lancer contre une femme une « chasse à l’homme » internationale sur des thématiques misogynes et réactionnaires ? Elle fait honte enfin à la France et au Parti socialiste qui la gouverne en révélant aux yeux de tous ses tares les moins avouables, sa misogynie, son hypocrisie.

Les succès que cette clique rencontre sur la toile ne devraient pas aveugler les Français. J’ai remarqué aussi quelques hommes, quelques femmes, indignés par la diffamation orchestrée contre moi. Et certains avaient une autre stature que ces esprits médiocres qui ont investi les réseaux sociaux. 

L’art de la guerre de ces pseudo « démocrates » ne manque pas de me rappeler ce principe machiavélien qui veut que la grandeur d’un prince naisse de ses victoires sur l’opposition et qui invite donc celui-ci à la susciter (1). Tandis que François Mitterrand accédait  au pouvoir en 1981, avec le soutien de ses alliés catholiques, les Pierre Mauroy, Jacques Delors, Martine Aubry, pour se tailler un destin digne du pape Alexandre VI et de son fils César Borgia, j’ai vu ma vie sombrer, année après année, selon une courbe bien analogue à celle de la gauche française. Aujourd’hui la gauche de la gauche et du Parti socialiste, la seule « vraie gauche », celle de Martine Aubry, entend donner des leçons de socialisme à son président. La maire de Lille parlera-t-elle à la rentrée du peuple, des femmes, des droits humains et de la citoyenneté française inaliénable ? Evoquera-t-elle l’engagement militant de son père pour défendre et illustrer les principes moraux du personnalisme, inspirés d’Emmanuel Mounier ? Proposera-t-elle de grands chantiers à la jeunesse pour rassembler son fidèle électorat de l’Education nationale ? Et brandira-t-elle Claire Seguin comme épouvantail devant ce peuple de gauche qui rêve tant de victoires ? Le peuple de gauche ne devrait pas s’inquiéter de son avenir. Martine Aubry est une femme de principes, et le papa de Martine Aubry a déjà allumé les cierges à Notre-Dame-de-la-Treille. Standing ovation ! (2)

La cruauté de la vie m’oblige toujours à tenir le loup par les oreilles. Mais en dépit de l’exil, de l’adversité et de la situation critique dans laquelle je me trouve, je tiens à rappeler aussi que j’ai toujours la prise bien en mains. 

1. Nicolas Machiavel, Le Prince (1513), Le Livre de poche, 2000, Chapitre 20, p. 143 et sq.

2. Je propose à la perspicacité de mes lecteurs trois articles :

a) un double article paru sur le site de La Voix du Nord, le journal régionaliste du nord de la France, relatant une ovation lancée par Gérard Mulliez pour célébrer un discours de Jacques Delors sur l’Europe, à Lille (18-19 mai 2013, Lille, Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille; le double article est toujours en ligne sur le site; la lecture de cinq articles par mois est gratuite). Gérard Mulliez, qui se dit apolitique mais catholique, a fait fortune avec son entreprise familiale (les supermarchés Auchan). 

b) un court extrait d’un article publicitaire de propagande Anti-Mitterrandienne paru dans la presse internationale en 1981. La photographie a été faite à partir d’une copie du Washington Post datant du 09/12/1981 que j’ai trouvée dans un dossier des services diplomatiques britanniques au sujet du French Socialist Party (1981), lorsque je l’ai consulté à Londres, aux archives nationales britanniques de Kew Gardens.

c) La copie d’un article du même Washington Post  datant du 22/12/1981, commentant cette campagne de propagande Anti-Mitterrandienne, et que j’ai trouvée au même endroit.

Je prie mes lecteurs de bien vouloir m’excuser de la mauvaise qualité de mes supports (qui me paraissent cependant lisibles). Les temps sont difficiles. Les non-anglicistes se feront aider par leur grande sœur pour déchiffrer les papiers. 

NB : Tout le sel des (rares) commentaires publiés à la suite de l’article « Fin de partie » provient de leur date.

Fin de partie  jacques-delors-ovationne-a-lille-20131-212x300

Jacques Delors ovationné à Lille 2013.

francois-mitterrand-vu-par-ses-adversaires-en-19811-207x300 Déni de justice

François Mitterrand vu par ses adversaires en 1981.

campagne-anti-mitterrand-19811-191x300 Droits de l'homme

Campagne Anti-Mitterrand 1981.

Novembre 2012-Mai 2013: Les oreilles de l’iceberg dépassant du buisson derrière lequel il tente toujours de se cacher… 

Campagne de protestation Avril-Mai 2013 (alors que la diffamation redouble sur mon lieu de vie comme en France, et auprès des personnes auxquelles je pourrais tenter de demander de l’aide).

Si les Français refusent de me rendre justice, s’ils n’ont pas le courage non plus de me dire ce qu’ils me reprochent, qu’ils me laissent au moins vivre en paix, a fortiori lorsque j’ai quitté la France.

Mailing Avril 2013

Blog : Un Micro /Author sick and angry / Auteur malade et en colère

Madam, Sir

Madame, Monsieur,

I have to declare publicly that I won’t go back to France for living, especially if I am sick.

Je tiens à faire savoir de façon publique que je ne rentrerai pas en France, en particulier si je suis malade.

I have a cough, no syndrome of Stockholm.

Je tousse mais ne présente aucun syndrome de Stockholm.

I would appreciate to be allowed to live in peace.

J’apprécierais d’être autorisée à vivre en paix.

The address of the Blog that you refuse to read, « Un micro sous votre oreiller » :

L’adresse du Blog que vous refusez de lire, « Un micro sous votre oreiller » :

[l’adresse du blog]

Explanation on attached files.

Explications sur les fichiers joints.

(I don’t smoke / Je ne fume pas)

Claire Seguin

If you don’t want to receive any message anymore, tell me. Your address will be erased.

Si vous ne voulez plus recevoir de message, faites-le moi savoir. Votre adresse sera effacée du listing.

Mailing Mai 2013

Blog / Un Micro : Opéra-tion Vos Impôts / Your Taxes

En français / In English.

Madame, Monsieur,

Je vous ai contacté par mail à l’occasion de mouvements de protestation que j’avais organisés pour sensibiliser les Français à ma situation de détresse. Certains se sont étonnés : « Pourquoi nous ? ». D’autres ont exprimé leur hostilité, et parfois transmis mon mail « à la gendarmerie » ! Les forces de l’ordre sont hélas très informées de mon blog et pour certaines collaborent au harcèlement dont je suis victime. Seuls des moyens accordés par les Etats européens ou américains peuvent expliquer la surveillance constante dont je fais l’objet. Mais en tant que citoyens êtes-vous bien consentants pour payer ce lynchage avec vos impôts ?

Toujours en détresse, je viens de mettre en ligne un nouveau document sur mon blog : [l’adresse du blog]

 Je serais heureuse que vous en preniez connaissance et le fassiez connaître.

Claire Seguin

Madam, Sir,

I have contacted you by mail on the occasion of protestations that I had organized in order to make the French people sensitive to my distress. Some people wondered : “Why us ?”. Some others expressed their hostility, and sometimes passed on my mail “to the police” ! Alas the police are well-informed about my blog and some of them collaborate on the harassment that I am victim. Only means granted by the European or American states can explain the constant watch over me. But as citizens do you really agree with this lynching financed by your taxes ?

Still in distress, I have a new document on line on my blog (A microphone under your pillow) : [l’adresse du blog]

 This document is translated on the English page. I would be happy if you read it and made it known.

Claire Seguin

If you don’t want to receive any message anymore, tell me. Your address will be erased.

Si vous ne voulez plus recevoir de message, faites-le moi savoir. Votre adresse sera effacée du listing.

(Les documents cités sont ceux affichés ci-dessous : Santé à ma santé (1&2) et Nicolas Poussin (1&2)).

Quelques commentaires sur Yahoo, ces deux derniers jours, au gré de ma présence occasionnelle sur internet, pour compléter les mailings.

Lundi 27 mai 2013

François Hollande célèbre les résistants de la première heure

Reuters – il y a 3 heures

PARIS (Reuters) - François Hollande a célébré lundi le 70e anniversaire de la naissance du Conseil national de la Résistance, moment fondateur de la France d’après-guerre, appelant les Français à s’inspirer de son esprit pour croire en l’avenir malgré la crise.

ClairSeg  •  il y a 6 minutes 

Les droits et la liberté de la citoyenne que je suis sont-ils inclus dans cette belle profession de foi ? Proche du désespoir, j’aimerais, à défaut de pouvoir obtenir justice d’un pays qui m’a salie et trahie, qu’on me laisse au moins vivre en paix… J’ai quitté la France et il me faut encore me battre contre les sbires du Parti socialiste, contre une police qui n’est pas capable de me dire ce qu’elle me reproche, contre la calomnie… L’esprit de Résistance des Français, je cherche encore à le mobiliser…
Claire Seguin, Un micro sous votre oreiller.

Mercredi 29 mai 2013

Hollande et Ayrault enrayent leur chute, selon TNS Sofres

PARIS (Reuters) – La cote de confiance François Hollande est en hausse de cinq points à 29% et celle de Jean-Marc Ayrault monte de trois points à 26%, selon le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine de juin, diffusé mardi.

ClairSeg  •  il y a 2 heures 10 minutes 

Ouf, ça va mieux ! Maintenant que l’Amérique a rendu à DSK sa respectabilité en l’invitant à Cannes, Monsieur Hollande devrait faire entrer Martine Aubry au gouvernement. Et à la prochaine cohabitation, il prend Sarkozy comme Premier ministre. Comme ça, l’équipe sera au complet…

Un utilisateur Yahoo!  •  il y a 2 heures 2 minutes

Qu’est-ce qui a changé en France ces derniers jours pour modifier ces sondages à la hausse ?…. On ne sait pas !

ClairSeg  •  il y a 1 heure 57 minutes 

Ouf, ça va mieux ! Et si la petite bande en profitait pour me rendre ma liberté ?! Je suis fatiguée de vivre avec « un micro sous mon oreiller »…

François Hollande poursuit son tour de France

Par Le Nouvel Observateur avec AFP | Le Nouvel Observateur – il y a 1 heure 54 minutes

François Hollande se rendra mercredi 29 et jeudi 30 mai à Rodez (Aveyron) et Castres (Tarn) pour son premier déplacement de deux jours en province depuis deux mois et demi. La visite aura pour thème l’emploi. 

ClairSeg  •  il y a 1 heure 16 minutes 

Et moi, je poursuis mon tour de l’Europe, désespérée de trouver un pays où je puisse vivre sans « micro sous mon oreiller »….

1 réponse

MAX  •  il y a 1 heure 12 minutes 

Allez voir hors de l’Europe….

ClairSeg • il y a une seconde

Mais je suis prisonnière de l’Europe. Les campagnes de diffamation n’ont pas de frontières, j’ai déjà connu l’enfer au Canada. En Europe, j’ai au moins la possibilité de circuler et (a priori) de travailler sans papiers et sans rien demander à personne.

Séquence « emploi » de Hollande, avec deux jours en région

PARIS (Reuters) – Deux mois et demi après son déplacement à Dijon, François Hollande renoue cette semaine avec le principe d’une visite en région étalée sur deux jours dans l’Aveyron et le Tarn, où il parlera emploi et redressement industriel.

ClairSeg • il y a une seconde

Mon droit de travailler est-il compatible avec « un micro sous l’oreiller » ? Que compte faire Monsieur Hollande pour les femmes mises au ban de la société ?

Recommandations de Bruxelles : Hollande et Ayrault répondent que la France ira à son rythme

Atlantico. Face aux demandes de Bruxelles de ramener le déficit à 2,8% en 2015, le président rappelle que Bruxelles « n’a pas à nous dicter » notre conduite.

ClairSeg  •  il y a 18 minutes 

Pour faire des économies, je suggère à Monsieur Hollande de mettre à pied les policiers qui me surveillent. D’ailleurs qui surveillent quoi ? C’est ahurissant ce à quoi peut servir l’argent des contribuables !

ClairSeg  •  il y a 9 minutes 

Faites donc des économies ! Certes, le policier qui a surveillé le départ de Londres du dangereux auteur d’Un micro sous votre oreiller était Anglais. Et grincheux comme un sous-chef dans son costume et sa berline noire ! C’était autre chose qu’une tronche de rosbif déguisée en Bobby ! Mais il ne faut pas rêver, les Anglais présentent toujours la facture !

Hollande sur Spanghero: « nous ferons tout »

Par AFP | AFP – il y a 50 minutes

François Hollande a assuré mercredi à Rodez (Aveyron) que le gouvernement « ferait tout » pour que les salariés de Spanghero puissent retrouver un repreneur ou à défaut bénéficient d’un reclassement « exemplaire ».

ClairSeg  •  il y a 16 minutes 

Ah la la, s’il faisait tout pour m’oublier, moi, je serais ravie !!!!

Je suis hélas bien placée pour savoir ce que valent les promesses de François Hollande : rien. Je n’ai besoin de l’aide de personne pour me réinsérer dans la société et je ne demande rien. Mais je n’accepterai pas non plus d’être calomniée, où que j’aille, par des gens qui n’ont jamais eu le courage, en trente ans, de dialoguer avec moi.

Réclamer qu’on me laisse vivre en paix, sans « micro sous mon oreiller », ce n’est pas demander une faveur, c’est exiger le minimum de la dignité humaine, le simple respect de mes droits humains fondamentaux, l’application basique des valeurs de la démocratie.

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Nicolas Poussin 1

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Nicolas Poussin 2

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Entretien fictif / Pole Emploi 1

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Entretien fictif / Pole Emploi 2

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Ma reponse a Pole Emploi

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MGEN : la mutuelle des enseignants

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La fausse transparence de Facebook 1

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La fausse transparence de Facebook 2

Révolte : « Animal Farm » made in France

Révolte :

The greedy Blackbird

A la fin, j’avais cru y arriver ! A obtenir une réponse de la justice ? Non. A trouver de l’aide pour poursuivre mon combat ? Encore moins. A convaincre mes lecteurs des atteintes à la vie privée dont je suis victime ?  Pas du tout. A indigner les humanistes avec la liste des droits humains essentiels qui me sont refusés ? Jamais. A stopper le harcèlement ? Hélas, rien n’a changé… Mais j’avais cru réussir à vendre mon appartement, dans des conditions à peu près normales, et à acheter ma liberté au prix de l’exil et de la misère à l’étranger.

C’était compter sans la surveillance policière, la délation des institutions, la guéguerre de la petite bourgeoisie socialiste et réactionnaire. Pendant plus d’un mois, la signature de la vente a été reportée sur des prétextes futiles, tandis que je me battais en vain pour obtenir de mon côté les documents « honnêtes » que certains de mes créanciers, plus empressés les uns que les autres à profiter de ma détresse, me refusaient. Les attaques et les trahisons ont redoublé. Mon père, averti de ma nouvelle fragilité et complice de mes adversaires, s’est remis à me harceler d’appels téléphoniques. Je me suis épuisée en démarches infructueuses. Tout ce qu’un être humain averti peut tenter pour défendre ses intérêts a été tenté. Mais j’ai été impuissante face à une bande organisée d’escrocs qui trouvent dans cette bonne ville de Lille corrompue jusqu’à l’ignominie,  comme de la part de la collectivité nationale, tous les appuis dont elle a besoin pour justifier l’injustifiable.

L’appartement est vendu. Je suis rincée. Et je reste sans défense face à un appareil d’Etat qui gouverne aussi bien le secteur privé que le secteur public. C’est ce qu’on appelle en France depuis quelques temps la « normalité ».

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Dénoncée par la gauche à la droite, par le service public au secteur privé, j’ai du mal aujourd’hui à distinguer ce qui oppose ces Janus. Des Sarkobry aux Sarkhollande, la même animosité les dresse contre moi et la même loi du silence les soude entre eux. Aucun contrepouvoir ne semble plus s’exercer en France. La justice protège les puissants au détriment du faible, la législation du service public connaît des interprétations élastiques selon la tête du citoyen et la presse est à la botte du pouvoir politique. Pendant cinq ans je me suis battue pour mes libertés fondamentales. Pendant plus de deux ans, j’ai tenu ce blog. Je n’ai même pas obtenu le droit de savoir quel était le crime dont je suis accusée, quelles accusations étaient portées contre moi, quelle culpabilité pouvait justifier ma mise à mort collective. Une « ordure » comme moi devrait le comprendre d’elle-même ! C’est pire que l’Inquisition ou que les procès staliniens.

« All animals are equal ».

« Tous les animaux sont égaux » (1).

La République française entendait pourtant lutter contre les privilèges de l’Ancien Régime et les prérogatives que s’octroyait une élite sociale au détriment du plus faible. C’est l’un des principes revendiqués par tous les combattants de la justice et du droit des humbles qui se sont opposés à l’arbitraire des nantis : ne pas reproduire les vices de leurs adversaires, ne pas se laisser gagner par la tentation du pouvoir.

Le début du XXème siècle, qui a souvent eu recours à la métaphore animalière pour représenter la comédie humaine, ne s’est pas privé de mettre en scène les bêtes de la ferme pour illustrer les rouages de la vie sociale. Cet imaginaire animalier a façonné les esprits de plusieurs générations consécutives, celle des « poilus », celle de leurs fils, dans la tradition française de la fable de La Fontaine. A-t-on fait lire à notre Greedy Blackbird le Chanteclerc d’Edmond Rostand (2) ? Connaissait-il ce coq de basse-cour au cœur généreux, retourné à la vie sauvage par amour pour une faisane, et trahi par un merle apprivoisé qui le dénonce au braconnier ? Ce goût de la vie rurale n’était pas l’exclusive de la France et a modelé d’autres imaginaires européens contemporains. George Orwell utilise le même schème lorsqu’il entend dénoncer les déviations du parti communiste et les procès staliniens : il imagine une communauté animale qui se libère de la servitude que lui impose le fermier Jones dans Animal Farm. Et parmi les premiers engagements qu’il fait prendre à ses animaux révoltés, il n’oublie pas de rappeler cette maxime de base : « Ne perdez pas de vue non plus que la lutte elle-même ne doit pas nous changer à la ressemblance de l’ennemi. Même après l’avoir vaincu, gardons-nous de ses vices » (3).

Oserai-je proposer la relecture de La Ferme des animaux à ce travailleur intellectuel salarié par la municipalité de Lille (un bibliothécaire !), et qui cultive son look libertaire, pour le dissuader de plus amples tentatives de manipulations psychologiques ? Profitant de l’un de mes passages éclairs à la bibliothèque municipale (où je ne mets plus les pieds que pour venir chercher et rapporter les documents dont j’ai besoin), ce monsieur trop souriant a tenu à me féliciter, avec un semestre de retard, pour l’enfarinage de François Hollande, en me conseillant de recommencer.

Je lui ai fait remarquer que je n’avais aucun monopole sur l’usage de la farine et qu’il pouvait prendre le relais, si l’activité lui paraissait attrayante. Il m’a répondu qu’il luttait de son côté « en interne » : je suppose que de temps en temps, lorsque son supérieur a le dos tourné, il lui renverse son café d’une adroite pichenette. C’est le genre de petites satisfactions qui doivent le combler. J’ai été outrée par ses arguments pour m’inciter à repasser à l’acte. Ils étaient tous marqués au sceau de la calomnie la plus insultante, dont il avait de toute évidence gobé les efflorescences sans la moindre trace d’esprit critique. On ne peut pas être contestataire et avaler la propagande adverse avec délectation. Mais cette propagande est-elle bien celle de la partie adverse ? A quel jeu de double face s’exerce-t-on ?

Pour ma part, je n’ai retiré aucune satisfaction personnelle à l’enfarinage de François Hollande, sinon dans la réussite de mon geste. Il s’agissait d’un acte de protestation à l’encontre du Parti socialiste et de ses hypocrisies, mais qui n’était pas dirigé contre l’homme. J’en attendais un débat, l’exposition du déni de justice dont je suis victime : je n’ai rien obtenu. Le silence de la presse comme celui des Français m’a humiliée. L’absence de tout débat d’idées m’a consternée. Je n’avais pas l’intention de jouer un rôle d’amuseur public pour gauchistes pantouflards. Je n’ai pas l’intention de recommencer.

Il n’est pas possible de contester l’ordre bourgeois établi et de participer à mon lynchage, même en prétendant poursuivre d’autres buts que ceux du Parti socialiste. Je n’ai pas d’amis politiques à ménager. Personne ne m’a demandé mon avis sur le rôle de bouc émissaire que l’on me fait jouer contre ma volonté et qui me scandalise. Je ne suis la marionnette consentante de personne : combien de fois faudra-t-il le répéter ?

Au moment du retard organisé autour de la vente de mon appartement, au mois de septembre 2012, lorsque mes projets de nouveau départ à l’étranger se sont fait connaître, la bibliothèque de Lille n’a pas trouvé mieux à faire que de participer à la manipulation générale qui devait me dissuader de quitter la France. J’ai appris tout à coup, en rendant des documents, que trois ouvrages que je n’avais jamais empruntés avaient été déposés sur mon compte : deux exemplaires de Paroles, de Jacques Prévert, et un tome de Raison et sentiments de Jane Austen, dont la portée « subliminale » m’a mise très en colère. Il a aussi fallu « gérer » le soi-disant problème informatique en retournant moi-même à la bibliothèque, alors que j’avais cent autres choses à faire à ce moment-là. Mon « pote » bibliothécaire s’est-il manifesté ? Pensez-donc ! Je n’ai pas besoin d’amis qui font l’autruche quand je suis dans la peine.

Le silence de la presse est similaire à la complicité de l’intelligentsia, de gauche par principe, mais collaborationniste dans les faits. Malgré le caractère spectaculaire de l’enfarinage de Monsieur Hollande, aucun secours n’est venu des journalistes non plus. J’avais espéré, puisque toutes les colorations politiques sont en théorie représentées, qu’une rivalité, une faille, permettrait peut-être à la vérité d’éclater. Il faut se rendre à l’évidence que l’unanimité s’est faite autour de la version officielle d’un trouble mental qui ne justifiait aucune contre-enquête pour évaluer la véracité de mes déclarations. Il n’y a pas eu un seul curieux. Autant dire que ma protestation était déjà connue de tout le monde. En revanche, des mois plus tard, lorsque j’ai publié l’article « Révolte : Exit le panier de crabes », qui a été suivi à Lille d’une violente campagne de diffamation, les articles calomniateurs publiés au moment de l’enfarinage ont refait surface (4).

Je ne mâcherai pas mes mots sur l’intelligentsia française dans ce dernier article. Les postures contestataires, libertaires, revendicatrices sont devenues des postures convenues qui masquent la pire des corruptions. Le mensonge s’est généralisé, le clientélisme d’Etat rivalise avec le clientélisme politique, le courage est inexistant. En ces temps de disette, les places de fonctionnaires s’échangent contre des « services » à tous les niveaux de la hiérarchie. Il n’y a qu’à voir ce qu’est devenu le quartier latin colonisé par les boutiques de luxe qui remplacent les librairies, fermant les unes après les autres, pour comprendre quelle a été la meilleure arme du capitalisme contre l’intelligentsia française, si à gauche après la seconde guerre mondiale.

Serge Halimi a publié, il y a quelques années déjà, un petit ouvrage remarquable sur la presse qui a été actualisé en 2005, Les Nouveaux chiens de garde, dans lequel il dénonçait la collusion des journalistes et du pouvoir politique (5). Le titre de son livre faisait référence à celui de Paul Nizan, Les Chiens de garde, publié en 1932 (6). Ce normalien, « calomnié depuis sa mort par un parti communiste qui se vengeait avec d’autant plus de hargne de ceux qui l’avaient quitté que nombreux encore étaient ceux qui le rejoignaient » (7), y lançait une diatribe contre les philosophes des années 1930 qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, se seraient mis au service de la bourgeoisie et auraient donné leur démission du combat qui aurait dû être le leur auprès du peuple pour le défendre. Il dénonçait alors la gauche qui fait honte à la gauche dans un contexte historique délétère : « Une guerre qu’on panthéonise, la crise qui gronde, les colonies qu’on pressure, les vieillards qui gouvernent, une université qui s’anémie, la gauche qui fait honte : voilà à quoi ressemble la France de Paul Nizan quand il revient d’Aden avec l’intention d’en découdre », écrit Serge Halimi dans la préface qu’il a rédigée pour l’ouvrage en 1998 (8). Il est dommage que Serge Halimi découvre une analogie entre Nizan et Céline : la comparaison est mal venue ! En revanche, lorsqu’il rend la parole à Nizan, les propos du philosophe marxiste font toujours mouche trois générations plus tard : « Que font les penseurs de métier au milieu de ses ébranlements ? Ils gardent encore leur silence. Ils n’avertissent pas. Ils ne dénoncent pas » (9).

On aura compris que Serge Halimi entend établir un parallèle entre les années 1930 et les années actuelles, entre la posture des philosophes universitaires de Nizan et celle de ses collègues journalistes. Il confie à Christine Ockrent le soin de décrire l’état d’esprit de l’intelligentsia française en citant les paroles de sa consœur : « Je vais découvrir la puissance à Paris de toutes sortes de réseaux, qui au mépris des faits, de l’honneur et au mieux de leurs intérêts, décident des mises à mort comme des modes de pensée […]. Hors des clans, des clientèles, hors des sociétés d’admiration mutuelle et des renvois d’ascenseur, point de salut, encore moins de confort » écrit-elle dans La Mémoire du cœur (10). Serge Halimi confirme que « La confraternité, qui offre bien des avantages, impose aussi quelques exigences. Car aller dans les médias, c’est se taire sur les médias ou ne dire sur eux que ce qu’ils consentent à entendre. La règle, qui vaut pour les journalistes multicartes, s’applique aussi aux intellectuels et aux universitaires — y compris quand ils se disent contestataires mais qu’ils ont un livre à vendre » (11).

Ce n’est pas sans intérêt que j’ai découvert que l’un des sujets tabous sur lequel le silence de la presse était requis s’avérait être le cinéma. Ma propre vie jetée en pâture à quelques cinéastes malhonnêtes et asservis à la propagande capitaliste, sans possibilité de défense, m’a rendue très attentive à ce genre d’information, même fournie de façon incidente. Serge Halimi explique dans Les Nouveaux chiens de garde quelles concessions Karl Zéro accordait à son patron : « Dès 1998, interrogé sur la « liberté de ton » qu’il conserverait après le prise en main de Canal Plus par le groupe de Jean-Marie Messier, l’animateur Karl Zéro expliqua avec une louable franchise : « L’accord de départ, avec Pierre Lescure [alors PDG de Canal Plus] et Alain de Greef [alors directeur des programmes], spécifiait bien qu’il y avait trois sujets sur lesquels on ne pouvait pas enquêter : le football, le cinéma, la CGE [ex-Vivendi]. Cela dit, ces interdits ne me posent pas de problème. Je trouve normal qu’un diffuseur ait ses exigences » (12).

Les grandes compagnies de cinéma, comme la presse, comme tous les médias, sont des organes de propagande au service des forces économiques, auxquelles elles sont « pieds et poings » liées en raison même des coûts de plus en plus extravagants de la production. Leurs silences comme leurs enthousiasmes programmés sont destinés à formater les imaginaires et induire des comportements opportuns. Elles se conduisent en réalité de façon très similaire à celle des journaux et des émissions télévisuelles de divertissement qui sont financés par les grands groupes de presse. Parmi ces multiples modes de propagande, et grâce à son apparente indépendance, à son illusoire désintéressement, le cinéma joue un peu le rôle d’une cinquième colonne de l’Amérique capitaliste.

Serge Halimi dénonce avec âpreté les silences, les complicités, les renvois d’ascenseur des journalistes qui imposent leur vision du monde au détriment de la vérité. Il brocarde aussi les mensonges ou les compliments emphatiques et ridicules, que l’on peut glaner dans les articles promotionnels publiés en France par les journalistes qui entendent favoriser dans leurs colonnes la coterie à laquelle ils appartiennent. Il cite parmi d’autres « Peyrefitte » réinventant l’univers avec un cerveau évoquant ceux de « Beethoven ou d’Einstein », « Giesbert » venant d’écrire « le roman dont rêvait sans doute Spinoza » ou « Jean Daniel » faisant penser à « Monteverdi » (!): « Un responsable de journal qui laisse publier de telles calembredaines dans sa rubrique consacrée aux essais politiques ne respectera pas davantage la vérité dans les autres pages », prédit-il (13).

Cette quête de la vérité, qui devrait être celle de tout journaliste passionné, en dépit de sa raréfaction, semble toujours être le Graal de Serge Halimi. Mais j’ai bien peur que sa combativité se soit émoussée lorsqu’il conclut son ouvrage par la formule : « face à ce que Paul Nizan appelait « les concepts dociles que rangent les caissiers soigneux de la pensée bourgeoise », la lucidité est une forme de résistance » (14). La lucidité est une condition sine qua non de la résistance, mais elle n’est pas à elle seule une forme de résistance. Elle peut même sonner le glas de l’honnêteté, du sens de l’honneur, du désintéressement, si elle se double d’une démission de la combativité, d’un refus de s’impliquer, d’une acceptation du silence complice. La lucidité sans désir d’en découdre ne peut conduire qu’au cynisme.

Serge Halimi fait partie des premiers journalistes que j’ai contactés au commencement de mon propre combat. Comme tous les autres, il m’a opposé des portes fermées.

« All animals are equal

but some animals are more equal than others ».

« Tous les animaux sont égaux

Mais certains sont plus égaux que d’autres » (15).

L’avènement de la République française grâce à la Révolution de 1789 avait des ambitions de justice sociale dont les Français ont gardé le souvenir mais dont l’acuité s’est édulcorée tandis que s’imposait une nouvelle aristocratie d’Etat (d’ailleurs pas toujours si nouvelle !). Je ne peux que renvoyer à la citation de Paul Nizan que j’ai proposée à mes lecteurs dans mon article « Révolte : Seule au front » et dans laquelle il déplore que les bourgeois révolutionnaires passés du camp des opprimés à celui des oppresseurs finissent par prendre le parti des « classes dirigeantes » : les contestataires, lorsqu’ils accèdent à un statut officiel, s’arrogent d’abord le droit de parler au nom des opprimés, avant d’imposer par la force celui de penser à leur place. C’est aux restrictions qui apparaissent alors dans la liberté de parler de tous, avant même qu’on ne soit en mesure de déceler les mensonges et les roueries des dominants, que se manifeste la prise de pouvoir de ceux qui tentent de jouer sur les deux facettes de la société.

L’Education nationale, qui se prétend si à gauche, fait partie de ces Janus contre lesquels je me bats. J’y ai expérimenté cette restriction subtile du droit de parole de certains qui trahit toutes les hypocrisies en germe dans un corps d’Etat sclérosé. Le discours dominant, tant de la part de l’administration que des syndicats, semble autant destiné à masquer la défaite des ambitions qu’à imposer les valeurs d’une administration publique qui auraient pu revendiquer la profession de foi des animaux d’Animal Farm : « Mais surtout, jamais un animal n’en tyrannisera un autre. Faibles ou forts, intelligents ou simplets, nous sommes tous frères. Nul animal jamais ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux » (16). La réalité du terrain impose de constater que certains, dans les faits, sont plus égaux que d’autres, et que cette fraternité est illusoire.

A titre d’exemple, un article de Gilles Balbastre sur l’évolution de l’Education nationale, « Feu sur les enseignants », paru à la une du Monde diplomatique en octobre 2010 (17), a retenu toute mon attention. Le documentariste enquête sur la nouvelle « révolution » que constituait en 2010 le « programme Clair (Collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) ». Cette énième réforme de l’Education nationale affirmait sa « volonté d’imiter le modèle de relations sociales du secteur privé, en transformant chaque établissement en petite entreprise autonome » : « Encore expérimental et restreint à une centaine d’établissements « concentrant le plus de difficultés en matière de climat scolaire et de violence (Bulletin officiel, juillet 2010) », ce dispositif donn[ait] la possibilité aux chefs d’établissement de « recruter les professeurs sur profil (Luc Chatel) ». L’auteur dénonçait la création d’une « hiérarchie intermédiaire » dans le « corps des enseignants, jusqu’à présent relativement égalitaire » et la marchandisation de l’éducation.

Si le « Programme Clair » est postérieur à ma démission de l’Education nationale, celui-ci a été préparé par une première expérience similaire dont j’ai été le témoin lors de ma dernière année d’enseignement : les « professeurs référents », qui se sont glissés, dit Gilles Balbastre, entre les directions et les équipes pédagogiques pour servir de « courroies de transmission » aux directives ministérielles.  Ce souvenir cuisant m’a permis d’apprécier à sa juste valeur l’article de Gilles Balbastre, qui, pour illustrer ses propos, cite le commentaire d’une professeure en poste à Roubaix, Hélène D. sur les fameux « professeurs référents » : « Jusqu’alors, « l’idée générale, chez les profs, c’est une égalité de fait : je respecte tes cours car tu respectes le miens, observe Mme Hélène D., professeure de lettres modernes à Roubaix. On fait le même boulot, avec le même nombre d’heures, les mêmes conditions de travail. Ce genre de profs, avec un statut différent, avec une présence moindre devant les élèves, avec un rapport particulier à la hiérarchie, a amené une certaine division dans les salles de profs. Ce qui peut être préjudiciable, car, dans ces collèges, nous avons avant tout besoin de solidarité » (18).

Hélène D. n’est pas une inconnue. Lorsque je suis arrivée au collège Albert Samain de Roubaix, c’est la première collègue enseignante en Lettres Modernes qui se soit montrée accueillante avec moi et qui m’ait proposé des préparations de cours en commun : « Ô Claire, j’aimerais tant travailler avec toi ! »  Méfiante d’emblée envers toutes ces sollicitations professionnelles, toujours présentées de façon amicale, mais dont les arrière-pensées sont parfois difficiles à appréhender lorsqu’on arrive à l’improviste dans un établissement, je me suis pourtant laissée amadouer, jusqu’à ce que je découvre sa première duperie.

Un après-midi où nous devions travailler en commun, avec une troisième comparse, je me suis proposé de passer la prendre devant chez elle, en voiture, plutôt que de l’attraper à la volée Place des Postes, comme elle me le demandait. Ma suggestion était sans arrière-pensée aucune : c’était juste beaucoup plus simple, pour moi qui connaissais mal la ville où je venais de m’installer, qu’un rendez-vous improbable sur une place trop passante et où il est d’ailleurs interdit de se garer. Je me revois encore devant la maison où je m’étais arrêtée. Descendue de voiture, j’ai refait un pas en arrière avant de sonner à la porte.  J’étais bien dans la bonne rue. J’étais bien au numéro 15. Mais le nom sur la sonnette était « Balbastre ». Quel nouvel hasard extraordinaire ! (19) Ayant gardé son nom de jeune fille comme nom d’usage, elle avait négligé de me dire qu’elle était… l’épouse de Gilles Balbastre. Je connaissais Gilles Balbastre, un bordelais, pour l’avoir rencontré à Amiens dans des réunions politiques. Mais je le connaissais en tant que journaliste. Je ne savais rien de sa vie privée. Malgré ma méfiance, malgré les querelles amiénoises et le harcèlement dont j’avais souffert en Picardie, j’ai pourtant accepté de faire confiance.

C’était une confiance mal placée. Sa camaraderie apparente ne s’est jamais démentie. Je me souviens encore aujourd’hui, parmi les quelques confidences amicales qu’elle m’ait faites, et non sans ironie, car nous nous voyions souvent, qu’elle m’avait avoué avec un sourire que l’hypocrisie était une condition de survie du syndicaliste. Elle était elle-même la représentante du SNES, le principal syndicat enseignant, auquel j’avais adhéré par fidélité familiale lors de ma première année d’enseignement, avant de me rétracter. Elle parlait fort à la salle des professeurs et était une fervente partisane des valeurs de gauche du service public ! Jusqu’à ce que je découvre, après plusieurs mois de compagnonnage, qu’elle était entrée dans l’Education nationale deux ou trois ans…après moi ! Une vraie spécialiste du service public : elle en avait longtemps rêvé ! Il va sans dire que sa solidarité de professeure était de la même eau que ce qu’en annonçaient toutes ses cachotteries.

A la fin de ma première année d’enseignement à Roubaix, tumultueuse (malgré une modestie tenace, je n’étais pas dupe au point de ne pas comprendre que mes collègues m’avaient mis des bâtons dans les roues…), mes collègues de français, dont faisait partie Hélène, ont profité d’une journée d’absence pour me refiler l’année suivante toutes les classes qui devaient travailler avec les futurs « professeurs référents » annoncés par l’administration, sans me demander mon avis, bien entendu, sur le « cadeau » qu’ils me faisaient. A la rentrée, humiliée par la « crasse » qu’ils m’avaient faite, j’ai essayé de négocier seule avec mes jeunes collègues « professeurs référents » un statu quo qui me permettrait de passer une année à moindre mal. Il a fallu très vite déterrer la hache de guerre. Ces jeunes gourdes de vingt ans, fraîches émoulues de leur année de stage, qui n’avaient aucune réelle expérience professionnelle, dont la culture littéraire arrivait à peu près à la cheville de la mienne, et dont l’arrivisme s’affichait sans vergogne, entendaient me donner des conseils pédagogiques (!) et s’immiscer dans mes classes (!), faisant jouer l’autorité du principal lorsque je me montrais trop réticente (une honte !). Je me suis mise très en colère.

A partir du moment où j’ai été en conflit avec mes collègues « professeurs référents », toute l’équipe pédagogique d’Albert Samain s’est acoquinée avec les deux demoiselles, à commencer par mes collègues de français, s’invitant les uns et les autres dans les classes, et partageant de touchantes émotions professionnelles.

Le respect de mes propres cours dont se vante Hélène ? Aucun. Une certaine division à la salle des professeurs provoquée par l’intrusion des « professeurs référents » ? Je ne l’ai pas perçue. Une solidarité menacée ? Elle a été complète au contraire, tant au sein de l’équipe pédagogique, qu’avec les « professeurs référents » et la hiérarchie : contre moi. Je ne suis pas surprise que la phase 2 du premier « Programme Claire » ait été rebaptisé « Programme Clair » : l’administration aurait eu tord de se priver de l’impact d’un si bon début. Quant à Hélène, dont j’ai pu percevoir a posteriori toute l’ampleur de la collaboration avec sa direction, elle ne pouvait pas rendre un meilleur service à ses ministres de tutelle, Gilles de Robien, le maire d’Amiens, jusqu’en mai 2007, puis Xavier Darcos, cet ancien professeur de khâgne qui m’avait enseigné la littérature au lycée Michel Montaigne de Bordeaux, qu’en simulant la camaraderie.

Cécile P., citée quelques lignes plus loin par Gilles Balbastre, n’est pas non plus une inconnue : elle était professeure d’anglais dans le même collège de Roubaix, aujourd’hui en poste sur Lille, et amie d’Hélène, dont elle est presqu’une voisine, toujours près de la Porte des Postes, un quartier populaire au sud de Lille. Ils ont dû se réunir tous ensemble avec quelques copains du SNES un mercredi après-midi pour écrire leur article autour d’une tasse de café.

Au moment de la campagne de Martine Aubry pour la primaire socialiste, j’avais distribué mes « petits papiers » devant la gare Saint-Sauveur le jour où la maire de Lille annonçait dans son fief sa candidature. Un groupe d’enseignants d’un collège de Lille était venu manifester pour protester contre la suppression de postes d’éducateurs par leur ministère et solliciter le soutien du parti socialiste. Parmi ceux-ci, se trouvait Cécile P. qui a trouvé judicieux de m’accoster, le regard mouillé et le sourire mielleux, pour me tendre le tract qu’elle distribuait de son côté, comme si nous pouvions être solidaires. C’était pire qu’un affront. Une véritable insulte. Et à ma stupeur, lorsque je me suis dérobée à son geste en protestant, je l’ai vue feindre tout à coup, devant ses collègues, de ne pas connaître Claire Seguin, de ne pas savoir ce qu’était mon blog « Un micro sous votre oreiller » ! Cécile P., l’amie des Balbastre ! L’ancienne collègue de Samain, à Roubaix ! Je ne comprends pas à quel jeu ils jouent.

La teneur générale de l’article de Gilles Balbastre ne soulève pas chez moi de critique majeure. Sa dénonciation de la marchandisation de l’Education nationale est un peu convenue, et s’inscrit dans  un courant d’idées qui datent déjà d’une bonne quinzaine d’années, mais qui restent plus que jamais pertinentes. Hélas, il ne suffit pas d’aborder un problème dans la presse pour le régler. Ce qui le rend risible, c’est qu’il soit écrit… par Gilles Balbastre, et qu’il y fasse intervenir son épouse et des « potes » du SNES, dont on comprend bien que le discours n’est jamais contrebalancé par un autre point de vue que le leur, formel, et peu conforme à leur propre attitude sur le terrain. Ils font partie de ces gens qui parlent fort dans les salles des professeurs, et de préférence à la place de leurs collègues, surtout si une voix discordante ose s’affirmer en porte-à-faux avec la ligne générale de leur propre discours, mais dont les effets d’annonce sont contredits par la réalité des faits. De quoi donner en effet à certains collègues l’envie de faire « le dos rond », de se comporter « en ventre mou » (20).

Je me demande qui est le responsable du Monde diplomatique pour laisser passer un article pareil ? Ces messieurs ont-ils un livre ou un film à vendre (21)? Suis-je trop dure avec des journalistes qui ne se privent pourtant pas d’avoir la dent dure ? Il faut avoir lu Le Plan B, dirigé par Gilles Balbastre, un torchon maculé d’invectives, digne de Je suis partout, où l’on n’apprend rien, sinon que certains journalistes célèbres gagnent plus d’argent que Gilles Balbastre, un secret de polichinelle, pour apprécier la modération dans mes propres propos. Ce sont des gens dont je me suis crue proche et qui m’inspirent aujourd’hui de l’horreur. Il paraît qu’ils ont des « valeurs » : livrer sa sœur à un lynchage collectif, après s’être comporté vis-à-vis d’elle, le temps d’une vie, avec la plus monstrueuse duplicité ; collaborer à des années de torture morale sans jamais se remettre en cause, et continuer à rire ; ériger l’hypocrisie et le cynisme en vertus cardinales… Autant de « valeurs » que je n’ai pas envie de partager avec eux ! Ce qui est terrible avec les esprits corrompus, c’est qu’ils prennent leur cynisme pour de l’intelligence, et la générosité de ceux qu’ils côtoient pour de la bêtise.

Soyons généreuse une fois encore : pour ce qui est de se comporter « en ventre mou », n’est-ce pas ce qu’ont fait Hélène et Gilles Balbastre ? Même lorsque la confiance s’est envolée, j’ai espéré de leur part un sursaut, attendu une prise de conscience, la possibilité d’un dialogue. Hélène fait aussi partie des personnes que j’ai contactées de Toronto. A tort. Et sans aucune réponse de sa part, même après mon retour à Lille. Je n’oublie pas un sourire dans lequel j’ai vu toute la noirceur de l’âme humaine.

Aucun syndrome de Stockholm.

« No question, now, what had happened

to the faces of the pigs. The creatures outside

looked from pig to man, and from man to pig,

and from pig to man again;

but already it was impossible to say which was which ».

« Il n’y avait plus maintenant à se faire de questions

sur les traits altérés des cochons. Dehors, les yeux des animaux

allaient du cochon à l’homme et de l’homme au cochon,

et de nouveau du cochon à l’homme ;

mais déjà il était impossible de distinguer l’un de l’autre » (22).

Bien plus qu’avec les « cabris du « oui » » (23), et s’il fallait filer la métaphore caprine, je me trouverais plutôt des similitudes avec Muriel (Edmée), la petite chèvre d’Animal Farm. Presque seule à être capable d’apprendre à lire parmi les animaux de la ferme, sans chercher pourtant à tirer parti de ses capacités ni à faire alliance avec les cochons et les chiens au détriment des autres animaux, elle met son savoir au service de la communauté. Toujours disponible pour lire aux autres animaux les Sept commandements écrits sur un mur de la grange, ou de vieux journaux trouvés dans la ferme, elle pourrait aider ses compagnons à comprendre l’évolution des cochons. Mais les autres animaux sont incapables de tirer parti de ce qu’elle leur lit, même lorsque le mystère des Sept commandements, trafiqués par Squealer (Brille-Babil), est révélé une nuit par un incident (24).

Après plus de deux années passées à rédiger ce blog, et à tenter de convaincre des interlocuteurs potentiels d’entamer un dialogue avec moi, j’ai parfois l’impression d’être aussi inefficace que Muriel. Pourtant, à la relecture de certains articles, je ne peux m’empêcher de constater que mes analyses ne manquaient pas toutes de perspicacité et que les avancées de mon enquête sont souvent venues confirmer plutôt que réfuter les premières idées que j’avais avancées. Un billet d’humeur comme celui rédigé après mes « Vendanges dans le Beaujolais » a vu ses intuitions confortées jusqu’au bout. On pourrait même souligner une parenté entre les idées tordues de notre jeune communiste catholique et l’influence de l’Eglise sur la communauté d’Animal Farm, que symbolise le personnage de Moïse, le corbeau apprivoisé de Jones. D’abord acharnés à « réfuter les mensonges colportés par Moïse », les cochons commencent par chasser le sombre volatile, qui est présenté comme « un espion et un rapporteur », bien qu’il ait eu « la langue bien pendue » (25). Mais lorsqu’ils prennent le pouvoir sur les autres animaux, ils admettent à nouveau sa présence dans la ferme : « Au cœur de l’été, le corbeau Moïse refit soudain apparition après des années d’absence. Et c’était toujours le même oiseau : n’en fichant pas une rame, et chantant les louanges de la Montagne de Sucrecandi… » (26).

L’alliance de la carpe et du lapin, ou la combinaison de visions du monde aussi opposées que celle des idées socialistes et celle du catholicisme, permet aux dominants de brouiller les concepts et d’influer sur les « valeurs » revendiquées, peu à peu perverties. Que l’on soit croyant et de gauche, cela ne me semble pas incompatible. Mais on ne peut pas à la fois se revendiquer de Jaurès et servir la messe le dimanche en tant que diacre, prétendre défendre des idées de gauche et s’inscrire dans la hiérarchie catholique, révérer la mitre de son évêque… à moins d’être schizophrène. C’est ainsi que l’on passe des idées révolutionnaires de gauche à un socialisme plus tempéré (et qui se prétend plus tolérant) pour aboutir au socialisme nordiste, le plus dénaturé et le plus pervers de tous. The greedy Blackbird me semble la figure même de l’intellectuel machiavélique qui a favorisé ce type de perversion pour dénaturer les idées qu’il prétendait défendre.

Le besoin pour l’Education nationale, publique et laïque, de se trouver un bouc émissaire sur lequel déverser ses frustrations est symptomatique de ces mêmes hypocrisies qui ont pris à mon égard un caractère compulsif. Plutôt que d’admettre que ses idéaux sont trahis et de mener de véritables combats, le corps enseignant préfère s’inventer un faux ennemi, se flatter de mensonges, se livrer à un lynchage silencieux. Plutôt que de se remettre en cause, il préfère livrer à la société civile une victime expiatoire. Et quitte à avoir recours à la calomnie, le corps enseignant se cherche aussi des excuses (inacceptables) pour justifier les intrusions dans ma vie privée qu’il s’est permis et dont il s’est repu.

Si mes adversaires se contentaient de me détester, le mal serait moindre. Mais hélas, après m’avoir déclarée infréquentable, ils s’empressent de venir me jouer un monstrueux numéro de séduction. Ils s’ennuient avec leur conjoint, leur métier les assomme, la compagnie de leurs amis ne leur procure aucun divertissement, leurs enfants les déçoivent, le spectacle du monde les laisse indifférents. La fréquentation de Claire Seguin, personnage imaginaire sur lequel ils se donnent les moyens de cristalliser tous leurs fantasmes et toutes leurs frustrations les plus inavouables, leur offre un formidable sujet de conversation… et un extraordinaire objet de compensation. Il n’y a pas de pire solitude que celle qui doit se défendre de constantes sollicitations, toutes plus malsaines, plus malveillantes et plus intéressées les unes que les autres.

Tenter de se convaincre, comme semble le faire la gauche, qu’une telle perversion peut conduire à un soulagement durable des souffrances, ou même, par contrecoup, à un sursaut idéologique qui viendrait rétablir les perspectives saines qui avaient séduit à l’origine des engagements, c’est se leurrer une seconde fois. Seule la vérité peut jouer un rôle salvateur, et elle n’est pas conciliable avec le silence. Lorsque je me suis adressée aux membres du Festival de Cannes (11-22 mai 2011), pour réclamer qu’aucun film dont le scénario serait basé sur des atteintes à la vie privée puisse être récompensé, personne ne m’a répondu. Mais je n’ai pas manqué de remarquer que cette année-là, le film qui a remporté la palme, que je n’ai pas vu et sur lequel je me garderai de tout commentaire, était cependant américain et que son succès a été accueilli par la presse française de droite avec l’exclamation maurrassienne « La divine surprise », dont la résurgence est un peu trop fréquente ces dernières années (27). La victoire de la réaction était complète. Et je n’ai entendu aucune voix pour s’en émouvoir.

Je me ferais un plaisir, pour ma part, de laisser quelques-uns de mes premiers cheveux blancs dans la soupe capitaliste que réclame l’intelligentsia française.

Quelle guerre faudra-t-il déclarer pour que s’ouvrent les portes de la liberté ?

Notes :

1. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (publié en 1945 par Martin Secker & Warburg, London), traduit de l’anglais par Jean Quéval (1981), préface et notes par Yann Yvinec (1994), Coll. Folio Bilingue, Ed. Gallimard, Paris, 1994, p. 62-63.

2. Edmond Rostand, Chanteclerc, in Œuvres complètes illustrées, Pierre Lafitte, Paris, 1910. Voir extrait inséré ci-dessous.

3. George Orwell, op. cit., p. 36-37 : « And remember also that in fighting against Man, we must not come to resemble him. Even when you have conquered him, do not adopt his vices ».

4. La campagne de diffamation qui a suivi la mise en ligne de « Révolte : Exit le panier de crabes » s’est exprimée en particulier à travers la réapparition d’articles publiés sur le site de l’école lilloise de journalisme, Esj-Lille, et de Rue 89 (journal en ligne affilié au Nouvel Observateur, d’obédience socialiste), proposant chacun à leurs lecteurs une interview calomniatrice et mensongère du jeune homme que j’avais mis en cause dans ce blog sous le nom du « principal suspect », au moment du cambriolage dont j’ai été victime, pour me délester de mes dossiers d’enquête.

5. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, nouvelle édition actualisée et augmentée, Ed. Raisons d’agir, Paris, 2005. La première édition date de 1997.

6. Paul Nizan, Les Chiens de garde, Rieder, Paris, 1932. Ce texte a été réédité en 1960 par François Maspero à La Découverte, à Paris, et en 1998 par les Editions Agone, à Marseille.

7. Préface de Serge Halimi à l’ouvrage de Paul Nizan, Les Chiens de garde (1932), réédité aux Ed. Agone, Marseille, 1998, p. 5.

8. Ibid. p. 8.

9. Ibid. p. 14.

10. Christine Ockrent, La Mémoire du cœur, Fayard, Paris, 1997, p. 230 (citée par Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 141).

11. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 115.

12. Ibid. p. 65.

13. Ibid. p. 127-128.

14. Ibid. p. 145.

15. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 258-259.

16 : Ibid. p. 36-37 : « And, above all, no animal must ever tyrannize over his own kind. Weak or strong, clever or simple, we are all brothers. No animal must ever kill any other animal. All animals are equal ».

17. Gilles Balbastre, « Feu sur les enseignants », in Le Monde diplomatique, n° 679, 57e année, octobre 2010, p. 1 & 20-21. Article reproduit ci-dessous dans son intégralité.

18. Ibid.

19. Sur la notion de « Hasard », voir l’article Psychanalyse sauvage du 5 avril 2011.

20. Gilles Balbastre, op. cit..

21. Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Les Nouveaux chiens de garde, film documentaire sorti sur les écrans le 11 janvier 2012, libre adaptation au cinéma de l’essai de Serge Halimi.

22. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 270-271.

23. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 41 et sq..

24. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 212-213 (pour les curieux).

25. Ibid. p. 48-49 : « The pigs had an even harder struggle to counteract the lies put about by Moses, the tame raven. Moses, who was Mr. Jones’s especial pet, was a spy and a tale-bearer, but he was also a clever talker ».

26. Ibid. p. 226-227 : « In the middle of the summer Moses the raven suddenly reappeared on the farm, after an absence of several years. He was quite unchanged, still did no work, and talked in the same strain as ever about Sugarcandy Mountain ».

27. « La divine surprise » : Charles Maurras se félicite en ces termes, dans le journal Action française, de l’arrivée du Maréchal Pétain au pouvoir en 1940. Homme d’extrême droite, Charles Maurras était favorable à une monarchie traditionnelle héréditaire antiparlementaire et décentralisée. Il a donné une dimension nationaliste à l’idée de Révolution qui était auparavant l’apanage de la gauche. Voir le document « Palmarès et Presse » inséré dans l’article Festival de Cannes (11-22 mai 2011).

Cliquer sur les documents pour les lire.

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Le Monde diplomatique-1.

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Le Monde diplomatique-2.

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Le Monde diplomatique-3.

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Chantecler, Rostand-1.

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Chantecler, Rostand-2.

Révolte : Seule au front

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The greedy Blackbird

En cette fin de septembre éprouvante (pour moi), je voudrais opposer aux intimidations de l’Etat, au harcèlement paternel, aux affronts du triangle des bermudas bourgeois, aux esprits bornés et aux cœurs ravagés de haine, une citation de Paul Nizan dans laquelle il déplore que les bourgeois révolutionnaires passés du camp des opprimés à celui des oppresseurs prennent le parti des « classes dirigeantes ». A méditer :

« Le bourgeois feint de traiter le peuple comme l’ensemble de ses enfants ; il le reprend,  l’avertit, le secourt, car il est assez clair que ce peuple ne saurait prendre lui-même en main ses destinées. Quand il punit le peuple, il le punit comme son propre enfant, pour son bien. Il dit : qui aime bien châtie bien. Les morts de la Commune furent tués pour le progrès du peuple. Il attend de lui des témoignages de gratitude, ou simplement de docilité. Il juge ingrat le peuple révolté ».

Paul Nizan, Les Chiens de garde, Coll. Contre-feux, Editions Agone, Marseille, 1998, p. 67-68. Ce texte a paru pour la première fois en 1932 chez Rieder, et a été réédité en 1960 par François Maspero, aux éditions La Découverte.

Révolte : Trop de braderies à Lille

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Braderie de Lille 2012

 J’ai vu trop de braderies à Lille, une ville qui brade tout, sa justice, son honneur et même les êtres humains. L’été 2012 a été un peu plus beau que le précédent. La braderie sera-t-elle pour autant plus réussie ? L’effervescence du premier week-end de septembre a déjà commencé à se manifester dans les rues lilloises qui se préparent au grand raout… mais elle laisse indifférent un cœur blessé.

 

Révolte : Santé à ma santé !

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The greedy Blackbird

Le choix de François Hollande de me faire interner plutôt que de porter plainte contre moi est révélateur des complicités qui existent entre la société civile et le monde politique. Puisque le nouveau Président de la République entend s’attaquer à la corruption, il lui faudra aussi réfléchir aux coups de pouce illégaux dont il est le premier à bénéficier, que ce soit à titre personnel (ce qui n’est pas attesté) ou en tant que représentant du clan socialiste (sa responsabilité reste engagée).

Me confier à des médecins a été bien sûr une solution de facilité pour passer sous silence l’objet de ma protestation : le déni de justice dont je suis victime à Lille et les très graves atteintes à la vie privée dont je souffre toujours. Mais c’était aussi m’abandonner à une corporation dont je n’ai cessé de dénoncer l’hostilité, sans d’ailleurs en comprendre très bien moi-même les raisons. Depuis mes jeunes cambrioleurs, tous fils et filles, neveux et nièces, de médecins, jusqu’aux médecins lillois qui m’ont menacée ces dernières années, en passant par les psychanalystes bordelais et parisiens de la Cause Freudienne qui ont rompu le secret médical, et se sont livrés à une véritable Psychanalyse sauvage pour me calomnier, voilà un corps professionnel qui a manifesté un acharnement hors du commun.

Je n’oublie pas non plus le propriétaire, qui était médecin, du taudis dans lequel je me suis trouvée piégée près de trois ans. Depuis avril 2012, où je suis retournée vivre dans mon appartement à vendre, dans des conditions pourtant précaires puisque celui-ci n’est pas meublé, j’ai retrouvé au quotidien un calme et une dignité de vie qui m’avaient fait défaut lorsque j’étais installée à Fives. Les accusations que j’ai portées contre le propriétaire et contre une partie des colocataires de la maison où se trouvait ma chambre ont été confortées par une conversation téléphonique surprise au moment des tractations d’avril, liées au relogement qui aurait dû accompagner le classement en « logement indécent » de mon taudis. Cet homme a déclaré devant moi qu’il regrettait d’avoir accepté « de rendre service » en me louant ce logement. Hélas l’assistante sociale qui servait d’intermédiaire a jugé urgent d’interrompre la conversation qui s’engageait. Cependant je reste plus que jamais convaincue que le cauchemar que j’ai vécu dans cette chambre a été en grande partie organisé, avec la complicité du propriétaire et de certains des jeunes gens qui y habitaient.

La volonté de nuire de ces médecins liés à la clientèle socialiste a gangrené ma vie à Lille mais a aussi contribué à m’assigner à résidence dans le Nord et à me dissuader de chercher de l’aide à l’étranger. Les moyens dont ils disposent sont si lourds et si disproportionnés par rapport à ma propre faiblesse que leur mise en œuvre semble dépasser l’entendement. Je raconte dans la lettre jointe à cet article, et que j’ai envoyée à des associations de défense des Droits de l’Homme européennes, de quelle façon je me suis fait insulter par un médecin dans un hôpital de Maastricht. Je ne comprends toujours pas comment il me connaissait alors que j’étais arrivée la veille dans la ville. D’autre part cette haine néerlandaise me stupéfie : je suis bien certaine de n’avoir jamais dit ni écrit un mot contre un pays et une culture que j’aimais. L’internationale des médecins corrompus est-elle à ce point puissante ?

Les associations de défense des Droits de l’Homme n’ont jamais répondu à ma lettre. Je n’en ai pas été très surprise, même si j’en ai été blessée. L’enquête que j’ai menée m’avait déjà révélé que la clientèle socialiste qui me harcèle était imbriquée dans le réseau de ces associations. Parmi mes jeunes cambrioleurs, convaincus de mes troubles mentaux mais appliqués à me délester des documents prouvant le contraire, l’une des jeunes filles travaillait comme journaliste bénévole pour Amnesty International. Certains jeunes gens, amis de l’épouvantable propriétaire, étaient impliqués dans les structures dirigeantes de municipalités socialistes ou d’associations caritatives catholiques. The greedy Blackbird lui-même, ce fin lettré angliciste, préside une association d’aide aux migrants…

En pleine forme cet été, je suis pourtant inquiète pour ma santé qui me semble menacée de diffamation au même titre que ma réputation. J’ai trouvé dans un ouvrage de Jean Montaldo, un journaliste politique qui a enquêté sur la corruption du parti socialiste pendant les années Mitterrand, un témoignage sur les attaques qui ont touché, après son suicide à l’Elysée, François de Grossouvre, accusé de folie au moment où il remettait en cause l’intégrité du Président de la République. Je propose un extrait de ce livre à mes lecteurs en guise de conclusion.

Document en français & in English : Lettre aux associations de défense des Droits humains, Europe.

Avertissement

Cette lettre, envoyée aux associations de Droits de l’Homme européennes, après avoir reçu un mail de l’une d’entre elles me déclarant qu’elle ne pouvait intervenir en France, date d’un peu plus d’un an. Voici quelques précisions :

  1. Ma plainte déposée auprès de la Cour européenne des Droits de l’Homme, à Strasbourg, a été déclarée irrecevable le 10 novembre 2011, quelques jours après avoir contacté un avocat à Strasbourg pour lui demander de me défendre. Voir l’article Cour européenne des Droits de l’Homme (24/11/11).

  2. Un an après la rédaction de cette lettre, j’ai fini par obtenir quelques soins médicaux. Les troubles étaient bénins et ont été soignés, les dents aussi. Mais dans la plupart des cas, j’ai été humiliée dans le cabinet des médecins que j’ai consultés. Quant au secret médical, c’est quelque chose dont personne à part moi ne semble se préoccuper ! Je suis aujourd’hui en bonne santé, mais je continue de vivre dans la peur de ce qui pourrait arriver si j’avais besoin d’un traitement médical.

  3. Lien avec l’article Big Brother is watching me (01/07/11) (Voir infra).

Foreword : Letter to European groups defending Human Rights.

This letter, sent to European groups defending Human Rights, after having received an email from one of them telling me they couldn’t intervene in France, dates from more than a year. Here is further explanation :

  1. The request to the European Court of Human Rights, in Strasbourg, was declared unacceptable on the 10. November 2011, few days after getting in touch with a lawyer in Strasbourg and asking him to defend me. See article Cour européenne des Droits de l’Homme (24/11/11).

  2. One year after the writing of this letter, I have obtained medical care. The troubles were mild and have been treated, teeth too. But often I have been humiliated in the consulting-room of the doctors I have seen. And I have been the only one who felt concerned about medical secrecy ! Today I am healthy but I am still living with the fear of needing medical care again.

  3. Link with the article Big Brother is watching me (01/07/11).

Lettre Associations Droits Humains Europe

La grosse colère de Monsieur Montaldo

Jean Montaldo, journaliste politique spécialisé dans les faits de corruption du Parti communiste et du Parti socialiste en France, publie son enquête sur la corruption de l’équipe Mitterrand peu après le suicide de François de Grossouvre, à l’Elysée, le 7 avril 1994. L’ouvrage, intitulé Mitterrand et les 40 voleurs… (1), se veut à la mémoire du confident du président. Il relate les grandes affaires qui ont marqué les deux septennats de François Mitterrand (Urba, le suicide de René Lucet, la CFDE, l’OFFRES, Péchiney, le suicide de Pierre Bérégovoy…), mais analyse aussi le système et les rouages de la corruption dans l’entourage du président de la République.

François de Grossouvre, qui était « la conscience » de Mitterrand, et a accompagné dans l’ombre tout son parcours, n’était pas un socialiste mais un homme de droite, issu d’une famille Action Française. Il était chargé, en autre, de protéger la vie privée de Mitterrand. Dans le chapitre dont est tiré l’extrait proposé, Jean Montaldo démonte la version officielle colportée par les proches du président de la République et par François Mitterrand lui-même, qui ont prétendu que Grossouvre se serait suicidé par crainte d’une démence sénile. Il exprime enfin la très grosse colère (2) que lui inspirent les propos calomniateurs tenus à son égard par Georges-Marc Benamou, le directeur de la revue Globe, financée par le Parti socialiste grâce à des fausses factures, dont certaines sont reproduites en annexe.

Cet extrait (3) a retenu mon attention par sa portée symbolique. En quelques pages, il énumère les mécanismes de défense auxquels ont recours les socialistes contre ceux qui les mettent en cause : accusation de folie, en particulier lorsqu’il s’agit d’une personne proche de leur camp, et calomnies propagées par une presse qui leur est dévolue. Il est enfin assez savoureux, pour une femme de gauche, de citer un homme de droite. Si Mitterrand a trompé la gauche, il semblerait qu’il ait aussi trahi une certaine droite… Qui comptait sur lui ?

Notes :

  1. Jean Montaldo, Mitterrand et les 40 voleurs…, chapitre II : Faux « dément » et vrais faux facturiers, Albin Michel, 1994, p. 19 à 62.

  2. Ses arguments sont confortés par la biographie de Pierre Péan, Une jeunesse française, François Mitterrand, 1934-1947, Fayard, 1994 (par exemple).

  3. Cliquer sur le document pour le lire.

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Révolte : Exit le panier de crabes

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The greedy Blackbird.

L’obsession de mes adversaires est de me renvoyer chez mon père. C’est à ce genre d’idées fixes qu’on évalue l’emprise du patriarcat sur la société française. Et lorsque la phallocratie donne le ton, il n’y a plus de clivages politiques qui tiennent. Le jeune libertaire va taper sur l’épaule du réactionnaire sans complexe. C’est la vraie solidarité, celle qui révèle le fond des personnalités.

Si l’attachement à une mère est viscéral, celui qui lie à un père ne l’est jamais. La paternité se gagne : elle se construit avec l’éducation. Un homme qui n’a pas le courage d’exposer ses idées, de défendre son point de vue, d’avouer ses amitiés, de revendiquer ses accointances sociales, ne peut pas être un père car il est incapable de tenir son rôle d’éducateur et d’initier son enfant à la sociabilité.

Je n’entends pas par là que le rôle d’un père est secondaire. Je suis convaincue au contraire qu’il est essentiel et que ce tiers qui s’impose entre l’enfant et la mère pour dépassionner leur relation fusionnelle est primordial. Mais c’est un rôle qui se mérite. Un homme incapable de le tenir, aussi cruel que cela soit, peut perdre tout ascendant sur ses enfants, car il ne remplace pas par l’estime et le respect l’intimité de la relation mère-enfant.

La société française m’a refusé tout recours contre un père qui m’a calomniée au point de détruire ma vie, qui a sali mon honneur, assassiné mes désirs d’enfants, réduit ma carrière à néant, et qui m’a livrée sans retenue à un lynchage collectif. Quels que soient ses torts, je reste selon la logique patriarcale une fille dépendante de son géniteur, une mineure assujettie à l’autorité paternelle, en dépit de la quarantaine et d’un doctorat, malgré des années d’études et d’émancipation.

Les expériences que j’ai faites ne sont pas reconnues par une famille de phallocrates et misogynes qui se vantent que leur fille ait raté son CAP avec la note de 02/20 ou ait refusé de faire des études « payées par l’Etat » lorsqu’elle avait la possibilité d’en faire de brillantes. L’oppression machiste aime humilier les femmes cultivées. Pourtant les jeunes filles qui entendent se soumettre au diktat de la bêtise humaine devraient y réfléchir à deux fois, quelle que soit la modestie de leurs ambitions. Que la vie aille bien ou mal, elle va toujours mieux avec son CAP que sans. Et ce n’est pas parce qu’on l’a raté ou abandonné à dix-sept ans qu’on ne peut pas le repasser à vingt-cinq — ou plus tard.

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Tag, Vieux Lille, 2012.

Je suis fascinée par la capacité de ces petits viticulteurs de la région de Pons, un gros bourg de Saintonge qui fut la patrie d’Emile Combes, à se trouver des alliés, tant dans leur entourage que dans l’Education nationale ou dans la société civile. Mais il a fallu se rendre à l’évidence que tous ces tenants de la phallocratie ne brillaient pas non plus par leur ouverture d’esprit.

J’ai été sidérée de découvrir, après des années de séparation, que ma cousine institutrice, mariée à un « gauchiste » inscrit jusque sur les listes électorales municipales du Parti socialiste de Saintes, puisse tenir des propos réactionnaires, anti-intellectuels et homophobes, se flattant de n’être pas allée voir sur son lit de mort un des mes cousins décédé du sida. Je suppose qu’elle se bouche le nez, les yeux et les oreilles lorsque les Jeunes socialistes défilent pour la GayPride.

J’ai été ulcérée lorsqu’un ami de mon père, envoyé pour me circonvenir, m’a déclaré, sur le ton suffisant d’un homme qui connaît la vie, qu’à son avis le fait de faire des études montait à la tête et devait provoquer le cancer du cerveau !… On ne peut pas demander à la femme que je suis de faire allégeance à une aussi formidable stupidité !

Et qu’on ne me parle pas de mépris. J’ai toujours accepté ces gens-là tels qu’ils étaient. Je ne leur ai jamais donné de leçons, y compris lorsqu’ils abordaient devant moi des sujets sur lesquels je suis plus compétente qu’eux. Surtout je ne me suis jamais mêlée de leurs affaires. S’il y a mépris, c’est de leur bord : un formidable mépris pour les femmes, mépris pour l’intelligence, mépris pour la culture, mépris pour les études, mépris pour la liberté de penser…

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Carte de mes cousins.

Puisque mon combat a échoué et que la justice ne m’a pas été rendue, il est temps d’offrir à la sagacité de mes jeunes cousines, et de toutes les jeunes femmes qui pourraient avoir à pâtir d’une famille phallocrate, les lettres et documents qui ont accompagné ma plainte contre mon père, ma cousine germaine et son mari. Je ne pourrai pas faire beaucoup plus pour elles. Pour ma part, je ne retournerai pas dans une famille qui m’a livrée à la haine de la clientèle socialiste, avec cette « subtilité charentaise » qui séduit tant les Parisiens de la rue Solferino, une subtilité de paysans matois qui se souviennent que François Mitterrand a fourbi ses premières armes dans les rangs d’Action française et s’est initié aux arcanes du pouvoir auprès des ministres de Vichy. 

Les promesses de dialogue que m’a faites mon père m’ont bernée trop souvent pour que je me laisse encore prendre à leur piège. Dès que les questions se précisent, il devient évasif. J’ai même cherché, au moment du décès de ma mère, à les poser par écrit et je lui ai demandé de s’expliquer sur trois thèmes : celui de la « lettre » et des insinuations répétées qui l’accompagnaient ; celui de l’emploi, puisqu’il semblait trouver naturel que je sois sans travail ; celui du suicide d’une jeune femme dans la famille, information lancée comme un hochet dans une dispute, mais sur laquelle je n’ai jamais pu obtenir la moindre précision.

Lors de notre dernier entretien fin 2007, en guise de réponse à mes questions, il m’a proposé à la place une initiation à la rouerie en m’expliquant comment il pleure devant les dames ou comment il s‘y prend pour suggérer des idées à ses interlocuteurs sans les dire, afin de leur laisser croire qu’ils avaient compris tout seuls…  Il doit avoir bien d’autres tours dans son sac, mais je n’ai pas attendu la suite. Ecœurée par la complicité qu’il cherchait à créer, j’ai pris la porte.

La fadeur apparente des lettres de mon père ne trompera que les lecteurs de mauvais augure. Leurs formules toutes faites sont l’expression d’une pensée qui se dérobe, d’intentions qui se cachent, d’une malveillance qui sommeille. Leur adresse ne présage pas non plus d’un quelconque talent des misogynes. La misogynie est le révélateur de faibles et de médiocres qui cassent du sucre sur le dos des femmes parce qu’ils sont incapables de faire reconnaître par eux-mêmes leurs mérites personnels. Leur tyrannie est cependant réelle car elle est relayée par une société complice.

Mon erreur majeure a été de minimiser ce que je vivais sous prétexte que « ce n’était pas grave puisque je ne voyais ma famille que quinze jours par an » ou « qu’ils pouvaient toujours jaser, quoi qu’il arrive, je ne leur faisais aucune confidence ». Les accusations de trahison ont aussi mis un frein à mes velléités de défense. Là encore, j’avais tort de me laisser culpabiliser : pour trahir une personne, il faut que celle-ci ait placé en vous sa confiance et son amour. Il n’y a pas de trahison lorsqu’on se défend contre des gens qui attaquent votre réputation ou qui cherchent à vous nuire et à vous manipuler pour favoriser leurs intérêts personnels.

Je ne propose pas de recette. Je ne vais pas donner des conseils à ces jeunes femmes alors que j’ai été moi-même incapable de me protéger. Mais je leur lance un appel à la vigilance et à la prudence. Les interdits sont rarement posés par les phallocrates. Et même lorsqu’on s’y oppose, les règles sont assenées de façon si insidieuse que l’on met des années à les appréhender, à les déconstruire, à s’en débarrasser.

Les documents qui m’ont servi à porter plainte contre mon père. :

Le panier de crabes

Les lettres de mon père, qui continue à me harceler aussi d’appels téléphoniques :

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