• Accueil
  • > Archives pour le Samedi 21 janvier 2012

Archive journalière du 21 jan 2012

De Lille à Paris : contre-offensive dans la capitale.

C’est la misère. Et les pannes répétées du blog, depuis plus de deux mois, s’avèrent à la longue plus efficaces et plus éprouvantes que ne le serait une censure officielle : les pages d’archives ne sont plus accessibles depuis que j’ai tenté hier de créer des liens interactifs entre les articles afin d’en faciliter la lecture … Elles seront rétablies à un moment ou à un autre — mais le préjudice ne sera pas réparé…

Le travail de sape qui s’attaque aux fondements de ma vie quotidienne est très similaire. J’avais raconté dans mon article « Ma boule de cristal » du 16 octobre 2011 de quelle façon, et en toute illégalité, mes adversaires tentaient de me détruire en me privant de ressources et en me volant le peu que je possède. Après la publication de l’article, une petite partie de mes droits avait été rétablie : des versements que me devait la banque avaient soudain été faits, la préfecture avait mis en œuvre la  procédure légale pour le classement de mon logement en logement indécent… Mais là encore il s’agissait plus de différer ma colère que de rétablir l’Etat de droit. Le harcèlement s’est déplacé mais maintenu : absence d’information préjudiciable de la banque, attaques du cabinet de syndic qui gère la résidence de mon appartement personnel, menaces pécuniaires renouvelées par le biais des impôts, une nouveauté… A Lille, certains citoyens semblent toujours mieux informés que moi sur ma situation financière comme sur les courriers que je reçois, qu’ils soient employés du bureau de poste où je vais chercher mes recommandés ou habitants de ma propre maison. Ces derniers prennent un malin plaisir en distribuant les lettres dans les casiers à faire dépasser de manière ostentatoire celles que je reçois du fisc…

« L’élection se jouera sur la justice », prétend François Hollande. Mais qu’est-ce que la justice pour le parti socialiste ? Qu’est-ce que la justice pour des intellectuels « gauchistes » de Normale Supérieure, et pour tout un corps d’enseignants, capables de condamner à mort une gamine de quatorze ans sur dénonciation calomniatrice, et de la livrer pendant trente ans, par le biais des manipulations et des calomnies, à un véritable lynchage collectif, dans l’Education nationale, puis dans toute la société, sans que jamais au cours de toutes ces années, jamais un seul de ces éminents pédagogues qui s’estiment infaillibles, n’ait l’idée basique, simplissime, élémentaire, de poser une question à la gamine, puis à la lycéenne préparant sa philosophie, plus à l’étudiante majeure, puis à la jeune femme émancipée, puis à la collègue responsable… pour vérifier auprès d’elle la véracité des ragots colportés. Qu’est-ce que la justice pour des gens qui se refusent à tout dialogue ? Qu’est-ce que la justice pour un parti de gauche qui s’allie à un gouvernement de droite  pour cacher un scandale qui les menace tous deux ?

 Le phénomène de bouc émissaire qui résulte de ces manipulations solidarise autour de quelques leaders les clientèles, qui elles-mêmes « permettent aux élites de généraliser l’inégalité en la dissimulant par des indemnisations occultes et des espérances promotionnelles en contrebande » : « Plus fondamentalement encore, elles consolident les oppositions aux classifications de type capitaliste, elles insufflent l’esprit hiérarchique dans le monde présent, elles reproduisent l’Ancien Régime dans le nouveau, elles agencent l’hégémonie des décideurs du champ politique sur tous les autres » explique Pierre Tafani dans son livre sur Les clientèles politiques en France (1). Il s’appuie sur les études du sociologue Pierre Bourdieu pour rappeler que « le système scolaire reprodui[t] la hiérarchie sociale française, malgré la croyance contraire », grâce aux rouages des classes préparatoires et des grandes écoles : « Tout est « plié » à vingt-cinq ans et a pris tournure dix ans plus tôt » (2). Il admire enfin avec ironie le système en place : « la reproduction de l’élite et sa protection sont confiées à un corps qui est le principal propagandiste des valeurs égalitaires dans la société française. Cette équivoque est une redoutable pédagogie, car elle navigue continuellement entre la subtilité et l’hypocrisie; chaque génération apprend que la norme court de la maxime à l’exception, de la vulgarisation à l’écrémage, du labeur persévérant à la souplesse d’échine » (3).

« L’élection se jouera sur la justice ». Les Français devront en effet choisir entre une oligarchie qui tente de bipolariser le combat politique pour étouffer toute forme de contestation et de réflexion sociale ou économique, et la réelle démocratie, qui refuse la culture de la haine, et qui refuse les combines politiciennes —symptomatiques d’anciens militants aux amitiés contestables comme aux dérives aristocratiques et réactionnaires — favorisant un parti de la haine, mais qui accorde à tous, y compris aux petites voix de tous bords lorsqu’elles sont respectueuses des libertés et des droits d’autrui, de s’exprimer et de jouer un rôle de médiateurs. Pour l’instant seuls les cyniques tirent leur épingle du jeu en se flattant d’appartenir à une élite d’« affranchis », quand ce n’est pas une caste d’« intouchables », dont la prétendue intelligence, l’efficacité revendiquée, les placeraient au-dessus des lois. C’est leur cynisme qui leur permet de se dégager des injonctions schizophrènes d’un Etat républicain qui cultive les hiérarchies d’Ancien Régime, d’une société égalitariste qui entend préserver les privilèges de ses notables, du pays des Droits de l’Homme qui accepte de bafouer ses valeurs pour le plaisir de condamner sans procès… une femme. La misogynie à la française s’accorde bien à l’œuvre d’un écrivain comme Darrieussecq dont l’imaginaire est l’émanation archétypale des préjugés réactionnaires et phallocrates sur les femmes… et à laquelle on accorde une tribune féministe. Comme d’autres femmes, elle achète sa liberté relative et son droit de parole auprès de la phallocratie en livrant à la haine et à la perversité de celle-ci une sœur plus fragile… ou moins conciliante qu’elle-même. La duplicité permet de surmonter la schizophrénie de son discours grâce à un précepte cher aux cyniques selon lequel « la justice est un leurre ».

J’endure l’injustice de façon si cruelle, depuis si longtemps, que j’aimerais bien, en effet, que « l’élection se joue sur la justice », mais je ne crois pas que je l’entende comme Monsieur Hollande. Ma faiblesse et ma solitude semblent me rendre invisible, inaudible, inexistante dans une société clientéliste où chacun se définit par le groupe auquel il se livre. Ma liberté de pensée, en revanche, est bien plus grande que celle du commun, et mon goût de la justice en est exacerbé. De ce combat solitaire et démesuré que je mène sans grande illusion sur mon sort, je tire cependant ma fierté, et la mienne est entière, malgré la misère de mes moyens. Le dénuement dans lequel je me trouve ne m’a pas empêchée ce samedi encore de descendre à Paris, non sans mal, pour me battre et pour faire entendre ma voix. Certes, ce soir, tandis que d’autres faisaient la fête, mon menu a été frugal. Je m’en suis satisfaite. Pourtant moi-aussi j’ai des rêves. Ce n’était pas dans mes habitudes culinaires, mais pour mon dîner du 21 janvier, cette année, je me serais bien offert un peu de tête de veau. Après tout l’espoir fait vivre.

Notes :

1. Pierre Tafani, Les Clientèles politiques en France, Ed. du Rocher, 2003, p. 320.

2. Ibid., p. 287.

3. Ibid.

De Lille à Paris : contre-offensive dans la capitale. La-presse-au-Bourget-150x101

La presse au meeting de Hollande au Bourget.

Hollande-au-Bourget2-102x150

Hollande au Bourget, 2012.

Dimanche 22 janvier 2012. Vers 16h30-17h: Distribution de « petits papiers »à la sortie du premier grand meeting de campagne de François Hollande, au Bourget. Arrivée tard sur place puisque je ne voulais intervenir qu’en fin d’événement, je n’ai eu accès qu’à l’annexe du Hall 2 du Parc des Expositions du Bourget, où des chaises étaient installées devant des écrans géants. En dépit des déclarations faites à la presse, il n’y avait pas là 15000 personnes, le nombre de places occupées m’ayant semblé inférieur aux 10000 places du Hall 2 où se produisait François Hollande. Mais il y avait quand même beaucoup de monde. La distribution était symbolique, cependant je ne crois pas que beaucoup de sections socialistes de province aient pu échapper à mes fameux « petits papiers »: les socialistes de base ne pourront donc plus se prétendre mal informés.

Lannexe-au-Bourget-150x128

L'égalité selon François Hollande, dans l'annexe du hall 2, au Bourget.

19h12 : Commentaire mis en ligne sur le site de Tf1 pour l’intervention de François Hollande au cours du journal de 20 heures.

claireseguin, le 22 Janvier 2012 à 19h12

« Les discours de François Hollande sont truffés de bonnes intentions et d’idées générales admirables mais la réalité du terrain, lorsqu’on vit en territoire socialiste, est moins reluisante. Egalité ? Bravo, mais elle se décline étrangement parmi les intellectuels socialistes… Justice ? Oui, pour tous ! Hélas, je la réclame depuis trop d’années… Simplicité ? Souhaitable, mais les militants du PS contre lesquels je me bats à Lille préfèrent les beaux quartiers de Bondue, le Neuilly-sur-Seine de la métropole du Nord, que j’ai découverts moi-même en me renseignant sur eux… Mais qui sont ces gens-là ? Mon blog « Un micro sous votre oreiller » raconte ces désillusions, et réclame le respect de droits humains fondamentaux qui me sont refusés à Lille par des socialistes. J’ai encore distribué mes « petits papiers » (avec l’adresse de mon blog) cet après-midi au Bourget. François Hollande connaît la situation, mais il n’a rien à dire sur le sujet…»
Cin%C3%A9ma-Elys%C3%A9es-150x92

Cinéma des Champs-Elysées.

Cin%C3%A9ma-Op%C3%A9ra-150x99

Cinéma du quartier Opéra.

20h-21h : Où poursuivre mes distributions à Paris un dimanche soir ? J’ai espéré trouver du monde devant les grands cinémas parisiens, et je me suis donc d’abord rendue boulevard des Capucines devant les cinémas du quartier Opéra : mon blog représente en sorte l’envers du décor de certains films à grands spectacles. 21h30-22h : Distribution cette fois devant les cinémas des Champs-Elysées.

Lundi 23 janvier 2012 : Distribution à la gare d’Amiens de 7h15 à 9h environ.




Le site (bêta) de Kinanda ... |
Benin News |
akdv |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Syndicat CFTC de l'Insertion
| movin'
| Justice et liberté