Le jour de la Tête de veau

 

Ecole Polytechnique, Athènes.

Ecole Polytechnique, Athènes.

Le Président de la République a choisi de lancer son pacte de responsabilité un 21 janvier, le jour de la Tête de veau, celui où les gaulois Républicains célèbrent la Révolution et la mort de Louis XVI en accommodant leur plat fétiche d’un verre de vin rouge du terroir. La mémoire de l’Union républicaine est vivace en France. Mais François Hollande ne prend-il pas le risque de faire l’unanimité contre lui ?

La révolution française reste un modèle de réussite pour tous les peuples opprimés de la planète. On admire la République qui s’est mise en place en donnant le pouvoir au peuple. On acclame la Déclaration des Droits de l’Homme. On revendique les principes de sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité. Les Français éprouvent de la fierté, à juste titre, pour leur Histoire et sont toujours revenus à un régime républicain, en dépit des vicissitudes des deux siècles qui ont suivi 1789.

La France reste aussi un pays où il fait bon vivre, même en période de crise comme celle que nous traversons. Les richesses sont opulentes ; la protection sociale est exemplaire ; l’art de vivre des Français fait elle aussi l’envie de bon nombre d’étrangers. Certains de mes lecteurs vont bondir en lisant ces phrases. Ils devraient pourtant les prendre en considération et les inclure dans leur protestation, au lieu de les nier.

Les Français sont malheureux. Les libertés sont immenses, mais qu’est-ce que la liberté sans emploi ? Les lois sont exemplaires, mais la Justice n’est plus appliquée avec l’égalité républicaine. La fraternité est chaque jour remise en question par le fiel de rancœurs rappelées de façon artificielle et que les difficultés sociales ravivent.

Les Français pensent à la Révolution. Mais quelle révolution fait-on dans un pays qui a déjà connu une révolution admirée de tous, dans un pays dont les lois, comme la protection sociale, même si elles ne sont pas parfaites, sont remarquables ? Il n’y a pas tant d’injustice dans les textes que dans leur application. Les meilleurs principes sont détournés au profit d’une frange de la population, au lieu de conforter la cohésion sociale. En protestant contre le régime plutôt que contre ceux qui l’ont confisqué à leur profit, les Français risquent un coup d’Etat où ils se verraient retirer les derniers acquis dont ils jouissent encore…

Je l’ai enfariné.  Vous l’avez élu.

Les Français qui ont élu Monsieur Hollande ont parié sur l’espoir d’un changement mais le changement annoncé n’a pas été celui du Bourget. Les trahisons affectent tout le monde : la gauche, la droite, les écologistes, les rêveurs, les aventuriers, les travailleurs qui travaillent sans récompense, les travailleurs qui sont privés de travail… Beaucoup de Français, qui ne sont pas dupes des mensonges et des entourloupes médiatiques, ont déjà retiré leur confiance à leur Président…

Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il subsiste un socle de 20% de Français qui semblent hermétiques à cette avalanche de mensonges, de roueries et d’insultes faites à leur intelligence ! C’est l’électorat de François Hollande, du Parti socialiste. Ce sont les nantis du Quartier latin, de tout poil, qui estiment toujours qu’il est plus chic de se déclarer « de gauche », tant que cela ne remet pas en cause leurs privilèges et qu’ils gardent la possibilité d’envoyer leurs enfants à l’Ecole alsacienne ; ce sont leurs vassaux dont la survie dépend de leur maintien au pouvoir, ces romancières dont la nullité littéraire a besoin des socialistes pour obtenir un prix Médicis, ces ingénieurs qui ont décroché leur baccalauréat avec trois ans de retard, après avoir doublé leur seconde, puis leur première, puis leur terminale (Mazette !), qui n’ont jamais rien eu d’autre en poche qu’un petit diplôme d’informatique obtenu à la ramasse dans une université obscure, dont la conversation est aussi plate qu’une plaine de Sibérie sous un ciel couvert par un jour sans vent, et qui ont été recrutés sur leur profil d’indicateur de police au CNRS (Mazette…), le corps enseignant, sur son aile la plus protestataire, dont on a vu qu’il a été le premier récompensé par le gouvernement du professeur Ayrault, après son retournement de veste spectaculaire, sous forme de subsides attribués aux zones sensibles, que je connais bien, et où un professeur qui se bat jour après jour pour que ses élèves apprennent leurs leçons suscite l’indignation de l’équipe éducative, alors qu’il est si facile de se montrer « progressiste » en « exposant ces pôv’gosses à la culture » grâce à des « activités ludiques » qui les amusent et dont ils ne retiendront rien qui puisse les aider à s’en sortir au lycée ou à l’université… Mais il est vrai que cela ne les empêchera pas de faire plombier ou chômeur ! Enfin c’est cette cohorte des médiocres au cœur ravagé de haine, qui haïssent les riches, surtout lorsqu’ils ne peuvent pas faire partie de leur clientèle, qui haïssent les intellectuels, surtout ceux issus des milieux populaires et qui ne doivent leur réussite qu’à leurs mérites personnels, qui haïssent les femmes, surtout celles qui tentent de s’émanciper, qui haïssent leur sœur, surtout lorsqu’ils n’arrivent pas à apprendre l’anglais…

Faut-il poursuivre la liste de ce qu’est devenue l’équipée socialiste après trente années de mitterrandisme ? Je laisse aux Français le soin de décider s’il s’agit bien là du peuple de gauche à la française, héritier de la Révolution et de Jean Jaurès…

Lutter contre le ferment de la haine à tous les étages.

L’un des derniers grands films américains que j’aie vus avant que ne s’éteigne ma passion cinéphile, pour cause d’atteintes à la vie privée, est celui de Sofia Coppola, Marie-Antoinette (2006). Ce fut un grand moment de solitude. Non pas que je me sois identifiée au personnage. Ce serait inconcevable. Mais parce que j’ai eu l’impression d’être la seule à être outrée par un film réactionnaire, qui osait faire de cette reine déchue une star rock n’roll. La critique française s’est répandue en éloges sur cette œuvre cinématographique, l’Education nationale lui a décerné son prix !

Depuis une bonne dizaine d’années, sinon plus, on entend aussi des réflexions récurrentes sur les victimes de la Révolution française, alors que le consensus semblait s’être fait sur l’héritage républicain de 1789. Ce film, venu d’Amérique, est porteur d’un ferment de haine sociale qui a infiltré peu à peu la société française et qui voudrait discréditer toute tentation révolutionnaire, et en premier lieu communiste, alors que la révolution française était bourgeoise ! Je trouve que reprocher insidieusement aux Français les morts de la Révolution est mal venu d’un pays comme les Etats-Unis, qui ont construit leur identité patriotique sur la mémoire héroïsée d’un génocide, celui des Indiens d’Amérique du Nord, des peuplements qui vivaient de façon pacifique, égalitaire et en harmonie avec la nature, sur des territoires qui étaient les leurs.

Je peux comprendre qu’on ait de la compassion pour la femme qu’a été Marie-Antoinette. Mais la reine est tombée avec une aristocratie dont elle ne s’est jamais désolidarisée et qui avait poussé à bout le peuple affamé par le spectacle indécent de son luxe, de sa rapacité et de sa frivolité, crimes dont elle était elle-même l’incarnation. Les têtes coupées de la Révolution sont regrettables, mais il faut les replacer dans leur contexte. La peine de mort était admise et pratiquée depuis toujours, y compris par l’aristocratie qui ne s’est jamais fait faute d’y avoir recours pour établir son autorité. La République n’a pas stigmatisé les descendants de l’aristocratie française et s’est même montrée souvent généreuse envers eux.

Ce que le peuple a appris avec la République, c’est qu’un nom à particule n’était pas un blanc-seing permettant à n’importe quel nigaud de l’aristocratie de revendiquer une position. Mais lorsque les fils d’aristocrates ont accepté les règles de la République, ont montré des talents et présenté des diplômes universitaires, ont accepté de passer les concours de la fonction publique, ils ont été admis partout, sans discrimination, et ont accédé aux plus hautes fonctions : militaires, hauts fonctionnaires, ministres, ambassadeurs… La victimisation est injuste et ridicule. La leçon de morale américaine est déplacée : quand verrons-nous à Paris un ambassadeur des Etats-Unis Sioux ou Apache ?

Certains aristocrates essuient parfois des réflexions acerbes. Les Français sont râleurs. Les frottements entre classes sociales sont souvent rugueux. Mais je ne crois pas que les vexations des aristocrates puissent être pires que celles endurées par un fils ou une fille d’ouvrier, d’instituteur, d’agriculteur, qui doit faire face au mépris, ou à la condescendance bienveillante, des milieux bourgeois auxquels il accède par le biais d’études brillantes, mais aussi trop souvent à l’agressivité de son milieu d’origine, qui lui reproche une trahison là où il devrait voir une victoire sociale dont il aurait sa part. Dans ma famille, on me reprochait insidieusement d’aller trop souvent au cinéma, ce qui faisait partie de ma formation littéraire. On ne me félicitait jamais pour toutes les autres soirées que je passais enfermée chez moi ou à la bibliothèque à travailler. Je n’allais jamais danser en boîte de nuit.

Réveiller de vieilles rancœurs dans un pays comme la France est criminel. L’anticommunisme primaire et pathologique des Américains tombe en porte-à-faux avec la réalité historique d’un pays que de toute évidence ils connaissent mal. Le plus pathétique dans les entourloupes, les mensonges et les combines du Parti socialiste, qui voudrait promouvoir une société sur le modèle américain, c’est que je ne vois pas non plus en quoi il pourrait y avoir aucune honte à se réclamer du parti démocrate, ou de Barack Obama, cette figure charismatique qui a ébloui la planète avec les discours magnifiques de sa campagne électorale de 2008, qui a certes beaucoup déçu, par la suite, les attentes immenses qu’il avait fait naître, mais qui n’a jamais démérité non plus de sa fonction au point d’aller se ridiculiser sur un scooter !

Restaurer les valeurs républicaines.

Les caciques du Parti socialiste devraient réfléchir à la vision qu’ils ont du peuple français. J’ai bien peur que ces trente dernières années ce ne soit le mépris qui ne l’ai emporté. Quant à la gauche elle a été bafouée pour être détruite. Le fait que je ne sois pas communiste, et que les années d’expérience n’aient fait que renforcer ma défiance envers une idéologie qui a échoué partout à rendre les peuples heureux, ne signifie pas que je me réjouisse d’avoir été utilisée contre mon gré à lutter contre elle. Je suis bien plus indignée encore par cette clique d’intellectuels qui se prétendent socialistes et ne sont en réalité qu’un ramassis de philistins réactionnaires, calotins, phallocrates et misogynes.

Dans le rôle de Tartuffe Ier, Monsieur François Hollande excelle. Lui président, la honte s’est abattue sur une contrée trop malmenée et qui était pourtant glorieuse. Après avoir semé la zizanie au cœur de la République, le voilà qui se propose à présent de rassembler la France et les Français. Lors de la présentation de ses vœux aux Corréziens, le président de la République a affirmé qu’il n’y avait « qu’une seule France », une phrase qui rappelle un slogan de François Mitterrand en 1988, « la France unie », et a osé dire :

 «Il n’y a qu’une seule France, il n’y a pas des France qui devraient s’opposer les unes les autres. Il n’y a qu’une France, qui a une histoire et qui doit avoir un destin et il doit être commun. Il n’y a qu’une France, qui doit être capable de vivre ensemble, en luttant contre tous les racismes, les xénophobies, l’antisémitisme et également les extrémismes [...] Il n’y a qu’une France, où chacun doit être à sa place, où le respect doit être la condition, où la laïcité doit être le principe… etc.» (La nouvelle anaphore de François Hollande, Le figaro.fr, par Julien Licourt,18/01/2014 19:30)

Un internaute qui commentait le discours faisait remarquer avec pertinence qu’il aurait été plus judicieux de substituer à l’assertion « où chacun doit être à sa place », l’assertion « où chacun a sa place ». Le déterminisme social n’est pas compatible avec les valeurs de la République. Lui président, son lapsus (ou sa provocation ?) révèle qu’il n’est pas à sa place à la présidence, une vérité qu’il est le seul à ne pas admettre.

Frédéric Mitterrand, ancien Ministre de la Culture

Frédéric Mitterrand, ancien Ministre de la Culture

La déliquescence de la classe politique française ne semble pas cependant se limiter à celle de son président, comme en témoignent les propos de Frédéric Mitterrand sur l’aventure amoureuse de François Hollande, propos que je me refuse à introduire dans ma prose (voir la photographie d’écran). Frédéric Mitterrand est-il un amuseur public ? Un marchand de chaussettes ? La vulgarité de sa gauloiserie est-elle explicable par ses origines ? Sa fonction ? Non ! Il est le représentant d’une grande famille française. Son oncle a été Président de la République pendant deux mandats. Journaliste, il a proposé aux Français des documentaires élogieux, commentés d’une voix chevrotante et servile, sur les stars et les altesses royales. Il a été Ministre de la Culture pendant trois ans sous la présidence de Nicolas Sarkozy…

La France n’a pas besoin de révolution. Elle a besoin de se débarrasser d’une classe politique qui n’est pas à la hauteur de ses fonctions, de rétablir les valeurs républicaines, la Justice, les principes de sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité. Et pour cela il lui faut exiger un discours de Vérité, qui fasse la vérité sur les dévoiements de la République française.

Commentaire mis en ligne le 21 janvier 2014 :

François Hollande, le président des anaphores (Par Francetv info | Francetv info – il y a 1 heure 34 minutes)

C’est un effet de style qu’il apprécie : François Hollande a encore une fois usé, mardi 21 janvier, d’une anaphore, ce procédé qui consiste à répéter une même expression en début de phrase : « Moi président… », « Quand on a 25 ans… », « Il n’y a qu’une France… ». A l’occasion de ses vœux au patronat et aux syndicats, le président de la République a en effet récidivé en lançant à plusieurs reprises : « La France dans 10 ans… »

ClairSeg  •  il y a 1 minute 27 secondes 

La répétition de l’anaphore tue l’anaphore… Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller

Commentaire mis en ligne le 23 janvier 2014 :

L’évolution de la pauvreté jugée préoccupante par l’Igas (Reuters – il y a 1 heure 22 minutes)

PARIS (Reuters) – L’évolution de la pauvreté en France suit une tendance « très préoccupante », estime l’ancien secrétaire général de la CFDT François Chérèque, aujourd’hui membre de l’Inspection générale de l’action sociale (Igas), dans un rapport.

ClairSeg • il y a une seconde

L’évolution de ma propre pauvreté, alors que je suis exclue de tout réseau de solidarité ou d’aides sociales, me préoccupe beaucoup elle-aussi, mais de mon côté, je n’ai aucune illusion sur les responsables de mon désastre : ce sont les hommes politiques actuels… Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller

Document : sur le plan politico-médiatique, la dégénérescence de la démocratie, ou Lillisation de la société, se traduit par la collusion entre les hommes ou femmes politiques au pouvoir et les médias.

La Voix du Nord Recherche Martine Aubry

La Voix du Nord Recherche Martine Aubry

A Lille, Madame Aubry-Brochen tarde à entrer  en campagne pour les municipales 2014. Mais lorsqu’on va sur le site de La Voix du Nord, le plus grand journal du Nord, et qu’on met « Martine Aubry » dans le moteur de recherche du site web, on obtient la liste des articles mentionnant son nom avec un en-tête inchangé depuis novembre dernier, alors que bien d’autres articles ont paru, et annonçant un « triomphe » pour la maire sortante (Article du 20/11/2013, voir photographie d’écran). A La Voix du Nord, les journalistes n’informent pas. Ils assurent eux-mêmes le service de presse et de propagande de Madame Aubry.

A Athènes, les campagnes de diffamation sont de plus en plus virulentes, avec des intrusions dans mon quotidien qui trahissent une volonté manifeste de me mener à bout, et je me demande toujours : Que faire sous l’orage des mensonges ?

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