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Assaut de Pierre Mauroy à l’Opéra de Lille

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L'opéra de Lille.

 

Martine Aubry avait organisé ce dimanche 29 janvier  à l’Opéra de Lille une cérémonie en l’honneur de Pierre Mauroy qui vient de rendre son dernier mandat de sénateur. Cet hommage était l’occasion de fêter quarante ans de carrière  avec ceux et celles qui avaient travaillé avec lui. Il va sans dire qu’on n’entrait que sur invitation.

J’ai d’abord tenté vers quinze heures un accrochage pirate de ma banderole « Déni de justice à Lille » sur la Grand-Place, à deux pas de l’Opéra. Mais je n’ai tenu qu’une dizaine de minutes avant d’être délogée par la police, très présente cet après-midi-là dans le centre ville. Deux tentatives de distribution de « petits papiers » ont été tout aussi malheureuses… J’ai fini par me résoudre à attendre la sortie de la réception à l’Opéra, malgré le froid glacial, la présence policière, le sentiment d’impuissance. Jusqu’à ce que, excédée, j’aie l’idée d’entrer puisque le spectacle était terminé.

Mon culot a été récompensé. Un huissier a bien tenté de me retenir mais je suis passée sans m’arrêter. Le grand salon était encore peuplé de toute une assemblée de notables auxquels on offrait un cocktail. J’ai eu du mal à trouver mes deux acolytes : je n’ai pas vu Martine Aubry du tout; quant à Pierre Mauroy, il a fallu un reflux d’affluence, après un tour complet de l’opéra depuis les salons jusqu’à la terrasse, pour que je remarque le vieux monsieur assis qui donnait audience à sa clientèle.

 

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Accrochage de ma banderole sur la Grand-Place.

Pierre Mauroy a joué l’incompréhension, comme l’avait fait Martine Aubry, bien que je lui aie rappelé ses amitiés charentaises. Mais j’ai réussi mon scandale. J’ai résisté aux bonnes dames qui voulaient que je leur raconte mon histoire — le piège était grossier. Le service d’ordre m’a finalement jetée dehors manu militari, tandis que je brandissais une pancarte « Déni de justice à Lille », que j’avais eu la bonne idée d’emporter.

Impossible de m’avouer vaincue. J’ai fait le tour de l’Opéra  et je suis entrée par la Porte des Artistes. Deux agents de surveillance ont essayé eux-aussi de m’intercepter, mais jouant de l’effet de surprise, j’avais déjà grimpé les escaliers avant qu’ils ne réagissent. Mon exploration précédente du bâtiment m’a bien rendu service. J’ai retrouvé le chemin du grand salon. Hélas le service d’ordre s’est mis très en colère à ma réapparition et j’ai fini à nouveau sur les marches de l’opéra, plus vite encore que la première fois.

J’y suis restée, avec ma pancarte brandie devant moi, tandis que les convives peu à peu se dispersaient. Je n’ai jamais vu sortir Pierre Mauroy.

Certains pourraient trouver mon insistance dangereuse. Mais il y a longtemps que je sais que mon sort était scellé, avant même que j’aie l’idée de protester. Ce sont mes adversaires qui ont fait preuve d’une naïve confiance en croyant obtenir mon assentiment à ma propre destruction.

L’assassinat de Claire Seguin sera-t-il la perle noire de la carrière de Pierre Mauroy ?

« Panégyrique dithyrambique » du Grand Homme publié dans le magazine de la ville, avec une superbe photographie de Martine Aubry et de Pierre Mauroy de part et d’autre de la statue qui orne la place de Fives, rue Pierre Legrand, et qui représente une danseuse :

 

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Pierre Mauroy à l'honneur.

 

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