Archive mensuelle de juin 2012

Révolte : Haro sur Matter

Révolte : Haro sur Matter The-greedy-Blackbird-103x150

The greedy Blackbird

Parmi les indices qui me laissent penser que la situation n’a pas changé, et que je vis toujours sous surveillance, il y a un ensemble de commentaires qui ont commencé à se manifester mi-avril 2012, au moment où j’ai repris le dessus après ma sortie d’hôpital, et qui ont eu pour corollaire une série de coups de fil anonymes silencieux, reçus sur mon portable. Le lien entre les deux phénomènes est impossible à établir mais ils révèlent tous les deux l’existence d’une hostilité latente toujours prête à bousculer ma tranquillité.

Ces commentaires, les seuls qui soient répétitifs parmi tous ceux que j’aie reçus, émanent d’un seul émetteur, dont le pseudonyme est Matter (1). Ils sont écrits dans un style elliptique, qui parfois confine à l’absurde. Dès le 12 mai 2012, j’ai tenté de conjurer le malaise qui s’installait avec la répétition de ces messages en envoyant un mail à leur auteur : « Monsieur, J’ai remarqué vos commentaires récurrents sur mon blog à leur caractère incohérent. Je ne comprends pas où vous voulez en venir. Veuillez s’il vous plaît vous expliquer ou vous abstenir de poster des commentaires qui n’ont aucun sens. Cordialement, Claire Seguin ». Je n’ai eu aucune réponse, mais l’adresse était valide. De nouveaux commentaires ont succédé aux premiers sans que je puisse noter un quelconque changement.

Le malaise s’est accentué lorsque j’ai remarqué la réitération d’échos avec mon quotidien décelables dans les textes de ces commentaires. Le premier qui m’ait troublée date du 19 mai 2012. Matter écrit : « L’électricité n’est PAS EN LIBRE CIRCULATION. bref, c’est pas normal que j’ai même pas un endroit gratuit où aller, ou bien pas cher ».  Or une association qui m’est venue en aide à ma sortie d’hôpital, association qui dépendait de ce même établissement hospitalier, m’avait payé ma première facture d’électricité, lorsque j’ai quitté ma chambre classée en « logement indécent » pour aller me réinstaller dans mon appartement à vendre. Je n’en ai bien sûr jamais parlé à personne. 

Le « cadeau » s’accompagnait d’une vive incitation à me résoudre à cette option, dont le mérite était de rendre service au propriétaire de la petite chambre, qui souhaitait mon départ : incitation à laquelle j’ai tenté de résister un temps avant de jeter l’éponge. À long terme, la vente de mon appartement personnel devrait permettre à la ville de Lille de se débarrasser de moi. Me retrouvant sans logement, j’irai peut-être me réfugier cette fois chez mon père. Et l’on voit dans le message apparaître le fameux père indigne, qui peut se vanter d’une belle équipe de partisans, tant parmi les membres de la police que parmi les réactionnaires du parti socialiste. Matter écrit le même jour, dans un registre culpabilisant : « mon père est à la polyclinique ». Il va sans dire que l’hypothèse d’un retour chez mon père est une lubie qu’entretiennent mes détracteurs avec le plus grand aveuglement. 

D’autres messages sont troublants et je prendrai pour exemple les plus récents concernant mon ordinateur. Le 14 juin au soir, alors que je travaillais mon anglais avec un film américain sur mon ordinateur, l’écran est devenu soudain noir. J’ai cru à une panne et je me suis couchée. Lorsque je m’y suis remise le samedi 16, je me suis aperçue que j’avais simplement oublié de brancher mon appareil dont la batterie s’était déchargée (!). J’ai fini l’analyse de mon film (Gentleman’s agreement, d’Elia Kazan, 1947), dont le héros a une mère malade du cœur pour laquelle il s’inquiète. Les commentaires de Matter pour les 15 et 16 juin 2012 sont les suivants :

le 15, à 19h14 : « mon lecteur dvd marche plus »

le 16, à 10h37 : « il est retombé en panne, donc je laisse tomber, j’ai pas les moyens d’acheter un lecteur externe »

le 16, à 21h12 : « bon demain c dimanche, le truc remarche mais il est vraiment naze. Je pense que ma mère est aussi en train de mourir et je ne sais pas si son cœur tiendra ».

Je ne prends pas à la légère ce genre de manifestations subliminales. Je les ai minimisées pendant des années, en particulier lorsque j’ai vécu à Lyon, au cours des années précédant mon entrée dans l’Éducation nationale, et les conséquences en ont été désastreuses. Certes je pourrais avancer des hypothèses sur leur auteur. Buffon ne dit-il pas que « le style est l’homme même » dans son discours de réception à l’Académie française  (Discours sur le style, 1753) ?… Mais le procédé reste hasardeux et pourrait se retourner contre moi sans changer la donne. Que ce soient ces commentaires ou les coups de fil anonymes, ils cherchent à me faire vivre dans l’inquiétude et à influencer mon comportement. Ils témoignent surtout de rumeurs et d’informations sur mon quotidien tout à fait anormales. Mon pauvre père, malgré toute sa malveillance, paraît alors bien anodin. Il n’a réussi à détruire ma vie que parce qu’il a trouvé des relais puissants pour reprendre le harcèlement à grande échelle. C’est ce dernier qui me révolte par-dessus tout et que j’accuse de brutalité. Les caciques du Parti socialiste qui m’ont livrée à un lynchage collectif agissent avec un cynisme sans borne et des moyens contre lesquels je suis moi-même sans défense. 

Victime d’un appareil d’État qui accorde l’impunité à ses complices, je ne peux que désespérer, en ce premier jour d’été, de voir jamais mes adversaires me laisser vivre en paix. The greedy Blackbird (2) sera-t-il un jour démasqué ? Et la justice me sera-t-elle un jour rendue ?

Notes :

1. Les commentaires de Matter ont tous été mis en ligne.

2. Voir aussi les articles Une vie à l’Encan de La Rochelle (22/08/2011) et Le choix des armes (06/11/2011).

Restitution de la Révolte du 22/06/2012, retirée le 17 juillet 2012.

« Révolte : Coup de chapeau à mes plus fidèles lecteurs » 

Révolte Coup de chapeau

Fin de printemps

Fin de printemps Fives-160312-41-100x150

Printemps à Fives.

Le parti pris d’avoir recours à une hospitalisation abusive comme réponse à l’enfarinage de François Hollande a permis d’éluder tout dialogue, de disqualifier mon propre discours, mais aussi de m’empêcher de répondre aux attaques dont je n’ai pas manqué de faire l’objet, comme de nouer des relations avec des personnes qui auraient pu m’épauler. Pendant plus d’un mois, je n’ai eu aucun accès à internet, et les quelques heures de permission que j’ai eues début mars ont tout juste suffi à mettre en ligne un article. Lorsque je suis sortie de l’hôpital le 15 mars, sans un sou vaillant, parce que mes indemnités journalières de la sécurité sociale ne m’avaient pas été payées (et elles ne l’ont toujours pas été), il m’a été impossible de fréquenter les cybercafés. Je viens tout juste de finir de lire les quelques 800 messages que j’ai reçus et de tenter de répondre à certains. Le moins que je puisse dire, c’est que la détente a été longue — et préjudiciable dans le monde numérique contemporain, qui nous gouverne sous le signe de l’immédiateté.

Tandis que je vivais mon dernier printemps à Fives, que j’ai finalement quitté pour me réinstaller dans mon appartement à vendre, à Cormontaigne (voir l’article L’épreuve de la liberté), François Hollande a été élu Président de la République. Certains de mes lecteurs se demandent ce que je vais faire dans un tel cas de figure. En vérité, je ne le sais pas encore moi-même. L’urgence depuis le mois de mars a été de reprendre en main mes affaires personnelles, négligées depuis que j’avais lancé la série de protestations. Mais il va falloir coûte que coûte assainir mon environnement social si je veux tourner la page et relancer un projet de vie. Pour l’instant, et malgré le calme actuel, je suis convaincue que rien n’a changé. Autant dire que l’enfarinage de François Hollande n’est pas dépassé. Le message que j’avais à transmettre est toujours d’actualité.

Fives-160312-21-300x110

Premières jonquilles pour ma libération, le 15 mars 2012.

Le journal Sud-Ouest, implanté en Aquitaine, ma région d’origine, m’a accordé un article, paru le 19 mai 2012, au moment de l’élection présidentielle. Le papier, neutre, mais assez bienveillant, m’a pourtant valu à nouveau des commentaires agressifs en ligne. J’ai pris le parti, puisque j’en avais l’occasion cette fois, d’y répondre aussitôt et de me défendre en particulier contre les accusations de paranoïa. À une jeune femme qui prétendait établir son diagnostic sur le fait que je me reconnaissais dans des films, j’ai ainsi rappelé que ce n’était pas moi qui m’étais reconnue dans les films cités mais que c’étaient mes collègues, dans l’Éducation Nationale, qui avaient multiplié les insinuations sous-entendant qu’il s’agissait de moi, et que cela faisait partie du harcèlement que j’avais eu à subir pendant des années dans le cadre de mon travail. À un autre garçon qui prétendait que ce que je racontais de mon séjour à Toronto était impossible dans le contexte américain, j’ai répondu que la situation avait pourtant bien existé et que son américanisme naïf n’y changeait rien.

Plusieurs internautes avaient recopié le lien qui menait à une interview (1) de celui que j’avais appelé dans mon blog « le principal suspect » au moment du cambriolage, et qui était un colocataire de l’appartement collectif que je partageais à Fives. Ce jeune homme de 22 ans, étudiant en journalisme, et qui passait son temps libre sur les stades de football pour des comptes-rendus de matchs, propose lui-aussi une analyse psychiatrique des accusations que j’ai portées contre lui, comme de mon comportement au quotidien, qu’il décrit de façon grotesque, et dont la mauvaise foi m’a indignée au point que je me suis fendue d’un vrai paragraphe : « Le jeune homme qui témoigne sur le site d’Esj-Lille, me donne la nausée. Je n’ai pas de talent pour le chant et en général je m’abstiens. Surtout je ne chante jamais à pleine gorge. Il s’agit d’un affabulateur qui me calomnie parce que je l’ai mis en cause et qu’il se sait protégé par la police. Pour ce qui est de la radio, je l’écoutais un peu. Comme lui. Je me suis assez plainte dans mon blog que le logement n’était pas insonorisé. Les nuisances sonores étaient réciproques. Enfin c’est lui qui tenait à entretenir des relations de voisinage avec moi, m’invitant à prendre le café chez lui. J’ai manqué d’enthousiasme : plutôt bizarre, non, pour un jeune homme de 22 ans, avec des copains de fac et une petite amie !? Il me traitait en copine alors que j’aurais pu être sa mère. Il n’a jamais trouvé anormal qu’une femme de mon âge et de ma stature intellectuelle (!) vive dans un tel taudis. Je n’insisterai jamais assez sur le caractère sordide de cet appartement communautaire» (2).

GayPride-2012-%C3%A0-Lille2-164x300

GayPride, Lille, 2 juin 2012.

D’une façon générale, la mauvaise foi de mes agresseurs me met plutôt de mauvaise humeur. J’ai eu aussi quelques commentaires pour témoigner que certains lecteurs étaient en mesure de lire mes textes avec profit et de les comprendre dans le détail. La distorsion de mes propos pour leur donner un accent de paranoïa relève de la malveillance et comporte une menace indirecte qui ne me laisse pas indifférente. Le « principal suspect »prétend de plus que la police aurait tenu le même discours que lui et serait favorable à un internement. C’est aussi ce qu’a déclaré M.S., ma jeune blogueuse liliale, que j’ai rencontrée par hasard dans le métro, Porte des Postes, le lundi 30 avril au matin (voir l’article J’ai mal aux dents, paragraphe « Impunité »(3)). Voilà des mois que je ne l’avais pas vue et je ne m’en étais guère préoccupée. Mais je n’ai pas raté l’occasion, puisque je m’étais promis de le faire, de l’apostropher pour qu’elle s’explique sur ses propos, sa connaissance anormale de ma vie privée et son réseau relationnel (voir aussi l’article Protestation : Théâtre du Rond-Point à Paris).

Lorsque j’ai vu qu’elle cherchait à s’esquiver, la moutarde m’est montée au nez et je l’ai suivie. Une amie qui l’accompagnait est aussitôt intervenue pour la « protéger » et a dégainé son téléphone portable pour appeler la police : « Appelle la police, Fillette ! »… je ne me suis pas enfuie. Je les ai même accompagnées à l’Hôtel de Police de Lille-Sud, qui était à quelques pas. Le temps de faire la queue au comptoir, les deux chérubines s’étaient dispersées dans le hall. Je me suis retrouvée seule devant le planton, et il a fallu que cette dame et moi courions à travers la salle d’attente pour retrouver la plaignante ! Explications confuses, comédie, et surtout ces fameuses accusations de troubles mentaux, corroborés soi-disant par le personnel du Commissariat de Fives. La jeune femme a déclaré qu’elle aurait même fait établir une main courante contre moi. C’est la Charité qui veut se faire aussi grosse que l’Hôpital ! Je n’en ai jamais été informée. Les policiers qui nous ont écoutées, et qui visiblement ne nous connaissaient ni l’une ni l’autre, ont pris nos démêlés pour des « histoires de gonzesses » — et nous ont poliment demandé de quitter les lieux.

El-Pacificador-dAlain-S%C3%A9chas2-157x300

El Pacificador d'Alain Séchas (1996)

Parmi les propos que j’ai tenus, j’ai remarqué que la mise en cause du Parti socialiste la faisait pâlir. Cette jeune strauss-kahnienne vertueuse et candide a éludé mes questions pourtant directes, un éclat de peur dans les yeux : « Surtout ne pas parler du Parti socialiste !…» Est-ce tabou ? L’appel au dialogue, en tous cas, semble l’être, puisqu’une fois encore mes questions, argumentées, sont restées sans réponse.

C’est La vie comme est va un an après. J’ai l’impression de m’être battue en vain, et de me heurter toujours à ce mur de verre contre lequel je viens buter depuis des années. La loi du silence est la plus forte. Cette année encore, le printemps s’est installé, la saison de la GayPride est revenue et l’actualité culturelle lilloise met à l’honneur les sports à la halle de la Gare Saint-Sauveur qui accueille la Sports Factory (4).

Notes :

1.  J’ai profité de la rédaction de ce texte pour laisser ce jour un commentaire sur le site de l’Esj-Lille et contester les propos tenus dans leur article-témoignage : « J’ai habité avec Claire Seguin » :  « La description que fait de moi ce jeune homme est grotesque et comporte des contre-vérités. En particulier, je n’ai jamais fait l’objet de plaintes en justice, ou du moins je n’en ai jamais été informée, ce qui serait bien une raison de me « plaindre ». Je vous serais reconnaissante de supprimer l’article ou du moins de le rectifier. Je vous invite aussi à consulter mon blog. Claire Seguin. »

2. Hélas tous les commentaires publiés à la suite de l’article ont été supprimés en ligne.

3. Mes dents, en partie soignées à l’hôpital, vont mieux.

4. Sports Factory, Gare Saint-Sauveur, Lille, 11mai-12 août 2012.




Le site (bêta) de Kinanda ... |
Benin News |
akdv |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Syndicat CFTC de l'Insertion
| movin'
| Justice et liberté