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Archive journalière du 19 nov 2012

Révolte : « Animal Farm » made in France

Révolte :

The greedy Blackbird

A la fin, j’avais cru y arriver ! A obtenir une réponse de la justice ? Non. A trouver de l’aide pour poursuivre mon combat ? Encore moins. A convaincre mes lecteurs des atteintes à la vie privée dont je suis victime ?  Pas du tout. A indigner les humanistes avec la liste des droits humains essentiels qui me sont refusés ? Jamais. A stopper le harcèlement ? Hélas, rien n’a changé… Mais j’avais cru réussir à vendre mon appartement, dans des conditions à peu près normales, et à acheter ma liberté au prix de l’exil et de la misère à l’étranger.

C’était compter sans la surveillance policière, la délation des institutions, la guéguerre de la petite bourgeoisie socialiste et réactionnaire. Pendant plus d’un mois, la signature de la vente a été reportée sur des prétextes futiles, tandis que je me battais en vain pour obtenir de mon côté les documents « honnêtes » que certains de mes créanciers, plus empressés les uns que les autres à profiter de ma détresse, me refusaient. Les attaques et les trahisons ont redoublé. Mon père, averti de ma nouvelle fragilité et complice de mes adversaires, s’est remis à me harceler d’appels téléphoniques. Je me suis épuisée en démarches infructueuses. Tout ce qu’un être humain averti peut tenter pour défendre ses intérêts a été tenté. Mais j’ai été impuissante face à une bande organisée d’escrocs qui trouvent dans cette bonne ville de Lille corrompue jusqu’à l’ignominie,  comme de la part de la collectivité nationale, tous les appuis dont elle a besoin pour justifier l’injustifiable.

L’appartement est vendu. Je suis rincée. Et je reste sans défense face à un appareil d’Etat qui gouverne aussi bien le secteur privé que le secteur public. C’est ce qu’on appelle en France depuis quelques temps la « normalité ».

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Dénoncée par la gauche à la droite, par le service public au secteur privé, j’ai du mal aujourd’hui à distinguer ce qui oppose ces Janus. Des Sarkobry aux Sarkhollande, la même animosité les dresse contre moi et la même loi du silence les soude entre eux. Aucun contrepouvoir ne semble plus s’exercer en France. La justice protège les puissants au détriment du faible, la législation du service public connaît des interprétations élastiques selon la tête du citoyen et la presse est à la botte du pouvoir politique. Pendant cinq ans je me suis battue pour mes libertés fondamentales. Pendant plus de deux ans, j’ai tenu ce blog. Je n’ai même pas obtenu le droit de savoir quel était le crime dont je suis accusée, quelles accusations étaient portées contre moi, quelle culpabilité pouvait justifier ma mise à mort collective. Une « ordure » comme moi devrait le comprendre d’elle-même ! C’est pire que l’Inquisition ou que les procès staliniens.

« All animals are equal ».

« Tous les animaux sont égaux » (1).

La République française entendait pourtant lutter contre les privilèges de l’Ancien Régime et les prérogatives que s’octroyait une élite sociale au détriment du plus faible. C’est l’un des principes revendiqués par tous les combattants de la justice et du droit des humbles qui se sont opposés à l’arbitraire des nantis : ne pas reproduire les vices de leurs adversaires, ne pas se laisser gagner par la tentation du pouvoir.

Le début du XXème siècle, qui a souvent eu recours à la métaphore animalière pour représenter la comédie humaine, ne s’est pas privé de mettre en scène les bêtes de la ferme pour illustrer les rouages de la vie sociale. Cet imaginaire animalier a façonné les esprits de plusieurs générations consécutives, celle des « poilus », celle de leurs fils, dans la tradition française de la fable de La Fontaine. A-t-on fait lire à notre Greedy Blackbird le Chanteclerc d’Edmond Rostand (2) ? Connaissait-il ce coq de basse-cour au cœur généreux, retourné à la vie sauvage par amour pour une faisane, et trahi par un merle apprivoisé qui le dénonce au braconnier ? Ce goût de la vie rurale n’était pas l’exclusive de la France et a modelé d’autres imaginaires européens contemporains. George Orwell utilise le même schème lorsqu’il entend dénoncer les déviations du parti communiste et les procès staliniens : il imagine une communauté animale qui se libère de la servitude que lui impose le fermier Jones dans Animal Farm. Et parmi les premiers engagements qu’il fait prendre à ses animaux révoltés, il n’oublie pas de rappeler cette maxime de base : « Ne perdez pas de vue non plus que la lutte elle-même ne doit pas nous changer à la ressemblance de l’ennemi. Même après l’avoir vaincu, gardons-nous de ses vices » (3).

Oserai-je proposer la relecture de La Ferme des animaux à ce travailleur intellectuel salarié par la municipalité de Lille (un bibliothécaire !), et qui cultive son look libertaire, pour le dissuader de plus amples tentatives de manipulations psychologiques ? Profitant de l’un de mes passages éclairs à la bibliothèque municipale (où je ne mets plus les pieds que pour venir chercher et rapporter les documents dont j’ai besoin), ce monsieur trop souriant a tenu à me féliciter, avec un semestre de retard, pour l’enfarinage de François Hollande, en me conseillant de recommencer.

Je lui ai fait remarquer que je n’avais aucun monopole sur l’usage de la farine et qu’il pouvait prendre le relais, si l’activité lui paraissait attrayante. Il m’a répondu qu’il luttait de son côté « en interne » : je suppose que de temps en temps, lorsque son supérieur a le dos tourné, il lui renverse son café d’une adroite pichenette. C’est le genre de petites satisfactions qui doivent le combler. J’ai été outrée par ses arguments pour m’inciter à repasser à l’acte. Ils étaient tous marqués au sceau de la calomnie la plus insultante, dont il avait de toute évidence gobé les efflorescences sans la moindre trace d’esprit critique. On ne peut pas être contestataire et avaler la propagande adverse avec délectation. Mais cette propagande est-elle bien celle de la partie adverse ? A quel jeu de double face s’exerce-t-on ?

Pour ma part, je n’ai retiré aucune satisfaction personnelle à l’enfarinage de François Hollande, sinon dans la réussite de mon geste. Il s’agissait d’un acte de protestation à l’encontre du Parti socialiste et de ses hypocrisies, mais qui n’était pas dirigé contre l’homme. J’en attendais un débat, l’exposition du déni de justice dont je suis victime : je n’ai rien obtenu. Le silence de la presse comme celui des Français m’a humiliée. L’absence de tout débat d’idées m’a consternée. Je n’avais pas l’intention de jouer un rôle d’amuseur public pour gauchistes pantouflards. Je n’ai pas l’intention de recommencer.

Il n’est pas possible de contester l’ordre bourgeois établi et de participer à mon lynchage, même en prétendant poursuivre d’autres buts que ceux du Parti socialiste. Je n’ai pas d’amis politiques à ménager. Personne ne m’a demandé mon avis sur le rôle de bouc émissaire que l’on me fait jouer contre ma volonté et qui me scandalise. Je ne suis la marionnette consentante de personne : combien de fois faudra-t-il le répéter ?

Au moment du retard organisé autour de la vente de mon appartement, au mois de septembre 2012, lorsque mes projets de nouveau départ à l’étranger se sont fait connaître, la bibliothèque de Lille n’a pas trouvé mieux à faire que de participer à la manipulation générale qui devait me dissuader de quitter la France. J’ai appris tout à coup, en rendant des documents, que trois ouvrages que je n’avais jamais empruntés avaient été déposés sur mon compte : deux exemplaires de Paroles, de Jacques Prévert, et un tome de Raison et sentiments de Jane Austen, dont la portée « subliminale » m’a mise très en colère. Il a aussi fallu « gérer » le soi-disant problème informatique en retournant moi-même à la bibliothèque, alors que j’avais cent autres choses à faire à ce moment-là. Mon « pote » bibliothécaire s’est-il manifesté ? Pensez-donc ! Je n’ai pas besoin d’amis qui font l’autruche quand je suis dans la peine.

Le silence de la presse est similaire à la complicité de l’intelligentsia, de gauche par principe, mais collaborationniste dans les faits. Malgré le caractère spectaculaire de l’enfarinage de Monsieur Hollande, aucun secours n’est venu des journalistes non plus. J’avais espéré, puisque toutes les colorations politiques sont en théorie représentées, qu’une rivalité, une faille, permettrait peut-être à la vérité d’éclater. Il faut se rendre à l’évidence que l’unanimité s’est faite autour de la version officielle d’un trouble mental qui ne justifiait aucune contre-enquête pour évaluer la véracité de mes déclarations. Il n’y a pas eu un seul curieux. Autant dire que ma protestation était déjà connue de tout le monde. En revanche, des mois plus tard, lorsque j’ai publié l’article « Révolte : Exit le panier de crabes », qui a été suivi à Lille d’une violente campagne de diffamation, les articles calomniateurs publiés au moment de l’enfarinage ont refait surface (4).

Je ne mâcherai pas mes mots sur l’intelligentsia française dans ce dernier article. Les postures contestataires, libertaires, revendicatrices sont devenues des postures convenues qui masquent la pire des corruptions. Le mensonge s’est généralisé, le clientélisme d’Etat rivalise avec le clientélisme politique, le courage est inexistant. En ces temps de disette, les places de fonctionnaires s’échangent contre des « services » à tous les niveaux de la hiérarchie. Il n’y a qu’à voir ce qu’est devenu le quartier latin colonisé par les boutiques de luxe qui remplacent les librairies, fermant les unes après les autres, pour comprendre quelle a été la meilleure arme du capitalisme contre l’intelligentsia française, si à gauche après la seconde guerre mondiale.

Serge Halimi a publié, il y a quelques années déjà, un petit ouvrage remarquable sur la presse qui a été actualisé en 2005, Les Nouveaux chiens de garde, dans lequel il dénonçait la collusion des journalistes et du pouvoir politique (5). Le titre de son livre faisait référence à celui de Paul Nizan, Les Chiens de garde, publié en 1932 (6). Ce normalien, « calomnié depuis sa mort par un parti communiste qui se vengeait avec d’autant plus de hargne de ceux qui l’avaient quitté que nombreux encore étaient ceux qui le rejoignaient » (7), y lançait une diatribe contre les philosophes des années 1930 qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, se seraient mis au service de la bourgeoisie et auraient donné leur démission du combat qui aurait dû être le leur auprès du peuple pour le défendre. Il dénonçait alors la gauche qui fait honte à la gauche dans un contexte historique délétère : « Une guerre qu’on panthéonise, la crise qui gronde, les colonies qu’on pressure, les vieillards qui gouvernent, une université qui s’anémie, la gauche qui fait honte : voilà à quoi ressemble la France de Paul Nizan quand il revient d’Aden avec l’intention d’en découdre », écrit Serge Halimi dans la préface qu’il a rédigée pour l’ouvrage en 1998 (8). Il est dommage que Serge Halimi découvre une analogie entre Nizan et Céline : la comparaison est mal venue ! En revanche, lorsqu’il rend la parole à Nizan, les propos du philosophe marxiste font toujours mouche trois générations plus tard : « Que font les penseurs de métier au milieu de ses ébranlements ? Ils gardent encore leur silence. Ils n’avertissent pas. Ils ne dénoncent pas » (9).

On aura compris que Serge Halimi entend établir un parallèle entre les années 1930 et les années actuelles, entre la posture des philosophes universitaires de Nizan et celle de ses collègues journalistes. Il confie à Christine Ockrent le soin de décrire l’état d’esprit de l’intelligentsia française en citant les paroles de sa consœur : « Je vais découvrir la puissance à Paris de toutes sortes de réseaux, qui au mépris des faits, de l’honneur et au mieux de leurs intérêts, décident des mises à mort comme des modes de pensée […]. Hors des clans, des clientèles, hors des sociétés d’admiration mutuelle et des renvois d’ascenseur, point de salut, encore moins de confort » écrit-elle dans La Mémoire du cœur (10). Serge Halimi confirme que « La confraternité, qui offre bien des avantages, impose aussi quelques exigences. Car aller dans les médias, c’est se taire sur les médias ou ne dire sur eux que ce qu’ils consentent à entendre. La règle, qui vaut pour les journalistes multicartes, s’applique aussi aux intellectuels et aux universitaires — y compris quand ils se disent contestataires mais qu’ils ont un livre à vendre » (11).

Ce n’est pas sans intérêt que j’ai découvert que l’un des sujets tabous sur lequel le silence de la presse était requis s’avérait être le cinéma. Ma propre vie jetée en pâture à quelques cinéastes malhonnêtes et asservis à la propagande capitaliste, sans possibilité de défense, m’a rendue très attentive à ce genre d’information, même fournie de façon incidente. Serge Halimi explique dans Les Nouveaux chiens de garde quelles concessions Karl Zéro accordait à son patron : « Dès 1998, interrogé sur la « liberté de ton » qu’il conserverait après le prise en main de Canal Plus par le groupe de Jean-Marie Messier, l’animateur Karl Zéro expliqua avec une louable franchise : « L’accord de départ, avec Pierre Lescure [alors PDG de Canal Plus] et Alain de Greef [alors directeur des programmes], spécifiait bien qu’il y avait trois sujets sur lesquels on ne pouvait pas enquêter : le football, le cinéma, la CGE [ex-Vivendi]. Cela dit, ces interdits ne me posent pas de problème. Je trouve normal qu’un diffuseur ait ses exigences » (12).

Les grandes compagnies de cinéma, comme la presse, comme tous les médias, sont des organes de propagande au service des forces économiques, auxquelles elles sont « pieds et poings » liées en raison même des coûts de plus en plus extravagants de la production. Leurs silences comme leurs enthousiasmes programmés sont destinés à formater les imaginaires et induire des comportements opportuns. Elles se conduisent en réalité de façon très similaire à celle des journaux et des émissions télévisuelles de divertissement qui sont financés par les grands groupes de presse. Parmi ces multiples modes de propagande, et grâce à son apparente indépendance, à son illusoire désintéressement, le cinéma joue un peu le rôle d’une cinquième colonne de l’Amérique capitaliste.

Serge Halimi dénonce avec âpreté les silences, les complicités, les renvois d’ascenseur des journalistes qui imposent leur vision du monde au détriment de la vérité. Il brocarde aussi les mensonges ou les compliments emphatiques et ridicules, que l’on peut glaner dans les articles promotionnels publiés en France par les journalistes qui entendent favoriser dans leurs colonnes la coterie à laquelle ils appartiennent. Il cite parmi d’autres « Peyrefitte » réinventant l’univers avec un cerveau évoquant ceux de « Beethoven ou d’Einstein », « Giesbert » venant d’écrire « le roman dont rêvait sans doute Spinoza » ou « Jean Daniel » faisant penser à « Monteverdi » (!): « Un responsable de journal qui laisse publier de telles calembredaines dans sa rubrique consacrée aux essais politiques ne respectera pas davantage la vérité dans les autres pages », prédit-il (13).

Cette quête de la vérité, qui devrait être celle de tout journaliste passionné, en dépit de sa raréfaction, semble toujours être le Graal de Serge Halimi. Mais j’ai bien peur que sa combativité se soit émoussée lorsqu’il conclut son ouvrage par la formule : « face à ce que Paul Nizan appelait « les concepts dociles que rangent les caissiers soigneux de la pensée bourgeoise », la lucidité est une forme de résistance » (14). La lucidité est une condition sine qua non de la résistance, mais elle n’est pas à elle seule une forme de résistance. Elle peut même sonner le glas de l’honnêteté, du sens de l’honneur, du désintéressement, si elle se double d’une démission de la combativité, d’un refus de s’impliquer, d’une acceptation du silence complice. La lucidité sans désir d’en découdre ne peut conduire qu’au cynisme.

Serge Halimi fait partie des premiers journalistes que j’ai contactés au commencement de mon propre combat. Comme tous les autres, il m’a opposé des portes fermées.

« All animals are equal

but some animals are more equal than others ».

« Tous les animaux sont égaux

Mais certains sont plus égaux que d’autres » (15).

L’avènement de la République française grâce à la Révolution de 1789 avait des ambitions de justice sociale dont les Français ont gardé le souvenir mais dont l’acuité s’est édulcorée tandis que s’imposait une nouvelle aristocratie d’Etat (d’ailleurs pas toujours si nouvelle !). Je ne peux que renvoyer à la citation de Paul Nizan que j’ai proposée à mes lecteurs dans mon article « Révolte : Seule au front » et dans laquelle il déplore que les bourgeois révolutionnaires passés du camp des opprimés à celui des oppresseurs finissent par prendre le parti des « classes dirigeantes » : les contestataires, lorsqu’ils accèdent à un statut officiel, s’arrogent d’abord le droit de parler au nom des opprimés, avant d’imposer par la force celui de penser à leur place. C’est aux restrictions qui apparaissent alors dans la liberté de parler de tous, avant même qu’on ne soit en mesure de déceler les mensonges et les roueries des dominants, que se manifeste la prise de pouvoir de ceux qui tentent de jouer sur les deux facettes de la société.

L’Education nationale, qui se prétend si à gauche, fait partie de ces Janus contre lesquels je me bats. J’y ai expérimenté cette restriction subtile du droit de parole de certains qui trahit toutes les hypocrisies en germe dans un corps d’Etat sclérosé. Le discours dominant, tant de la part de l’administration que des syndicats, semble autant destiné à masquer la défaite des ambitions qu’à imposer les valeurs d’une administration publique qui auraient pu revendiquer la profession de foi des animaux d’Animal Farm : « Mais surtout, jamais un animal n’en tyrannisera un autre. Faibles ou forts, intelligents ou simplets, nous sommes tous frères. Nul animal jamais ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux » (16). La réalité du terrain impose de constater que certains, dans les faits, sont plus égaux que d’autres, et que cette fraternité est illusoire.

A titre d’exemple, un article de Gilles Balbastre sur l’évolution de l’Education nationale, « Feu sur les enseignants », paru à la une du Monde diplomatique en octobre 2010 (17), a retenu toute mon attention. Le documentariste enquête sur la nouvelle « révolution » que constituait en 2010 le « programme Clair (Collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) ». Cette énième réforme de l’Education nationale affirmait sa « volonté d’imiter le modèle de relations sociales du secteur privé, en transformant chaque établissement en petite entreprise autonome » : « Encore expérimental et restreint à une centaine d’établissements « concentrant le plus de difficultés en matière de climat scolaire et de violence (Bulletin officiel, juillet 2010) », ce dispositif donn[ait] la possibilité aux chefs d’établissement de « recruter les professeurs sur profil (Luc Chatel) ». L’auteur dénonçait la création d’une « hiérarchie intermédiaire » dans le « corps des enseignants, jusqu’à présent relativement égalitaire » et la marchandisation de l’éducation.

Si le « Programme Clair » est postérieur à ma démission de l’Education nationale, celui-ci a été préparé par une première expérience similaire dont j’ai été le témoin lors de ma dernière année d’enseignement : les « professeurs référents », qui se sont glissés, dit Gilles Balbastre, entre les directions et les équipes pédagogiques pour servir de « courroies de transmission » aux directives ministérielles.  Ce souvenir cuisant m’a permis d’apprécier à sa juste valeur l’article de Gilles Balbastre, qui, pour illustrer ses propos, cite le commentaire d’une professeure en poste à Roubaix, Hélène D. sur les fameux « professeurs référents » : « Jusqu’alors, « l’idée générale, chez les profs, c’est une égalité de fait : je respecte tes cours car tu respectes le miens, observe Mme Hélène D., professeure de lettres modernes à Roubaix. On fait le même boulot, avec le même nombre d’heures, les mêmes conditions de travail. Ce genre de profs, avec un statut différent, avec une présence moindre devant les élèves, avec un rapport particulier à la hiérarchie, a amené une certaine division dans les salles de profs. Ce qui peut être préjudiciable, car, dans ces collèges, nous avons avant tout besoin de solidarité » (18).

Hélène D. n’est pas une inconnue. Lorsque je suis arrivée au collège Albert Samain de Roubaix, c’est la première collègue enseignante en Lettres Modernes qui se soit montrée accueillante avec moi et qui m’ait proposé des préparations de cours en commun : « Ô Claire, j’aimerais tant travailler avec toi ! »  Méfiante d’emblée envers toutes ces sollicitations professionnelles, toujours présentées de façon amicale, mais dont les arrière-pensées sont parfois difficiles à appréhender lorsqu’on arrive à l’improviste dans un établissement, je me suis pourtant laissée amadouer, jusqu’à ce que je découvre sa première duperie.

Un après-midi où nous devions travailler en commun, avec une troisième comparse, je me suis proposé de passer la prendre devant chez elle, en voiture, plutôt que de l’attraper à la volée Place des Postes, comme elle me le demandait. Ma suggestion était sans arrière-pensée aucune : c’était juste beaucoup plus simple, pour moi qui connaissais mal la ville où je venais de m’installer, qu’un rendez-vous improbable sur une place trop passante et où il est d’ailleurs interdit de se garer. Je me revois encore devant la maison où je m’étais arrêtée. Descendue de voiture, j’ai refait un pas en arrière avant de sonner à la porte.  J’étais bien dans la bonne rue. J’étais bien au numéro 15. Mais le nom sur la sonnette était « Balbastre ». Quel nouvel hasard extraordinaire ! (19) Ayant gardé son nom de jeune fille comme nom d’usage, elle avait négligé de me dire qu’elle était… l’épouse de Gilles Balbastre. Je connaissais Gilles Balbastre, un bordelais, pour l’avoir rencontré à Amiens dans des réunions politiques. Mais je le connaissais en tant que journaliste. Je ne savais rien de sa vie privée. Malgré ma méfiance, malgré les querelles amiénoises et le harcèlement dont j’avais souffert en Picardie, j’ai pourtant accepté de faire confiance.

C’était une confiance mal placée. Sa camaraderie apparente ne s’est jamais démentie. Je me souviens encore aujourd’hui, parmi les quelques confidences amicales qu’elle m’ait faites, et non sans ironie, car nous nous voyions souvent, qu’elle m’avait avoué avec un sourire que l’hypocrisie était une condition de survie du syndicaliste. Elle était elle-même la représentante du SNES, le principal syndicat enseignant, auquel j’avais adhéré par fidélité familiale lors de ma première année d’enseignement, avant de me rétracter. Elle parlait fort à la salle des professeurs et était une fervente partisane des valeurs de gauche du service public ! Jusqu’à ce que je découvre, après plusieurs mois de compagnonnage, qu’elle était entrée dans l’Education nationale deux ou trois ans…après moi ! Une vraie spécialiste du service public : elle en avait longtemps rêvé ! Il va sans dire que sa solidarité de professeure était de la même eau que ce qu’en annonçaient toutes ses cachotteries.

A la fin de ma première année d’enseignement à Roubaix, tumultueuse (malgré une modestie tenace, je n’étais pas dupe au point de ne pas comprendre que mes collègues m’avaient mis des bâtons dans les roues…), mes collègues de français, dont faisait partie Hélène, ont profité d’une journée d’absence pour me refiler l’année suivante toutes les classes qui devaient travailler avec les futurs « professeurs référents » annoncés par l’administration, sans me demander mon avis, bien entendu, sur le « cadeau » qu’ils me faisaient. A la rentrée, humiliée par la « crasse » qu’ils m’avaient faite, j’ai essayé de négocier seule avec mes jeunes collègues « professeurs référents » un statu quo qui me permettrait de passer une année à moindre mal. Il a fallu très vite déterrer la hache de guerre. Ces jeunes gourdes de vingt ans, fraîches émoulues de leur année de stage, qui n’avaient aucune réelle expérience professionnelle, dont la culture littéraire arrivait à peu près à la cheville de la mienne, et dont l’arrivisme s’affichait sans vergogne, entendaient me donner des conseils pédagogiques (!) et s’immiscer dans mes classes (!), faisant jouer l’autorité du principal lorsque je me montrais trop réticente (une honte !). Je me suis mise très en colère.

A partir du moment où j’ai été en conflit avec mes collègues « professeurs référents », toute l’équipe pédagogique d’Albert Samain s’est acoquinée avec les deux demoiselles, à commencer par mes collègues de français, s’invitant les uns et les autres dans les classes, et partageant de touchantes émotions professionnelles.

Le respect de mes propres cours dont se vante Hélène ? Aucun. Une certaine division à la salle des professeurs provoquée par l’intrusion des « professeurs référents » ? Je ne l’ai pas perçue. Une solidarité menacée ? Elle a été complète au contraire, tant au sein de l’équipe pédagogique, qu’avec les « professeurs référents » et la hiérarchie : contre moi. Je ne suis pas surprise que la phase 2 du premier « Programme Claire » ait été rebaptisé « Programme Clair » : l’administration aurait eu tord de se priver de l’impact d’un si bon début. Quant à Hélène, dont j’ai pu percevoir a posteriori toute l’ampleur de la collaboration avec sa direction, elle ne pouvait pas rendre un meilleur service à ses ministres de tutelle, Gilles de Robien, le maire d’Amiens, jusqu’en mai 2007, puis Xavier Darcos, cet ancien professeur de khâgne qui m’avait enseigné la littérature au lycée Michel Montaigne de Bordeaux, qu’en simulant la camaraderie.

Cécile P., citée quelques lignes plus loin par Gilles Balbastre, n’est pas non plus une inconnue : elle était professeure d’anglais dans le même collège de Roubaix, aujourd’hui en poste sur Lille, et amie d’Hélène, dont elle est presqu’une voisine, toujours près de la Porte des Postes, un quartier populaire au sud de Lille. Ils ont dû se réunir tous ensemble avec quelques copains du SNES un mercredi après-midi pour écrire leur article autour d’une tasse de café.

Au moment de la campagne de Martine Aubry pour la primaire socialiste, j’avais distribué mes « petits papiers » devant la gare Saint-Sauveur le jour où la maire de Lille annonçait dans son fief sa candidature. Un groupe d’enseignants d’un collège de Lille était venu manifester pour protester contre la suppression de postes d’éducateurs par leur ministère et solliciter le soutien du parti socialiste. Parmi ceux-ci, se trouvait Cécile P. qui a trouvé judicieux de m’accoster, le regard mouillé et le sourire mielleux, pour me tendre le tract qu’elle distribuait de son côté, comme si nous pouvions être solidaires. C’était pire qu’un affront. Une véritable insulte. Et à ma stupeur, lorsque je me suis dérobée à son geste en protestant, je l’ai vue feindre tout à coup, devant ses collègues, de ne pas connaître Claire Seguin, de ne pas savoir ce qu’était mon blog « Un micro sous votre oreiller » ! Cécile P., l’amie des Balbastre ! L’ancienne collègue de Samain, à Roubaix ! Je ne comprends pas à quel jeu ils jouent.

La teneur générale de l’article de Gilles Balbastre ne soulève pas chez moi de critique majeure. Sa dénonciation de la marchandisation de l’Education nationale est un peu convenue, et s’inscrit dans  un courant d’idées qui datent déjà d’une bonne quinzaine d’années, mais qui restent plus que jamais pertinentes. Hélas, il ne suffit pas d’aborder un problème dans la presse pour le régler. Ce qui le rend risible, c’est qu’il soit écrit… par Gilles Balbastre, et qu’il y fasse intervenir son épouse et des « potes » du SNES, dont on comprend bien que le discours n’est jamais contrebalancé par un autre point de vue que le leur, formel, et peu conforme à leur propre attitude sur le terrain. Ils font partie de ces gens qui parlent fort dans les salles des professeurs, et de préférence à la place de leurs collègues, surtout si une voix discordante ose s’affirmer en porte-à-faux avec la ligne générale de leur propre discours, mais dont les effets d’annonce sont contredits par la réalité des faits. De quoi donner en effet à certains collègues l’envie de faire « le dos rond », de se comporter « en ventre mou » (20).

Je me demande qui est le responsable du Monde diplomatique pour laisser passer un article pareil ? Ces messieurs ont-ils un livre ou un film à vendre (21)? Suis-je trop dure avec des journalistes qui ne se privent pourtant pas d’avoir la dent dure ? Il faut avoir lu Le Plan B, dirigé par Gilles Balbastre, un torchon maculé d’invectives, digne de Je suis partout, où l’on n’apprend rien, sinon que certains journalistes célèbres gagnent plus d’argent que Gilles Balbastre, un secret de polichinelle, pour apprécier la modération dans mes propres propos. Ce sont des gens dont je me suis crue proche et qui m’inspirent aujourd’hui de l’horreur. Il paraît qu’ils ont des « valeurs » : livrer sa sœur à un lynchage collectif, après s’être comporté vis-à-vis d’elle, le temps d’une vie, avec la plus monstrueuse duplicité ; collaborer à des années de torture morale sans jamais se remettre en cause, et continuer à rire ; ériger l’hypocrisie et le cynisme en vertus cardinales… Autant de « valeurs » que je n’ai pas envie de partager avec eux ! Ce qui est terrible avec les esprits corrompus, c’est qu’ils prennent leur cynisme pour de l’intelligence, et la générosité de ceux qu’ils côtoient pour de la bêtise.

Soyons généreuse une fois encore : pour ce qui est de se comporter « en ventre mou », n’est-ce pas ce qu’ont fait Hélène et Gilles Balbastre ? Même lorsque la confiance s’est envolée, j’ai espéré de leur part un sursaut, attendu une prise de conscience, la possibilité d’un dialogue. Hélène fait aussi partie des personnes que j’ai contactées de Toronto. A tort. Et sans aucune réponse de sa part, même après mon retour à Lille. Je n’oublie pas un sourire dans lequel j’ai vu toute la noirceur de l’âme humaine.

Aucun syndrome de Stockholm.

« No question, now, what had happened

to the faces of the pigs. The creatures outside

looked from pig to man, and from man to pig,

and from pig to man again;

but already it was impossible to say which was which ».

« Il n’y avait plus maintenant à se faire de questions

sur les traits altérés des cochons. Dehors, les yeux des animaux

allaient du cochon à l’homme et de l’homme au cochon,

et de nouveau du cochon à l’homme ;

mais déjà il était impossible de distinguer l’un de l’autre » (22).

Bien plus qu’avec les « cabris du « oui » » (23), et s’il fallait filer la métaphore caprine, je me trouverais plutôt des similitudes avec Muriel (Edmée), la petite chèvre d’Animal Farm. Presque seule à être capable d’apprendre à lire parmi les animaux de la ferme, sans chercher pourtant à tirer parti de ses capacités ni à faire alliance avec les cochons et les chiens au détriment des autres animaux, elle met son savoir au service de la communauté. Toujours disponible pour lire aux autres animaux les Sept commandements écrits sur un mur de la grange, ou de vieux journaux trouvés dans la ferme, elle pourrait aider ses compagnons à comprendre l’évolution des cochons. Mais les autres animaux sont incapables de tirer parti de ce qu’elle leur lit, même lorsque le mystère des Sept commandements, trafiqués par Squealer (Brille-Babil), est révélé une nuit par un incident (24).

Après plus de deux années passées à rédiger ce blog, et à tenter de convaincre des interlocuteurs potentiels d’entamer un dialogue avec moi, j’ai parfois l’impression d’être aussi inefficace que Muriel. Pourtant, à la relecture de certains articles, je ne peux m’empêcher de constater que mes analyses ne manquaient pas toutes de perspicacité et que les avancées de mon enquête sont souvent venues confirmer plutôt que réfuter les premières idées que j’avais avancées. Un billet d’humeur comme celui rédigé après mes « Vendanges dans le Beaujolais » a vu ses intuitions confortées jusqu’au bout. On pourrait même souligner une parenté entre les idées tordues de notre jeune communiste catholique et l’influence de l’Eglise sur la communauté d’Animal Farm, que symbolise le personnage de Moïse, le corbeau apprivoisé de Jones. D’abord acharnés à « réfuter les mensonges colportés par Moïse », les cochons commencent par chasser le sombre volatile, qui est présenté comme « un espion et un rapporteur », bien qu’il ait eu « la langue bien pendue » (25). Mais lorsqu’ils prennent le pouvoir sur les autres animaux, ils admettent à nouveau sa présence dans la ferme : « Au cœur de l’été, le corbeau Moïse refit soudain apparition après des années d’absence. Et c’était toujours le même oiseau : n’en fichant pas une rame, et chantant les louanges de la Montagne de Sucrecandi… » (26).

L’alliance de la carpe et du lapin, ou la combinaison de visions du monde aussi opposées que celle des idées socialistes et celle du catholicisme, permet aux dominants de brouiller les concepts et d’influer sur les « valeurs » revendiquées, peu à peu perverties. Que l’on soit croyant et de gauche, cela ne me semble pas incompatible. Mais on ne peut pas à la fois se revendiquer de Jaurès et servir la messe le dimanche en tant que diacre, prétendre défendre des idées de gauche et s’inscrire dans la hiérarchie catholique, révérer la mitre de son évêque… à moins d’être schizophrène. C’est ainsi que l’on passe des idées révolutionnaires de gauche à un socialisme plus tempéré (et qui se prétend plus tolérant) pour aboutir au socialisme nordiste, le plus dénaturé et le plus pervers de tous. The greedy Blackbird me semble la figure même de l’intellectuel machiavélique qui a favorisé ce type de perversion pour dénaturer les idées qu’il prétendait défendre.

Le besoin pour l’Education nationale, publique et laïque, de se trouver un bouc émissaire sur lequel déverser ses frustrations est symptomatique de ces mêmes hypocrisies qui ont pris à mon égard un caractère compulsif. Plutôt que d’admettre que ses idéaux sont trahis et de mener de véritables combats, le corps enseignant préfère s’inventer un faux ennemi, se flatter de mensonges, se livrer à un lynchage silencieux. Plutôt que de se remettre en cause, il préfère livrer à la société civile une victime expiatoire. Et quitte à avoir recours à la calomnie, le corps enseignant se cherche aussi des excuses (inacceptables) pour justifier les intrusions dans ma vie privée qu’il s’est permis et dont il s’est repu.

Si mes adversaires se contentaient de me détester, le mal serait moindre. Mais hélas, après m’avoir déclarée infréquentable, ils s’empressent de venir me jouer un monstrueux numéro de séduction. Ils s’ennuient avec leur conjoint, leur métier les assomme, la compagnie de leurs amis ne leur procure aucun divertissement, leurs enfants les déçoivent, le spectacle du monde les laisse indifférents. La fréquentation de Claire Seguin, personnage imaginaire sur lequel ils se donnent les moyens de cristalliser tous leurs fantasmes et toutes leurs frustrations les plus inavouables, leur offre un formidable sujet de conversation… et un extraordinaire objet de compensation. Il n’y a pas de pire solitude que celle qui doit se défendre de constantes sollicitations, toutes plus malsaines, plus malveillantes et plus intéressées les unes que les autres.

Tenter de se convaincre, comme semble le faire la gauche, qu’une telle perversion peut conduire à un soulagement durable des souffrances, ou même, par contrecoup, à un sursaut idéologique qui viendrait rétablir les perspectives saines qui avaient séduit à l’origine des engagements, c’est se leurrer une seconde fois. Seule la vérité peut jouer un rôle salvateur, et elle n’est pas conciliable avec le silence. Lorsque je me suis adressée aux membres du Festival de Cannes (11-22 mai 2011), pour réclamer qu’aucun film dont le scénario serait basé sur des atteintes à la vie privée puisse être récompensé, personne ne m’a répondu. Mais je n’ai pas manqué de remarquer que cette année-là, le film qui a remporté la palme, que je n’ai pas vu et sur lequel je me garderai de tout commentaire, était cependant américain et que son succès a été accueilli par la presse française de droite avec l’exclamation maurrassienne « La divine surprise », dont la résurgence est un peu trop fréquente ces dernières années (27). La victoire de la réaction était complète. Et je n’ai entendu aucune voix pour s’en émouvoir.

Je me ferais un plaisir, pour ma part, de laisser quelques-uns de mes premiers cheveux blancs dans la soupe capitaliste que réclame l’intelligentsia française.

Quelle guerre faudra-t-il déclarer pour que s’ouvrent les portes de la liberté ?

Notes :

1. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (publié en 1945 par Martin Secker & Warburg, London), traduit de l’anglais par Jean Quéval (1981), préface et notes par Yann Yvinec (1994), Coll. Folio Bilingue, Ed. Gallimard, Paris, 1994, p. 62-63.

2. Edmond Rostand, Chanteclerc, in Œuvres complètes illustrées, Pierre Lafitte, Paris, 1910. Voir extrait inséré ci-dessous.

3. George Orwell, op. cit., p. 36-37 : « And remember also that in fighting against Man, we must not come to resemble him. Even when you have conquered him, do not adopt his vices ».

4. La campagne de diffamation qui a suivi la mise en ligne de « Révolte : Exit le panier de crabes » s’est exprimée en particulier à travers la réapparition d’articles publiés sur le site de l’école lilloise de journalisme, Esj-Lille, et de Rue 89 (journal en ligne affilié au Nouvel Observateur, d’obédience socialiste), proposant chacun à leurs lecteurs une interview calomniatrice et mensongère du jeune homme que j’avais mis en cause dans ce blog sous le nom du « principal suspect », au moment du cambriolage dont j’ai été victime, pour me délester de mes dossiers d’enquête.

5. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, nouvelle édition actualisée et augmentée, Ed. Raisons d’agir, Paris, 2005. La première édition date de 1997.

6. Paul Nizan, Les Chiens de garde, Rieder, Paris, 1932. Ce texte a été réédité en 1960 par François Maspero à La Découverte, à Paris, et en 1998 par les Editions Agone, à Marseille.

7. Préface de Serge Halimi à l’ouvrage de Paul Nizan, Les Chiens de garde (1932), réédité aux Ed. Agone, Marseille, 1998, p. 5.

8. Ibid. p. 8.

9. Ibid. p. 14.

10. Christine Ockrent, La Mémoire du cœur, Fayard, Paris, 1997, p. 230 (citée par Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 141).

11. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 115.

12. Ibid. p. 65.

13. Ibid. p. 127-128.

14. Ibid. p. 145.

15. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 258-259.

16 : Ibid. p. 36-37 : « And, above all, no animal must ever tyrannize over his own kind. Weak or strong, clever or simple, we are all brothers. No animal must ever kill any other animal. All animals are equal ».

17. Gilles Balbastre, « Feu sur les enseignants », in Le Monde diplomatique, n° 679, 57e année, octobre 2010, p. 1 & 20-21. Article reproduit ci-dessous dans son intégralité.

18. Ibid.

19. Sur la notion de « Hasard », voir l’article Psychanalyse sauvage du 5 avril 2011.

20. Gilles Balbastre, op. cit..

21. Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Les Nouveaux chiens de garde, film documentaire sorti sur les écrans le 11 janvier 2012, libre adaptation au cinéma de l’essai de Serge Halimi.

22. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 270-271.

23. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 41 et sq..

24. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 212-213 (pour les curieux).

25. Ibid. p. 48-49 : « The pigs had an even harder struggle to counteract the lies put about by Moses, the tame raven. Moses, who was Mr. Jones’s especial pet, was a spy and a tale-bearer, but he was also a clever talker ».

26. Ibid. p. 226-227 : « In the middle of the summer Moses the raven suddenly reappeared on the farm, after an absence of several years. He was quite unchanged, still did no work, and talked in the same strain as ever about Sugarcandy Mountain ».

27. « La divine surprise » : Charles Maurras se félicite en ces termes, dans le journal Action française, de l’arrivée du Maréchal Pétain au pouvoir en 1940. Homme d’extrême droite, Charles Maurras était favorable à une monarchie traditionnelle héréditaire antiparlementaire et décentralisée. Il a donné une dimension nationaliste à l’idée de Révolution qui était auparavant l’apanage de la gauche. Voir le document « Palmarès et Presse » inséré dans l’article Festival de Cannes (11-22 mai 2011).

Cliquer sur les documents pour les lire.

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Le Monde diplomatique-1.

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Le Monde diplomatique-2.

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Le Monde diplomatique-3.

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Chantecler, Rostand-1.

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Chantecler, Rostand-2.




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