Lutter contre le ferment de la haine à tous les étages

 

Fresque murale, Athènes, Cour de l'Ecole Polytechnique.

Fresque murale, Athènes, Cour de l’Ecole Polytechnique.

La politique des socialistes, depuis l’avènement de François Mitterrand en 1981, a été une politique de la dénonciation de son voisin plutôt qu’une politique de propositions citoyennes, et cette politique de la haine organisée a toujours précédé un changement de trajectoire, celui du gouvernement Mauroy en 1983, ou le passage à un plan de redressement social-démocrate comme celui que vient de présenter Monsieur Hollande, il y a quelques jours. Mais en portant ce type de jugement, je ne m’inscris pas dans un discours politique : j’exprime mon indignation, parce que je participe malgré moi du processus cynique de détournement de la colère des jeunes, parce que j’ai été livrée contre mon gré à la vindicte des jeunes – et des moins jeunes qui les entourent. Tandis que les jeunes socialistes éructent contre Claire Seguin, qu’ils accusent de crimes imaginaires pour pouvoir justifier le harcèlement qu’ils lui font subir, les politiciens mènent leur train, à l’abri des critiques de la jeunesse. Le Parti socialiste a beau jeu ensuite de vouloir rassembler la France : un leader politique se donne le beau rôle en jouant au fédérateur.

Les jeunes socialistes voudraient me voir perdre pied en adoptant une posture de révolutionnaire qui se dresse contre leur parti, peut-être même de contre-révolutionnaire dont ils pourraient ridiculiser le projet politique. Mais je n’ai pas de projet politique : je me bats pour le rétablissement de mes droits humains fondamentaux, pour échapper aux persécutions de mes adversaires. Je n’y associe aucune « propagande » d’aucune sorte.

J’ai consacré les onze premières années de ma jeunesse à faire des études et je me considère comme une femme cultivée. J’ai des connaissances indéniables en histoire, quelques notions d’économie ou de politique. Mais ce n’est pas ma spécialité ! J’ai fait des études de littérature et d’histoire de l’art. J’ai rédigé ma thèse de doctorat sur Michel Leiris, un poète surréaliste et un ethnologue passionné par l’Afrique noire, ami des plus grands artistes de son temps (Picasso, Masson, Miró, Giacometti…). En histoire de l’art, j’ai une bonne connaissance de l’art moderne et contemporain. Lorsque je parle de l’Histoire grecque,  je parle de celle que je connais : l’histoire de l’antiquité, abordée à travers  l’étude des arts anciens. Par intérêt personnel, je me suis passionnée pour la peinture flamande. J’ai étudié la linguistique et la grammaire pour enseigner. Je suis formée à la lecture de l’image. Ce sont des compétences qui ont été acquises à force de travail et de ténacité, qui ont été reconnues par des diplômes, depuis un bac Mention Très Bien jusqu’à une thèse  décernée avec les Félicitations du jury. J’aurais aimé obtenir un emploi à la hauteur de mes capacités.

Je n’ai connu que le mépris et le chômage. J’ai enseigné en-dessous de mes compétences, harcelée par l’administration, calomniée par mes collègues. Les années de persécutions que j’ai endurées m’ont révoltée. Elles n’ont pas fait de moi pour autant un génie de la politique prêt à réécrire Le Capital. J’avais le cœur à gauche et j’aurais aimé, moi qui n’étais pas communiste, que les économistes et les politologues de ma génération me proposent un beau projet de redéfinition de la gauche et de son avenir auquel j’aurais souscrit. Je n’ai jamais rien vu venir.

Je reste et je continue à me considérer comme une spécialiste  de la poésie surréaliste française. Je ne comprends pas l’objet des haines dont je suis victime. Je peux comprendre qu’on ne m’aime pas. Je ne vois pas ce qui peut justifier les persécutions. Le refus de tout dialogue affiché par mes adversaires me conforte dans l’idée que les persécutions ne sont pas justifiées. Je n’ai aucun projet politique sous le coude.

En revanche ma détermination à réclamer Justice est intacte. Mes années de souffrance ont aiguisé mon regard sur les turpitudes de ma génération, de la précédente, de la suivante, et je n’ai pas l’intention de me taire pour ménager des susceptibilités. Ma maîtrise de la langue, du discours et de la rhétorique me permet de comprendre les comédies médiatiques, politiques, idéologiques qui se jouent autour de moi et je n’ai pas l’intention de me priver de dénoncer les dévoiements d’une démocratie qui n’accorde plus à tous les Droits humains qu’elle se flatte de défendre et de promouvoir, et qui sombre jour après jour un peu plus dans le populisme. J’associe ma voix à celle de tous les citoyens qui se découvrent les laissés pour compte d’une élite qui a confisqué la République à son profit. Mais je n’oublie pas le caractère très personnel, très particulier, du sort qui m’a été fait par les cyniques de la classe politique contemporaine, et je me bats pour qu’il soit reconnu. A ce titre, j’entends garder la totale maîtrise de mon propre discours.

La haine collective n’expurge pas les passions. La seule façon de préparer la paix, de la maintenir, de l’établir sur des fondements stables, c’est de travailler à la Justice sociale, et la Justice sociale ne divise pas, elle rassemble.

Documents : 1) Copie du seul échange qui a suivi la campagne (sporadique) de mailing de décembre 2013 (Voir l’article Vers une Lillisation de la société française ?, à la suite des commentaires). Je n’ai reçu qu’une seule réponse, de protestation. Ce qui est notable, c’est le changement de l’objet effectué par l’internaute. L’objet inscrit lors de l’envoi était  : « Harcèlement sans fin de l’Etat français », qui a été remplacé par « Propagande » pour la réponse. 2) Ce matin, je me suis rendue dans l’administration de mon blog avant toute visite, ce qui rend très perceptible le type de messages qui me sont transmis par le biais de l’administration du blog : la liste des articles, par ailleurs non lus, est édifiante ! Je vis ainsi dans un monde d’insinuations qui sont insupportables (Photographie de l’écran).

Seul échange lié au mailing de décembre 2013.

Seul échange lié au mailing de décembre 2013.

Dimanche 19.01.2014

Dimanche 19.01.2014

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