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Archive journalière du 1 mai 2012

Qu’est-ce que la calomnie ?

Imputation mensongère qui attaque la réputation, l’honneur d’un homme ou d’une femme, d’un citoyen ou d’une citoyenne, la calomnie se distingue par sa traîtrise. Il n’est pas de pire calomnie que celle des proches qui donnent à leurs allégations diffamatoires le poids que leur accorde leur connaissance de la personne attaquée, leur prérogative à se targuer de faire œuvre de témoignage quand ils avancent des accusations montées de toutes pièces. Et il n’est pas de pire calomnie que celle qui se cache sous le manteau de l’affection paternelle ou de la camaraderie juvénile.

La calomnie porte l’empreinte d’un tempérament déloyal qui recherche la facilité dans l’attaque, et ne recule devant aucun coup bas. Cette déloyauté de la conduite à l’égard d’autrui est soulignée par Louis Martin-Chauffier tandis qu’il déplore les calomnies de Paulhan lors d’un conflit qui les opposa, dans les années 1950, à propos du comportement des résistants au moment de l’épuration : « De là, sans doute, dit-il, la sombre fureur avec laquelle, pour punir ma franchise, il s’acharne à me calomnier fort sciemment, faute de pouvoir réussir une prise plus loyale » (1). La calomnie accuse injustement autrui de faits et d’intentions imbéciles ou malveillantes, sans fondement : « Le procédé est classique, s’il n’est pas beau. Il consiste à prêter des idées stupides ou des intentions viles à celui qu’on veut attaquer, et à faire passer ses propres mensonges pour la vérité de l’autre » (2), ajoute-t-il. Ce conflit des mensonges et de la vérité poisse l’honnêteté de la personne en prise avec la calomnie d’un suc délétère qui ronge peu à peu sa crédibilité.

Lorsque, par malheur, les premiers assauts calomniateurs ne rencontrent aucun démenti de la part de ceux dont ce serait le devoir de protéger leur proche, lorsque ces mensonges sont non seulement admis mais aussi cachés à la personne incriminée, une brèche est ouverte dans laquelle pourront s’engouffrer d’autres assauts ultérieurs. La répétition est en marche.

La petite adolescente de quatorze ans, vilipendée par une camarade de classe jalouse d’un voyage scolaire en Allemagne où elle n’était pas allée, n’a été ni défendue, ni mise en garde. La camarade de classe, de famille charentaise, socialiste et affidée à l’Education nationale comme la mienne, a répété en toute quiétude ses calomnies lorsqu’elle a été lycéenne, puis étudiante à Bordeaux, élargissant le cercle de la médisance et de ceux qui pouvaient la propager, à un âge où de son propre aveu elle reconnaît avoir été obsédée par la sexualité. La famille de la victime s’est faite complice de l’ignominie ? La faille a été repérée. Alors que j’étais étudiante au Lycée Michel Montaigne de Bordeaux, une jeune crevure béarnaise, parmi d’autres, a profité de l’aubaine… Le processus semble sans fin. Pour m’y retrouver dans le fatras des insultes et des coups bas, il a fallu que je reconstitue sur trois générations, le temps d’une névrose, les particularismes régionaux de l’Histoire du XXème siècle, en Charente, dans le Bordelais, dans le Béarn et même en passant par l’Espagne, l’Allemagne et l’Autriche. La calomnie, elle, suivait son cours. A mes tentatives de défense on oppose les troubles psychologiques. Mais les dits « troubles psychologiques » sont gonflés des mensonges névrotiques de mes détracteurs.

François Hollande me traite encore de « personne irresponsable » lorsque je l’enfarine. C’est de la calomnie, qui permet de justifier l’internement psychiatrique, avec la complicité des pouvoirs publics. Il ajoute ce jour-là : « Il y a d’autres moyens de montrer sa contestation, je reste toujours ouvert au dialogue ». Mais ce dialogue que je recherche tant, je me le suis toujours vu refuser : par les silences qu’on m’oppose, et par les calomnies dont on m’accable. François Hollande savait qui j’étais puisque nous nous étions déjà rencontrés à Gandrange et à Metz, il connaissait mon conflit avec Martine Aubry. Toute forme de dialogue m’a été contestée.

La calomnie va enfin de pair avec la lâcheté, le refus d’intervenir pour enrayer la mécanique implacable de la diffamation. Elle fait peur. Elle paraît sale. Elle se grossit de toutes les petites tentatives de tiers pour se dégager du conflit lorsqu’ils sont pris à partie par mon combat pour la vérité. Ma crédibilité, hélas, s’amoindrit dans cette lutte. Je trouve que je donne pourtant des preuves de ma bonne foi et que je fais l’effort d’étayer mon argumentation.

Notes :

1. Louis Martin-Chauffier, « Paulhan ne m’a pas répondu », le Figaro littéraire, 15 mars 1952, in Jean Paulhan, Lettre aux directeurs de la résistance, Ed. de Minuit, J.J. Pauvert, coll. Libertés nouvelles 11, 1951, p. 74.

2. Ibid.




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