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Archive journalière du 19 déc 2011

Protestation : Lettre ouverte à Madame Martine Aubry, Maire de Lille et Première secrétaire du Parti socialiste.

J’ai envoyé en fin d’après-midi une lettre ouverte à Madame Martine Aubry, Maire de Lille et Première secrétaire du Parti socialiste, pour protester contre ma situation dans sa ville et contre son attitude lors de l’émission de France Inter à Lille, le jeudi 15 décembre 2011, en particulier lorsqu’elle a prétendu ne pas me connaître.

Lundi 19 décembre 2011.

Madame Martine Aubry

Maire de Lille

Première secrétaire du Parti socialiste

Hôtel de Ville

B.P. 667

59033 Lille Cedex

Madame le Maire,

Jeudi 15 décembre 2011, je vous ai apostrophée pendant l’émission de France Inter du matin, qui se déroulait à Lille, pour vous demander si vous étiez bien la garante du respect des droits de tous les Lillois. Je m’étais présentée. J’avais décrit la situation désespérante dans laquelle je me trouve à Lille. Comment osez-vous prétendre à l’antenne que vous ne me connaissez pas ?

Est-ce que le Maire de Lille ne sait pas ce qui se passe dans sa ville ? Depuis un an et demie où, à bout de ressources, j’ai monté mon blog « Un micro sous votre oreiller » pour me défendre  contre les atteintes à la vie privée et le déni de justice dont je suis victime, j’ai collé à Lille plus de 1000 affiches, distribué près de 25000 flyers, discuté avec des passants qui se prétendaient vos amis… et vous ne sauriez pas qui je suis ?

Est-ce que la Première secrétaire du Parti socialiste ne sait pas quelles sont les requêtes adressées à son parti ? J’ai envoyé le 26 août 2011 une question sur le respect des Droits de l’Homme, dans le contexte de ma situation personnelle, à son université d’été qui se tenait à La Rochelle du 26 au 28 août 2011, par mails, à toutes les fédérations départementales du Parti socialiste, et par fax en m’adressant au porte-parole des socialistes, Monsieur Benoît Hamon… et personne ne vous en aurait fait part ?

Votre propre allusion aux « Chevaliers blancs » trahit votre mensonge et la mauvaise foi de votre comportement tant personnel que politique. Madame Aubry, vous savez qui je suis, et vous savez que l’origine des diffamations dont je suis victime, et qui ont détruit ma vie, est en grande partie liée à des intellectuels socialistes.

Madame, je vous somme de justifier comment et pourquoi une femme, à Lille, peut être déchue de sa citoyenneté, interdite de tout recours en justice, privée de ses droits fondamentaux au travail, aux soins médicaux, à la liberté de circuler…

Madame, je vous somme enfin, puisque vous vous prêtez à ce jeu malsain, de vous expliquer sur le sens des insinuations associées au thème de la « Lettre » que je déplore depuis des années dans ma vie et sur lequel je réclame en vain des explications.

Depuis quatre ans, je vis un enfer à Lille. J’ai tenté de quitter la France, mais quand j’arrive à l’étranger des campagnes de diffamation sont organisées contre moi. Lorsque je rentre en France, tout recours en justice m’est refusé. Je suis interdite de travail. Mais on m’empêche dans le même temps de vendre mon appartement pour subvenir à mes besoins. Depuis quatre ans, on m’oblige à vivre dans un taudis que vos propres services municipaux ont reconnu comme logement indécent mais sans vouloir appliquer la loi, pour protéger le propriétaire…

J’ai l’impression d’être mise à mort à Lille, et que cette mise à mort est offerte par la municipalité à votre clientèle, personnel municipal et affidés, associations à caractère social, jeunes militants socialistes, ou sympathisants lorsqu’ils ne sont pas encartés… et que cette clientèle dépasse le cadre du Nord. Je suis obligée aussi de constater la complicité qui existe entre vous et les services de l’État comme de la Présidence de la République.

Madame, si vous faites mon procès, ayez le courage de le faire en public. Je n’insisterai jamais assez sur la souffrance morale que peut représenter le fait que je ne sais pas moi-même de quoi je suis accusée, sinon par des insinuations… Je ne me connais aucun crime qui puisse justifier le sort qui m’est réservé…

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame Le Maire, l’expression de mes salutations respectueuses. 

Claire Seguin

NB : Lettre ouverte adressée au Parti socialiste, à la presse française et étrangère, et diffusée sur mon blog, « Un micro sous votre oreiller ».

Complément d’information : mercredi 21 décembre 2011, je suis allée chercher à la poste un recommandé qui s’est révélé être un courrier de la Préfecture classant soudain mon logement comme « Logement indécent ». Jusqu’à présent la seule chose tangible que j’avais entre les mains était un courrier de mon propriétaire me demandant de quitter les lieux.

Complément d’information : mercredi 21 décembre 2011, quelques jours après mon intervention sur France Inter, Le Figaro a publié en page 2 un article surprenant qui se présente comme un rappel à l’ordre politique de Martine Aubry, et qui est annoncé dès la page de couverture, auprès d’un portrait d’Audrey Tautou dont on vante le nouveau film, La Délicatesse (voir article ci-dessous). C’est le portrait de l’actrice qui a attiré mon regard, actrice à laquelle je suis attentive depuis qu’elle a été révélée par le film de Jean-Pierre Jeunet, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (1998). Certes, ce film ne raconte pas mon histoire mais certains de ses éléments, en particulier au tout début, sont troublants malgré un glissement générationnel subreptice (1966 devient 1973) et un décalage social similaire (le couple d’instituteurs agricoles, formés par l’Éducation Nationale laïque, devenant un couple de « bourgeois catholiques » où le père est médecin militaire). A sa sortie, mon entourage m’a incitée à voir le film, multipliant par la suite les insinuations impliquant un parallèle entre le personnage et moi-même, insinuations que je ne supporte plus. Or on y trouve aussi un épisode très développé sur le thème de « La Lettre » puisqu’Amélie invente une fausse lettre pour consoler sa concierge d’un chagrin d’amour.

La conjonction des deux éléments en première page du Figaro ne manque pas de me rappeler les complicités gauche-droite dont je ne cesse d’être témoin. Elle me rappelle aussi que la « Dame des 35 heures », positionnée très à gauche depuis, n’en ménage pas moins ses relations avec le patronat ou le maire UDF d’Amiens, Gilles de Robien, lorsqu’il s’agit d’actions sociales dans des quartiers difficiles (Claude Levy, L’Une enchante, l’autre pas. Ségolène et Martine : portraits croisés, Calmann-Lévy, 2006, p. 178). Pierre Tafani, dans son ouvrage sur Les Clientèles politiques en France (Ed. du Rocher, 2003), prétend enfin que Jacques Chirac aurait « noué des relations amicales avec des leaders de la gauche, comme Martine Aubry ou Pierre Mauroy » (p. 243) ajoutant que Jacques Chirac ne néglige pas « l’amitié de ses adversaires » lorsqu’elle « peut lui être utile, car elle facilite ententes et transactions secrètes » (ibid.). Enfin on peut se demander si le glissement politique de Martine Aubry vers une politique compassionnelle et caritative est bien toujours  « de gauche ».

NB : J’invite le lecteur désarçonné à circuler dans le blog, où il trouvera de nombreuses réponses à ses questions éventuelles, et à consulter en particulier les Compléments d’information du 5 et du 22 décembre 2011, lesquels renvoient eux-mêmes à des articles explicatifs du blog.

Le Figaro 21 décembre 2011




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