• Accueil
  • > Archives pour juillet 2011

Archive mensuelle de juillet 2011

Théâtre du silence

L’été s’installe et les grandes villes se vident. Lille est exsangue après plusieurs jours de pluie et de froid et ses rues désertes ont la tristesse d’une cité abandonnée. Ce matin, un pan de ciel bleu, dont on ne sait combien de temps il voudra bien nous rappeler que la saison estivale est à son acmé ailleurs, a déchiré la couverture nuageuse.

Le silence qu’on oppose à toutes mes tentatives pour nouer le dialogue ou pour provoquer une réponse à mes questions douloureuses a l’amertume des mensonges trop bien organisés. Depuis près d’un an, je réclame dans ce blog le respect de mes droits humains les plus élémentaires… Plus de 1000 affiches collées à Lille, plus de 20000 flyers distribués, et certains Lillois ne savent toujours pas qui je suis. Mais tous les défenseurs des Droits de l’Homme que j’ai pu contacter, en France, en Europe, au Canada… ont été avertis que je suis indéfendable. Les calomnies qui m’ont détruite ne touchent pas « toute la planète », mais ce sont bien tous les gens que je connais, tous ceux que je côtoie ou que je suis susceptible de côtoyer, tous ceux auxquels je pourrais m’adresser pour solliciter de l’aide, qui sont informés de ma « réputation ». Impossible ? Bien au contraire! Je fréquente au fond très peu de monde et les atteintes à ma vie privée servent aussi à cela : connaître mes relations, mes projets, mes tentatives de défense. On peut en arriver à cette situation très confortable pour des calomniateurs où la personne visée finit par avoir le sentiment que le monde entier s’acharne contre elle, alors que les organisateurs du lynchage parviennent dans le même temps à rester très discrets vis-à-vis de la population civile. Ni vus, ni connus.

La responsabilité de cette intelligentzia qui m’a calomniée jusqu’à l’assassinat est immense puisque même les détracteurs de mes adversaires se taisent. Réuni en ce moment à Avignon, le monde du théâtre, que je tente d’alerter depuis quelques jours par des séries de mailings en direction des administrateurs comme des compagnies de théâtre, oppose le même obstacle à l’éclosion de la vérité. Certes, mes tristes expériences picardes avec le théâtre (1) m’avaient laissée sans illusion. Les attaques sont toujours anonymes ou biaisées, se font en cercle fermé, sur internet, ou en termes codés dans le cadre d’un spectacle auprès d’un auditoire averti mêlé au grand public. Mais lorsqu’une personne dans le groupe est identifiée et interpellée, elle  se défausse comme cette jeune femme lilloise qui se liquéfie lorsque je l’aborde : « Non, pas du tout », elle n’est pas elle-même…

Ces héros héroïques des temps modernes, qui roulent des mécaniques embusqués derrière leurs écrans d’ordinateur, protégés par la complicité des militants de la bienpensance et des policiers de Monsieur Sarkozy qui se donnent la main, ont le courage flageolant lorsqu’ils  sont placés au pied du mur. C’est à ces débandades que l’on connaît ce que représentent aujourd’hui les Droits de l’Homme, le Féminisme ou la Solidarité pour certains : un prétexte éhonté pour justifier l’injustifiable. Il n’y a rien que je méprise plus que la lâcheté qui se déguise sous un costume extravagant de héros de théâtre.

1. Voir l’article « Psychanalyse sauvage« , du 05/04/2011.

Création théâtrale en Avignon, juillet 2011 :

Théâtre Avignon Juillet 2011

Big Brother is watching me

Big Brother is watching me, at home too : Big Brother me surveille, à la maison aussi. Reconvertie à la langue de Shakespeare par la nécessité de maîtriser le pidgin international qui m’ouvrirait les portes d’un avenir hors des frontières hexagonales, je n’expérimente de l’anglais, au finish, que la novlangue dont George Orwell avait eu la prémonition. Assignée à résidence à Lille, par la violence des campagnes de diffamation lancées contre moi, je persiste à dénoncer une surveillance de tous les instants digne de la société fascisante décrite dans le roman 1984 (1), et dont la rhétorique a été assimilée à celle des quelques expressions anglaises forgées par Orwell et passées dans le langage courant, comme le fameux « Big Brother is watching you ». C’est pour le moins une appréhension réductrice du monde anglo-saxon, et à laquelle il serait dommage de voir la planète asservie après moi. Car chaque langue a son génie, et l’on peut aussi apprendre l’anglais en lisant Henry David Thoreau (2), ou en regardant un film de Frank Capra, comme l’émouvant Mr Deeds goes to town (3).

Les atteintes à la vie privée dont je me plains n’ont jamais connu de répit et accusent même depuis quelques semaines une certaine recrudescence. Mon logement est « visité » de façon régulière, verrou changé ou pas, des papiers ou de petits objets sont volés sur mon bureau, quant à ma vie intime, pourtant réduite, elle semble faire l’objet de commentaires récurrents, et toujours trop bien renseignés pour être honnêtes. Le mépris de mes adversaires pour moi est tel qu’ils peuvent se permettre des réflexions ou des tentatives de manipulation si grossières que même un enfant de cinq ans en comprendrait les intentions insultantes. On ne peut plus parler de vol caractérisé, comme celui de décembre, en ce qui concerne les larcins à mon domicile. Il s’agit plutôt d’une guerre des nerfs au quotidien, semblable à celle qui est associée au harcèlement accompagnant les atteintes à ma vie privée. La bonne société de Lille, en dépit de ses prétentions morales, semble tout entière soulevée par la jubilation qu’elle éprouve à s’adonner à ce nouveau jeu, grandeur réelle. Je tiens à faire savoir que je ne suis pas consentante pour participer à un divertissement collectif de type « Loft story ».

J’ai trouvé la force aujourd’hui, et les 4.38 € nécessaires, pour porter plainte une nouvelle fois auprès du Tribunal de Grande Instance de Lille, par courrier affranchi avec avis de réception, pour atteintes à la vie privée. Je m’étais promis de le faire depuis plus d’un mois sans parvenir à m’y résoudre. Aucune paresse pourtant dans l’ajournement de cette démarche, à laquelle j’ai fini par m’obliger en raison d’un sentiment d’urgence, mais des espoirs déçus (fournir des preuves irréfutables), des hésitations (trouver la formulation la plus efficace ou aller à la simplicité symbolique ?), de la colère (savoir que cette plainte-là ne connaîtra pas plus de suite que les précédentes). Il n’y a ni plaisir, ni acharnement dans mon obstination à porter plainte mais bien plutôt la volonté d’opposer au silence auquel se heurtent mes revendications légitimes le seul moyen tangible et officiel qu’il me reste de protester. Je m’indigne du silence de la justice alors que ma vie privée est jetée en pâture à la vox populi.

Le nombre d’avocats que j’ai pu contacter depuis mes premières tentatives de défense à Amiens ne se compte même plus en dizaines. La centaine est dépassée depuis longtemps, et le cercle géographique n’a cessé de s’agrandir : Amiens, Lille, Paris, Bruxelles, Amsterdam, Toronto, et même Munich l’été dernier, après avoir tenté en vain, à Genève, de défendre mon dossier auprès du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations-Unies… Pourtant lorsque j’ai commencé mes recherches, j’avais de l’argent pour payer l’avocat et la faculté de gagner ma vie à la hauteur de mes diplômes et de mes talents. J’ai perdu l’un et l’autre parce que je n’ai pas été défendue. Il va sans dire que plus de cent demandes impliquent aussi plus de cent refus. Et si je dois accorder à certains de m’avoir opposé un « non » sobre et décent, j’ai du mal à oublier le florilège d’humiliations et de quolibets que quelques autres ont tenu à associer à leur refus. La plupart d’entre eux plastronnent en invoquant le droit de chacun à être défendu. Je revendique le droit de connaître les arguments des défenseurs des Droits de l’Homme pour m’exclure de l’Etat de droit.

Les « Jeunes gens de bonne famille » mis en cause en décembre font le relais entre leurs aînés qui m’ont traînée dans la boue depuis trente ans et les réseaux de sociabilité du monde médiatique. Certains adoptent une posture contestataire  qui n’est pas très éloignée des critiques que je peux formuler à l’égard de la société. Hélas on en perçoit surtout la valeur de posture, valorisante  dans les milieux culturels, plutôt que la sincérité, dont on devine qu’elle est équivalente à la fausse modestie avec laquelle ils brocardent leur  »procrastination », un mot pédant qu’utilisent les truqueurs pour évoquer leur paresse ou leur tempérament velléitaire (demain j’attaque les Oeuvres complètes de Karl Marx en version intégrale et sans sous-titres, c’est juré, mais ce soir je m’offre un petit plaisir, je regarde la série Friends sur Tf1 en grignotant un paquet de chips). Comme personne ne comprend sans recours au dictionnaire, l’aveu prudent reste camouflé derrière le terme ronflant et l’auteur de cette déclaration tonitruante est à peu près assuré, à long terme, de pouvoir prétendre avoir fait un aveu courageux comme d’en nier la valeur réelle.

La sincérité de leur contestation de la société est tout aussi invraisemblable que le fait de se prétendre solidaire des « Indignés », par exemple, et de collaborer en même temps à ce viol médiatique et collectif qu’est ma mise sur écoute, organisé par le pouvoir qui oppresse le peuple et qu’ils prétendent combattre, puisque le jeu, offert à la tentation du peuple, est un dérivatif à des combats plus constructifs. On sait d’avance qu’ils adopteront  le choix de Babouc, le héros d’un conte voltairien. Emissaire d’Ituriel, l’un des « génies qui président aux Empires du monde », Babouc se rend à Persépolis pour en évaluer le degré de corruption. Cependant, d’indignation en indignation, il s’insère peu à peu dans la meilleure société de Persépolis et apprend à relativiser ses propres jugements. « Voici comment il s’y prit pour rendre » le « compte » qu’il devait à Ituriel : « Il fit faire par le meilleur fondeur de la ville une petite statue composée de tous les métaux, des terres et des pierres les plus précieuses et les plus viles; il la porta à Ituriel : « Casserez-vous, dit-il, cette jolie statue, parce que tout n’y est pas or et diamants ? » Ituriel entendit à demi-mot; il résolut de ne pas même songer à corriger Persépolis, et de laisser aller le monde comme il va. Car, dit-il, si tout n’est pas bien, tout est passable. On laissa donc subsister Persépolis; et Babouc fut bien loin de se plaindre, comme Jonas qui se fâcha de ce qu’on ne détruisait pas Ninive. Mais, quand on a été trois jours dans le corps d’une baleine, on n’est pas de si bonne humeur que quand on a été à l’opéra, à la comédie, et qu’on a soupé en bonne compagnie » (4).

Parmi ces « originaux » dont l’originalité se construit à l’intérieur des codes de l’originalité à la mode, il en est un qui a eu assez d’adresse pour parvenir jusqu’à moi, prisonnière de la baleine, et me convaincre de l’écouter. J’ai accepté de rencontrer ce Gilbert, qui de toute évidence s’appelait Gilbert comme moi je m’appelle Gertrude, un dimanche matin, dans un parc lillois, sans aucune naïveté mais comme toujours avec un peu d’espoir. Ce jeune homme, qui avait quand même à peu près mon âge, au milieu d’un torrent de conseils tous plus déprimants les uns que les autres pour organiser à Lille ma vie de paria, a insisté sur un point qui a retenu toute mon attention : il fallait que je renonce à lutter contre les écoutes à mon domicile. Elles étaient impossibles à contrecarrer. Il avançait comme argument majeur la miniaturisation du matériel d’écoute qui n’était pas plus gros, aujourd’hui, qu’une « tête d’épingle ». Malgré ma prudence, je n’ai pu m’empêcher de sortir de mes gonds pour protester.

Depuis près d’un an, je réclame dans ce blog le respect de mes droits humains les plus élémentaires. Entre tous, le droit au respect de ma vie privée me semble essentiel, primordial et nécessaire à l’établissement de mes autres droits. Tolérer Big Brother chez moi, ce serait coopérer à ma propre perte et à mon asservissement, accepter le sacrifice et cautionner un pouvoir que j’estime fascisant. Ce serait aussi abandonner toutes les petites pour lesquelles je me bats, qui sont menacées par la phallocratie des mêmes désastres que ceux qu’on m’a infligés, et que je n’oublie pas tandis que je réclame le respect de mes propres droits. Car je suis convaincue que mon combat, même s’il s’avérait voué à l’échec en raison de la disproportion des partis, leur fournira des armes dont elles pourraient avoir besoin, un exemple des erreurs à éviter et des succès à rechercher, un précédent qui leur permettra de reprendre la défense des femmes sacrifiées par les sociétés machistes et réactionnaires pour « faire marcher droit » tous les autres, garçons compris, et à partir duquel elles pourront construire leur propre défense et conquérir leur propre émancipation.

Big Brother is watching me flyersjuin2011.vignette   Mes nouveaux « Petits papiers ». Fin juin 2011.

Lendemain de mise en ligne :

Référents Big Brother   Référents du 02/07/2011.

Les référents du 2 juillet 2011, après la publication de l’article « Big Brother is watching me », dénotent une fois de plus une agressivité manifeste parmi ceux qui surveillent le blog. L’injonction « Laisse tomber ! » est sans surprise. J’aimerais attirer l’attention sur le référent « Un pénis… » pour mentionner que les insultes à caractère sexuel sont fréquentes dans les référents du blog, en particulier à travers des liens qui renvoient à des sites pornographiques ou à des forums de discussion « débridée ». Je suis restée discrète sur la question jusqu’ici, mais je m’indigne aussi de ces attaques. De toute évidence, le code de « bonne conduite » (voir même page) mentionné par mes adversaires ne s’applique pas à eux puisqu’ils se permettent toutes les bassesses.

NB : Les « référents » sont les termes placés dans les moteurs de recherche pour accéder au blog. Ils sont répertoriés dans l’administration du site. Le caractère factice de certains d’entre eux est notoire (voir article « Manipulation et intimidation », du 26/11/2010).

Notes :

1) George Orwell (1903-1950), 1984, publié en 1949. Très nombreuses éditions en toutes langues.

2) Henry David Thoreau (Concord, Massachusetts, 1817-1862).

3) Frank Capra (1897-1991), Mr Deeds goes to town (1936), ou L’Extravagant M. Deeds, avec Gary Cooper et Jean Arthur, film qui illustre avec humour les thèses du New Deal, chères au Président Roosevelt.

4) Voltaire, Le Monde comme il va et autres contes, édition établie par Frédéric Deloffre et Jacques Van den Heuvel, Gallimard, Coll. Folio, 1972 et 1979. Conte « Le Monde comme il va », p. 13 et 43-44, un conte dont je recommande la lecture à cette « jeune fille de bonne famille » que j’ai abordée il y a quelques temps dans une boutique de photocopies, proche de l’Université de Lettres, et que j’ai vue alors se décomposer puis bredouiller que « non », « pas du tout », elle n’était pas elle-même. Mais aura-t-elle le courage de lire Voltaire si elle n’a pas le courage d’avouer être elle-même ? Sa vie, dit-elle, est « versafutile ».




Le site (bêta) de Kinanda ... |
Benin News |
akdv |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Syndicat CFTC de l'Insertion
| movin'
| Justice et liberté