Fin de printemps

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Printemps à Fives.

Le parti pris d’avoir recours à une hospitalisation abusive comme réponse à l’enfarinage de François Hollande a permis d’éluder tout dialogue, de disqualifier mon propre discours, mais aussi de m’empêcher de répondre aux attaques dont je n’ai pas manqué de faire l’objet, comme de nouer des relations avec des personnes qui auraient pu m’épauler. Pendant plus d’un mois, je n’ai eu aucun accès à internet, et les quelques heures de permission que j’ai eues début mars ont tout juste suffi à mettre en ligne un article. Lorsque je suis sortie de l’hôpital le 15 mars, sans un sou vaillant, parce que mes indemnités journalières de la sécurité sociale ne m’avaient pas été payées (et elles ne l’ont toujours pas été), il m’a été impossible de fréquenter les cybercafés. Je viens tout juste de finir de lire les quelques 800 messages que j’ai reçus et de tenter de répondre à certains. Le moins que je puisse dire, c’est que la détente a été longue — et préjudiciable dans le monde numérique contemporain, qui nous gouverne sous le signe de l’immédiateté.

Tandis que je vivais mon dernier printemps à Fives, que j’ai finalement quitté pour me réinstaller dans mon appartement à vendre, à Cormontaigne (voir l’article L’épreuve de la liberté), François Hollande a été élu Président de la République. Certains de mes lecteurs se demandent ce que je vais faire dans un tel cas de figure. En vérité, je ne le sais pas encore moi-même. L’urgence depuis le mois de mars a été de reprendre en main mes affaires personnelles, négligées depuis que j’avais lancé la série de protestations. Mais il va falloir coûte que coûte assainir mon environnement social si je veux tourner la page et relancer un projet de vie. Pour l’instant, et malgré le calme actuel, je suis convaincue que rien n’a changé. Autant dire que l’enfarinage de François Hollande n’est pas dépassé. Le message que j’avais à transmettre est toujours d’actualité.

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Premières jonquilles pour ma libération, le 15 mars 2012.

Le journal Sud-Ouest, implanté en Aquitaine, ma région d’origine, m’a accordé un article, paru le 19 mai 2012, au moment de l’élection présidentielle. Le papier, neutre, mais assez bienveillant, m’a pourtant valu à nouveau des commentaires agressifs en ligne. J’ai pris le parti, puisque j’en avais l’occasion cette fois, d’y répondre aussitôt et de me défendre en particulier contre les accusations de paranoïa. À une jeune femme qui prétendait établir son diagnostic sur le fait que je me reconnaissais dans des films, j’ai ainsi rappelé que ce n’était pas moi qui m’étais reconnue dans les films cités mais que c’étaient mes collègues, dans l’Éducation Nationale, qui avaient multiplié les insinuations sous-entendant qu’il s’agissait de moi, et que cela faisait partie du harcèlement que j’avais eu à subir pendant des années dans le cadre de mon travail. À un autre garçon qui prétendait que ce que je racontais de mon séjour à Toronto était impossible dans le contexte américain, j’ai répondu que la situation avait pourtant bien existé et que son américanisme naïf n’y changeait rien.

Plusieurs internautes avaient recopié le lien qui menait à une interview (1) de celui que j’avais appelé dans mon blog « le principal suspect » au moment du cambriolage, et qui était un colocataire de l’appartement collectif que je partageais à Fives. Ce jeune homme de 22 ans, étudiant en journalisme, et qui passait son temps libre sur les stades de football pour des comptes-rendus de matchs, propose lui-aussi une analyse psychiatrique des accusations que j’ai portées contre lui, comme de mon comportement au quotidien, qu’il décrit de façon grotesque, et dont la mauvaise foi m’a indignée au point que je me suis fendue d’un vrai paragraphe : « Le jeune homme qui témoigne sur le site d’Esj-Lille, me donne la nausée. Je n’ai pas de talent pour le chant et en général je m’abstiens. Surtout je ne chante jamais à pleine gorge. Il s’agit d’un affabulateur qui me calomnie parce que je l’ai mis en cause et qu’il se sait protégé par la police. Pour ce qui est de la radio, je l’écoutais un peu. Comme lui. Je me suis assez plainte dans mon blog que le logement n’était pas insonorisé. Les nuisances sonores étaient réciproques. Enfin c’est lui qui tenait à entretenir des relations de voisinage avec moi, m’invitant à prendre le café chez lui. J’ai manqué d’enthousiasme : plutôt bizarre, non, pour un jeune homme de 22 ans, avec des copains de fac et une petite amie !? Il me traitait en copine alors que j’aurais pu être sa mère. Il n’a jamais trouvé anormal qu’une femme de mon âge et de ma stature intellectuelle (!) vive dans un tel taudis. Je n’insisterai jamais assez sur le caractère sordide de cet appartement communautaire» (2).

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GayPride, Lille, 2 juin 2012.

D’une façon générale, la mauvaise foi de mes agresseurs me met plutôt de mauvaise humeur. J’ai eu aussi quelques commentaires pour témoigner que certains lecteurs étaient en mesure de lire mes textes avec profit et de les comprendre dans le détail. La distorsion de mes propos pour leur donner un accent de paranoïa relève de la malveillance et comporte une menace indirecte qui ne me laisse pas indifférente. Le « principal suspect »prétend de plus que la police aurait tenu le même discours que lui et serait favorable à un internement. C’est aussi ce qu’a déclaré M.S., ma jeune blogueuse liliale, que j’ai rencontrée par hasard dans le métro, Porte des Postes, le lundi 30 avril au matin (voir l’article J’ai mal aux dents, paragraphe « Impunité »(3)). Voilà des mois que je ne l’avais pas vue et je ne m’en étais guère préoccupée. Mais je n’ai pas raté l’occasion, puisque je m’étais promis de le faire, de l’apostropher pour qu’elle s’explique sur ses propos, sa connaissance anormale de ma vie privée et son réseau relationnel (voir aussi l’article Protestation : Théâtre du Rond-Point à Paris).

Lorsque j’ai vu qu’elle cherchait à s’esquiver, la moutarde m’est montée au nez et je l’ai suivie. Une amie qui l’accompagnait est aussitôt intervenue pour la « protéger » et a dégainé son téléphone portable pour appeler la police : « Appelle la police, Fillette ! »… je ne me suis pas enfuie. Je les ai même accompagnées à l’Hôtel de Police de Lille-Sud, qui était à quelques pas. Le temps de faire la queue au comptoir, les deux chérubines s’étaient dispersées dans le hall. Je me suis retrouvée seule devant le planton, et il a fallu que cette dame et moi courions à travers la salle d’attente pour retrouver la plaignante ! Explications confuses, comédie, et surtout ces fameuses accusations de troubles mentaux, corroborés soi-disant par le personnel du Commissariat de Fives. La jeune femme a déclaré qu’elle aurait même fait établir une main courante contre moi. C’est la Charité qui veut se faire aussi grosse que l’Hôpital ! Je n’en ai jamais été informée. Les policiers qui nous ont écoutées, et qui visiblement ne nous connaissaient ni l’une ni l’autre, ont pris nos démêlés pour des « histoires de gonzesses » — et nous ont poliment demandé de quitter les lieux.

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El Pacificador d'Alain Séchas (1996)

Parmi les propos que j’ai tenus, j’ai remarqué que la mise en cause du Parti socialiste la faisait pâlir. Cette jeune strauss-kahnienne vertueuse et candide a éludé mes questions pourtant directes, un éclat de peur dans les yeux : « Surtout ne pas parler du Parti socialiste !…» Est-ce tabou ? L’appel au dialogue, en tous cas, semble l’être, puisqu’une fois encore mes questions, argumentées, sont restées sans réponse.

C’est La vie comme est va un an après. J’ai l’impression de m’être battue en vain, et de me heurter toujours à ce mur de verre contre lequel je viens buter depuis des années. La loi du silence est la plus forte. Cette année encore, le printemps s’est installé, la saison de la GayPride est revenue et l’actualité culturelle lilloise met à l’honneur les sports à la halle de la Gare Saint-Sauveur qui accueille la Sports Factory (4).

Notes :

1.  J’ai profité de la rédaction de ce texte pour laisser ce jour un commentaire sur le site de l’Esj-Lille et contester les propos tenus dans leur article-témoignage : « J’ai habité avec Claire Seguin » :  « La description que fait de moi ce jeune homme est grotesque et comporte des contre-vérités. En particulier, je n’ai jamais fait l’objet de plaintes en justice, ou du moins je n’en ai jamais été informée, ce qui serait bien une raison de me « plaindre ». Je vous serais reconnaissante de supprimer l’article ou du moins de le rectifier. Je vous invite aussi à consulter mon blog. Claire Seguin. »

2. Hélas tous les commentaires publiés à la suite de l’article ont été supprimés en ligne.

3. Mes dents, en partie soignées à l’hôpital, vont mieux.

4. Sports Factory, Gare Saint-Sauveur, Lille, 11mai-12 août 2012.

6 Réponses à “Fin de printemps”


  • vraiment tu te fous de moi, j en ai marre de tourner comme ça!!!!

  • mon lecteur dvd marche plus

  • il remarche, mais smc a troublé ma souris.

  • il est retombé en panne, donc je laisse tomber, j ai pas les moyens d acheter un lecteur externe.

  • bon demain c dimanche, le truc remarche pas il est vraiment nase. je pense que ma mère est aussi en train de mourir et je sais pas si son coeur tiendra. je vois pas l’interet de tourné comme ça.
    J’ai voulu acheter un truc mais le chèque n’est pas passé… ben oui!
    c est beau la gloire de dieu hein!

  • Si je nai pas une date butoir, j’arrête. Je suis très sérieuse, cest un minimum!
    y’en a marre!!!
    genre j’te balance un dictionnaire !!! ras le bol, je les vois même plus ces images!!!!

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