Le choix des armes

La France a décidé de s’en remettre jusqu’au bout à la lâcheté, à l’illégalité, au lynchage collectif et populacier, plutôt que de prendre le parti de la justice. C’est son choix. Le peuple sera toujours certain de tenir une coupable, si on refuse à celle-ci le droit de connaître les accusations qu’on porte contre elle comme le droit de se défendre. J’ai tenté en vain tous les recours. Mais je ne collaborerai pas à une ignominie qui fait honte à mon pays comme à son intelligentzia. J’ai quitté la France, une fois encore, pour chercher du travail à l’étranger, en guise de protestation.

Je recommande à Mr The Greedy Blackbird de ne pas négliger les ficelles de l’infamie qui ont fait son succès pour cette dernière estocade : 1. Lancer illico une campagne de diffamation internationale par le biais des réseaux sociaux, en commençant par Facebook, mais sans négliger ses petits frères, qui feront office de milice de quartier à l’échelle planétaire; 2. Faire tinter le sabre et le goupillon, grâce à ses relations politiques qui lui donnent accès à la police européenne comme au soutien du clergé nordiste, socialiste et romain; 3. Exploiter ses amitiés associatives, en particulier dans les milieux migrants, pour me fermer l’accès à toute aide non-institutionnelle, après m’avoir vilipendée auprès des états occidentaux; 4. Jouer la carte des artistes et intellectuels arrivistes, en particulier dans les milieux où l’argent décide des talents comme le cinéma, pour donner plus de véracité aux calomnies diffusées dans les médias; 5. Battre le rappel des corporatismes auprès de l’Université comme des médecins, le petit personnel se ralliera (peut-être) aux patrons pour me rendre le quotidien invivable; 6. Ne pas négliger la composante familiale du réseau, puisque les fils de notables investissent l’argent de papa dans de petites entreprises, de préférence dans l’immobilier ou la restauration, me fermant l’accès à toute alternative professionnelle; 7. Promettre monts et merveilles à l’électorat de gauche comme de droite en échange de ma tête. Mr The Greedy Blackbird, vous qui êtes le pourvoyeur cynique d’une génération de névrosés qui auraient voulu rejouer la guerre et s’arroger le droit de tuer en prétextant agir pour la bonne cause, vous n’exploiterez jamais assez les ressources du proverbe français : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». Mais vous en préfèrerez peut-être la version anglo-saxonne : « Give a dog a bad name and hang him ».

J’ai quitté la France par la porte bruxelloise. Vingt-sept ans après, je n’ai pas oublié mon voyage en Belgique, à la découverte de la peinture flamande. L’année du bachot, cette amie de collège si bien intentionnée, que pourtant je ne fréquentais plus beaucoup, cette fille d’enseignants socialistes, si fière de son grand-père instituteur et communiste, m’avait signalé une bourse de voyage à gagner dans ma bonne ville de province, bourse pour laquelle elle-même présentait un dossier. Las, l’idée m’a paru formidable ! J’ai remporté la bourse. Le jour de la remise des prix, l’ambiance s’est révélée si triste, au milieu de tous ces docteurs endimanchés, que je me suis demandé pour la première fois qui étaient ces messieurs. Il était bien temps de se poser la question. Mais le pire m’attendait à la maison. Je n’ai pas eu le temps de souffler que des voisins m’avaient trouvé une famille d’accueil en Belgique ! Mes protestations n’ont servi à rien : « Mais je n’ai rien demandé ! Qu’irai-je faire en Wallonie, les musées de peinture sont en Flandre ?! » L’honneur de la famille était en jeu : un refus serait un affront, ces voisins étaient des collègues, de bons enseignants socialistes, qui avaient fait jouer leurs relations municipales pour me trouver un point de chute… Il y a des succès dont on ne se remet pas. Mon amie de collège ne se souvient de rien : encore un épisode d’Alzheimer précoce et sélectif.

Pourtant mon amour de la peinture flamande était sincère. Il m’a accompagné toute ma vie et représentait l’aspect solaire de ma personnalité que je ne demandais qu’à cultiver. Mais la négativité était déjà à l’œuvre dans mon entourage, sous forme de calomnies, de manipulations, de réaction, et elle n’a fait que se répéter au fil des années. On peut dire que je n’ai rencontré dans l’Education nationale, dans ses zélateurs, dans ses enfants issus du sérail, et prêts à y faire carrière sans une once d’esprit critique pour la machine, que la volonté de nuire, les pensées sales, la noirceur des projets. Face à ce goût du mal, exacerbé par la crainte des censeurs, et que je percevais dans les insinuations, les silences, les dénégations hypocrites face à mes questions, la sincérité est une arme méprisée de mes adversaires qui lui préfèrent le mensonge, la combine et les copinages. C’est pourtant la seule arme que je revendique. Et je souhaite m’y tenir. C’est ma part d’humanité que j’entends leur opposer.

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