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Archive journalière du 14 déc 2013

Communication moderne

 

La Propagande politique par Jean-Louis Domenach

La Propagande politique par Jean-Louis Domenach

1)      Extase sur commande

La remise en activité d’Un Micro sous votre oreiller n’implique pas seulement l’écriture d’articles à mettre en ligne mais aussi la promotion du blog, une tâche éprouvante que j’ai reprise en charge là-aussi la mort dans l’âme. Depuis quelques temps, j’essaie de me rendre visible en plaçant  des commentaires à la suite d’articles de presse sur internet, avec des succès variables, qui m’ont amenée à une réflexion sur la communication moderne, une fois encore inspirée par ma lecture récente du petit livre de Jean-Marie Domenach sur La propagande politique (1).

Dans son chapitre sur « La Propagande de type hitlérien » (2), Jean-Marie Domenach explique comment des communicants peuvent tenter, en toute connaissance de cause, de faire de quelqu’un un automate. Il cite les études de Serge Tchakotine, réunies dans son ouvrage Le viol des foules par la propagande politique (3) pour expliquer que les comportements des personnes peuvent être induits par les réflexes conditionnels de Pavlov (le chien,  le morceau de sucre et le klaxon).  Surtout il explique comment les Nazis faisaient jouer l’alternance des compliments et des insultes pour prendre l’emprise sur les esprits qu’ils approchaient. Cette alternance du sucre et du fouet provoque une alternance dans l’excitation qui conduit, à la place de la simple inhibition, à un état psychique ambigu et instable que Pierre Janet a décrit dans son livre De l’Angoisse à l’extase (4). Il s’agit d’amener les personnes à une sortie hors de soi, ou extase, par la combinaison de la terreur et de l’exaltation. Les hommes deviennent alors des automates entre les mains d’Hitler.

Lorsque j’étais enseignante à Roubaix, au plus fort du harcèlement que bien sûr j’éprouvais avec dureté, une de mes collègues m’avait un jour comparée à cette image du film de Dreyer, Jeanne d’Arc (5), qui s’attarde en gros plan sur le visage extatique et couronné d’épines de la jeune femme attendant la mort. Ces petits manuels « Que sais-je » sont des mines de trucs à exploiter entre les mains de professeurs aux idées courtes, qui préfèrent la manipulation et la psychanalyse sauvage aux difficultés de leur fonction. Il ne faut pas s’étonner, lorsqu’on voit le corps enseignant se mettre à penser et à se conduire comme des Nazis, de ce que le niveau scolaire soit en dégringolade dans les établissements de l’Education nationale.

 

Hall d'entrée 12/12/13

Hall d’entrée 12/12/13

2)      Commentaires en ligne sous surveillance

Les commentaires en ligne font partie de cette épreuve de Sisyphe que  représente la promotion du blog, alors que je me heurte à des tentatives constantes de manipulation et intimidation.

Si  j’ai bien remarqué que les autres internautes, sur Yahoo, avaient la possibilité de placer en ligne plusieurs commentaires à quelques minutes d’intervalle, y compris sur le même article, il a fallu me rendre à l’évidence que la règle n’était pas la même pour moi. Lorsque je tente d’insérer un second commentaire quelques minutes après le premier, il se place bien en ligne, mais est avalé par la machine lorsque je me déconnecte de Yahoo… Il disparaît…

D’abord écœurée par la réalité des faits, j’ai appris peu à peu, à force de tâtonnements, à me repérer et à jongler avec les possibilités qui restaient entrouvertes. J’arrive à placer un commentaire à peu près toutes les demi-heures sur Yahoo, mais il est préférable de compter large. Placer trois ou quatre commentaires sur Yahoo prend ainsi au minimum deux heures, alors que j’en suis réduite aux cybercafés. Et en deux heures il peut se passer beaucoup de choses : l’article a été supprimé ou les commentaires ont été renouvelés et repartent à zéro, etc. Rien n’est stable !

Les journaux en ligne  m’ont fait comprendre de leur côté qu’il ne fallait pas trop insister. Il faut un compte, et parfois un abonnement que je refuse de prendre. Il y a un modérateur (ce que je ne conteste pas) mais alors le commentaire est parfois mis en ligne plusieurs heures après avoir été posté. Comme sur Yahoo, il n’y a aucune réactivité possible avec les autres internautes.

 

Hall d'entrée 13/12/13

Hall d’entrée 13/12/13

3)      Manipulation mentale et domestique

Toutes sortes de manipulations apparaissent avec la mise en ligne de commentaires que je ne peux pas toutes répertorier. Surtout elles sont souvent infimes et difficiles à évaluer, y compris pour moi. Il peut aussi y avoir une part de hasard, mais j’ai déjà fait l’expérience que les hasards qui se répètent trop sont sujets à caution (voir l’article Psychanalyse sauvage).

Je donnerai un exemple vécu cette semaine, alors que je prépare un énième départ. Outre une série de commentaires sur le thème de Sarkozy (que j’ai sauvegardés à la suite de l’article Contre-propagande sur le retour de Sarkozy), j’ai placé quelques commentaires sur Sud-Ouest aux pages Charente-Maritime et Saintes, la ville où j’ai passé mon enfance. Des dissidences se sont manifestées au sein du parti socialiste, et en particulier à Saintes où le maire socialiste Jean Rouger vient de s’allier avec la droite centriste. Je connais bien le Docteur Rouger, il était déjà élu à la municipalité lorsque j’étais adolescente. Il était aussi notre médecin de famille. Trente ans après avoir quitté Saintes, les mêmes têtes sont en place, les mêmes notables font régner la loi du silence, les mêmes citoyens s’égarent dans des considérations oiseuses sans avoir le courage de poser les vraies questions qui pourraient faire évoluer une situation dont pourtant ils se plaignent…

Sud-Ouest – Saintes  (Publié le 12/12/2013 à 06h00 | Mise à jour : 12/12/2013 à 07h47)

A Saintes, le Mouvement républicain et citoyen fustige le calcul du maire

Le Mouvement républicain et citoyens (MRC), qui devrait très probablement faire alliance avec la liste PS d’Isabelle Pichard-Chauché, a réagi à l’alliance surprise de Jean-Rouger, maire sortant socialiste, avec le centriste Jean-Philippe Ardouin, qui siège dans l’opposition municipale depuis 2008.

Le texte enchaîne : « Voilà jusqu’où peut mener la perte des repères : à force de ne plus voir clairement où ils sont sur l’échiquier politique – c’est-à-dire quels sont les fondamentaux de leur famille politique -, des élus deviennent capables d’alliances politiquement inconcevables. Où est, dans tout ceci, la conscience politique ?

clairseg
12/12/2013, à 12h07

La perte des repères au parti socialiste de Saintes date des années 1980 ! Quant au courage politique, j’attends toujours qu’il se manifeste… à commencer par la défense et le respect des droits humains élémentaires de tous ! Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller ou Comment mourir d’avoir grandi à Saintes sous une municipalité socialiste dans les années 1980…

clairseg
12/12/2013, à 20h53

Les Droits de L’Homme ne sont pas à l’honneur chez l’électeur saintais qui leur préfère le portefeuille… Une mauvaise posture, comme peut le laisser présager ceux qui prennent Nouvelle Donne pour la gauche de la gauche du Parti socialiste ! Mais mieux qu’un vaccin contre toute tentation (très improbable) de retour au pays ! Ce qui ne m’empêchera pas de continuer à me battre pour mes droits… Claire Seguin, Un Micro sous votre oreiller ou Comment mourir d’avoir grandi à Saintes sous une municipalité socialiste dans les années 1980…

Formidables ces commentaires : tout à coup, dans cette maison athénienne où je vis, et qui voudrait me renvoyer chez mon père, comme les réactionnaires phallocrates, misogynes et catholiques de la clique municipale de Martine Aubry-Brochen à Lille, la lumière s’est faite. Depuis des semaines je n’avais plus d’électricité ni dans l’entrée de l’immeuble, ni dans mon vestibule. Après le premier commentaire saintais, un bulbe s’est allumé ! Après le second, j’ai eu droit au deuxième ! Et quand, épuisée, vendredi matin, j’ai tout lâché pour prendre une journée de recul et de réflexion, le deuxième bulbe s’est à nouveau éteint…

 

Meuble de cuisine Athènes

Meuble de cuisine Athènes

4)      Des ronds de fumée sioux au gri-gri sorcier.

Le lecteur français cartésien va faire des bonds au plafond ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire de bulbes intermittents ! C’est une araignée qu’elle a au plafond !… Du calme ! Pour comprendre l’enfer dans lequel je suis plongée, il faut se débarrasser de ses idées reçues et réévaluer les éléments de la communication moderne sous ses véritables auspices.

Moi aussi j’ai d’abord cru à un faux contact. Je considère même que l’éventualité d’un faux contact reste possible… mais les probabilités s’amenuisent beaucoup. Je commence à être échaudée par ce que je vis depuis plusieurs mois. Quelques jours après mon arrivée dans l’appartement, en voulant réparer un vieux meuble de cuisine, pour m’en servir, je l’ai débarrassé, comme me l’avait suggéré la propriétaire, des carreaux de faïence qui le recouvraient et qui étaient simplement posés dessus. Quel graffiti se cachait là ! Une jeune femme à cornes, tenant à la main le livre d’Orwell (6), un sourire sardonique aux lèvres… Le dessin était récent. J’ai fait beaucoup de peinture et je connais la porosité des supports. Il paraît que l’appartement n’avait pas été occupé depuis cinq ans…

Début septembre je suis allée voir les propriétaires pour m’informer et pour demander des explications, sur plusieurs sujets qui ont très vite posé problème. C’est la fille, la trentaine, qui me sert de contact, jouant le rôle de traducteur entre l’anglais et le grec. Lorsque je lui ai parlé du graffiti, elle m’a demandé sur un ton supérieur et amusé (j’ai découvert après coup qu’elle était professeur – de danse) si le dessin me faisait « peur », comme si j’étais une gamine de douze ans ou une demeurée habitée par une pensée magique. Furieuse, je l’ai immédiatement recadrée et j’ai parlé sans ambages de harcèlement. Elle ne s’est pas démontée et m’a demandé avec le même ton supérieur et amusé si ce harcèlement dont je me plaignais ne risquerait pas de me rendre « crazy » (folle)…

 

Book of Orwell

Book of Orwell

5)      Législation… pour les boniments de la communication.

Il n’y a pas de liberté sur internet comme il n’y a pas de respect de la vie privée. Quant à la communication moderne, elle est si truquée, que toute législation paraît avoir perdu son sens. La loi du plus fort remplace peu à peu la démocratie. Ce n’est pas inéluctable mais il serait temps que les peuples réagissent…

Interceptions sur internet: Montebourg défend la loi de programmation militaire (Par AFP | AFP – il y a 16 heures)

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a affirmé jeudi que l’article de la Loi de programmation militaire autorisant les interceptions sur internet sous certaines conditions, était « valide sur le plan de la protection des droits individuels ».

ClairSeg  •  il y a 9 heures

Mais à quoi servent toutes ces lois tatillonnes ? La police se permet toutes les intrusions qu’elle souhaite dans la vie des citoyens, en dépit des lois protégeant la vie privée, et le citoyen qui porte plainte sur ce sujet est éconduit avec l’argument fabuleux que : « c’est impossible puisque c’est interdit ! » Claire Seguin Un Micro sous votre oreiller

Prison virtuelle mais effective :

J’ai mal aux dents. Je tousse. De l’eczéma a fait sa réapparition. Depuis quelques temps les repas préparés à la maison provoquent des diarrhées, qui disparaissent lorsque je prends mes repas à l’extérieur. Je suis épuisée. Quels pourraient être mes recours ?

Les atteintes aux droits humains fondamentaux sont toujours aussi insupportables… Comment faut-il le dire ?

Notes :

  1. Jean-Marie Domenach,  La propagande politique, Paris, PUF, collection « Que sais-je », n° 448, 1965 (Première édition 1950) (voir Manifeste et Contre-propagande sur l’adage « Le ridicule tue »).
  2. Ibid., fin du chapitre IV sur « La Propagande de type hitlérien », p. 33-43.
  3. Sergeï Stepanovitch Tchakhotin, sous le titre : Serge Tchakotine, Le viol des foules par la propagande politique, Paris, Gallimard, 1939.
  4. Pierre Janet, De l’Angoisse à l’extase. Les sentiments fondamentaux : études sur les croyances et les sentiments, Paris, F. Alcan, 1928.
  5. Carl Theodor Dreyer, La passion de Jeanne d’Arc,  1928, avec Renée Falconetti.
  6. George Orwell (1903-1950), 1984, publié en 1949. Très nombreuses éditions en toutes langues (voir Big Brother is watching me…).

Cet article a été mis en ligne en début d’après-midi. Je suis rentrée chez moi ensuite pour en établir les corrections, avec l’aide de mon ordinateur personnel, que je peux enfin allumer puisque l’article est publié. A 17h30, lorsque je suis repartie, il n’y avait plus de lumière du tout dans le hall d’entrée de l’immeuble…




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