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Archive journalière du 12 fév 2011

La misère de certains citoyens ne bouleverse pas Monsieur Sarkozy…

J’avais déjà eu des difficultés à faire accepter ma question au Président de la République par les modérateurs de Tf1. J’avais dû m’y reprendre à trois fois et créer deux comptes différents, le premier sous le pseudonyme de Clairseg et le second sous celui de Microoreiller :

Mail Tf1  Mail Tf1

De la même façon, j’ai découvert hier que des deux commentaires laissés pendant l’émission, avant que je ne jette l’éponge et que je ne rentre chez moi, un seul avait été publié, celui sur la misère de certains Français, dont je fais partie, misère visiblement incompréhensible à notre président qui estime que ses concitoyens devraient faire « un effort » :

microoreiller, le 10 février 2011 à 21h32

Monsieur le Président,

Je crois que vous ne comprenez même pas ce que signifient des fins de mois difficiles : plus d’argent liquide pendant les derniers jours, des menus spaghetti/riz au lait à répétition, l’angoisse de perdre son logement si la situation ne s’arrange pas, le mépris de la société bourgeoise installée dans ses privilèges qui ne veut rien savoir et qui diabolise le chômeur, le spectacle de la misère dans les quartiers pauvres face à laquelle on est impuissant, la solitude, l’attente qui n’en finit pas… attente du chèque d’allocations, d’une réponse d’un employeur, du relevé de banque (et toujours avec angoisse…)… Vos commentaires sur des vacances « modestes » en France sont une insulte pour des quantités de Français qui hésitent à prendre un café en ville de peur des frais : 1.5 euro !

Je ne suis certainement pas la seule à qui la mésaventure est arrivée : combien ont vu leur commentaire disparaître à peine rédigé… Mais il est significatif de remarquer que décrire la réalité quotidienne de la misère n’a pas semblé un sujet dangereux pour les modérateurs de Tf1, tandis que le commentaire, à chaud, dans lequel j’expliquais qu’en dépit de mes trois ans de chômage, je n’avais jamais été aussi active, a été avalé par la machine…

Qu’est-ce qui a pu effrayer les modérateurs de l’émission ? D’oser dire que le chômage, même prolongé, ne signifie pas la fin des compétences ? Que Docteur ès Lettres et Licenciée en Histoire de l’Art, je n’ai pas besoin de « stage » de formation ? Que je cherche encore du travail ? Que j’explique que gérer la misère prend du temps ?

… ou bien que je raconte que je suis devenue, au fil des mois, une spécialiste de l’enquête policière ? Monsieur Sarkozy serait-il effrayé d’apprendre que j’aie employé mes talents de lectrice précoce, ma capacité de travail, et ma culture de Docteur de l’Université française, à développer un savoir-faire de Détective hors-pair ? Le savoir-faire est acquis. L’enquête donne des résultats. Il ne me manque qu’une réponse de la justice…

Fabriquer des preuves

L’insulte m’est restée sur le coeur. D’autant plus que j’ai déjà fourni à la justice des éléments de preuve qui me semblaient pertinents : est-ce avec de telles accusations que la justice espère esquiver son devoir de justice ?

La misère de mes agapes gastronomiques a pourtant pour corollaire la misère de mon train de vie, et par voie de conséquence, la misère de mon équipement technologique, lesquelles se doublent d’une solitude peu commune. Depuis mon retour de Toronto, Canada, la fonction Wifi de mon ordinateur portable, acheté en 2007 dans la gamme des premiers prix alors sur le marché, est mystérieusement tombée en panne et je n’ai pas les moyens de la faire réparer. Je vais au cybercafé. C’est là tout mon matériel informatique.

A moins que ce ne soit mon appareil photo, dont l’écran a été brisé Outre-Atlantique, qui représente une arme dangereuse… Dix-huit mois plus tard, je me sers toujours de cet appareil à l’écran brisé, mais qui fonctionne, car je n’ai jamais eu les moyens de le remplacer. C’est avec lui que j’ai fait la majeure partie des photographies qui se trouvent sur ce blog : je prends plusieurs clichés au jugé, je choisis le moins mauvais. En témoignage, une photographie de l’appareil, prise avec mon ordinateur, et le journal du jour, samedi 12 février 2011, pour que la date soit bien précisée :

 Appareil cassé  Appareil photographique cassé.

Enfin si les policiers de M. Sarkozy craignent que je n’aie à ma disposition, à la maison, je ne sais quel atelier secret et hautement technologique, j’en appelle au Brigadier L., du commissariat de Fives, à Lille, qui est venu lui-même visiter mon appartement lorsque j’ai demandé à ce qu’une recherche de microphones soit faite sur place, car ma vie privée n’est pas respectée. Hélas, sa hiérarchie lui a refusé les moyens nécessaires… Mais le Brigadier L. connaît fort bien la disposition des lieux.

La misère de certains citoyens ne bouleverse pas Monsieur Sarkozy... Chambre-Low4-271x300

La chambre

Vous avez en bas de la page English (qui est par ailleurs un bon résumé de ce blog, pour ceux qui ont la chance d’être anglophones), une photographie de ma « petite chambre », avec son coin bureau. Vous trouverez ci-dessous la face pile du cliché : vestibule, salle à manger et un cabinet de toilette personnel qui est un luxe, car toutes les chambres de l’appartement communautaire n’en possèdent pas. Mais nous partageons à quatre une vraie cuisine et une vraie salle de bain, avec baignoire, dont les caractéristiques « high tech » sautent aux yeux.

Comme on peut le voir sur ces clichés l’appartement est en duplex, et j’habite l’une des deux petites chambres installées dans le grenier, dites par le propriétaire « de la mezzanine ».

Est-ce à dire que le Brigadier L., du commissariat de Fives, à Lille, pourrait être effrayé par un pied nickelé de la contrefaçon ? A moins que ce ne soit l’as du bricolage à moindre frais qui ne le laisse pantois. Son imagination galope…

Lappart-collectif-Low4-300x276 Mal-logée

L’appartement collectif

L’arme fatale

de l’internaute

Voilà un article, conçu à l’origine comme un billet d’humeur avec illustrations, pour compenser le sérieux de certaines pages, et rendre plus attractive la lecture de ce blog, qui tourne au pamphlet. Que ce qui est publié sur ce site soit sous surveillance, j’en suis tout à fait consciente. J’invite le lecteur à se reporter à l’article du 9 janvier 2011, « Langage clair » Versus « Hypocrisie », pour se remémorer quelles sont les manifestations occasionnelles de ce contrôle. Les curieux qui souhaitent jeter un oeil sur le site devraient se dépêcher de le faire, il finira par être interdit.

Déjà, hier soir, tandis que je travaillais à ce papier, une voix a traversé les murs pour déplorer : « Elle écrit à la main… » Argh ! L’innocent ne peut rien faire, tout spécialiste du décodage informatique à distance qu’il soit. Eh oui, à l’époque d’internet et du tout numérique, l’arme fatale de l’internaute est le stylo à bille avec lequel il écrit son texte sur une feuille de papier pliée en deux, et qu’il garde planquée dans son sac à main jusqu’à l’instant fatidique de la mise en ligne.

Dans le même registre, je veux bien avouer que c’est la misère qui m’a fait inventer l’affiche de publicité sauvage pour le blog. N’ayant plus un sou vaillant en poche pour les photocopies, j’ai fouillé mes cartons : un bloc de papier canadien qui m’était resté sur les bras parce que le format est légèrement différent du A4 européen, des « petits papiers », récents et plus anciens, une phrase pratique à inventer, un marqueur, un stabilo orange, des tubes de colle, et beaucoup de patience… Les 126 premières ont été faites à la main, comme en témoigne ce vestige historique collé le 23 janvier et toujours en place le 8 février, lorsque je l’ai photographié :

Affiche-collage  Affiche collage

Les collages sont bien visibles après quinze jours de pluie et d’intempéries. Les affiches suivantes ont été conçues sur le même modèle et photocopiées.

Oui, je prends un plaisir sans fard à constater que face à des techniciens et des informaticiens dignes de Polytechnique et de Normale Supérieure, c’est mon stylo à bille, ou mon marqueur, qui les mettent en difficulté, ainsi que la simplicité, non dénuée de courage, avec laquelle j’aborde un combat titanesque. Je finirai donc par une caricature qui mériterait de faire le tour de la planète comme symbole de la débrouillardise face à l’injustice, pour rappeler que les faussaires, à l’origine, se trouvaient dans le camp de mes adversaires et que j’entends bien leur laisser l’exclusivité de leur vilenie.

Caricature   Caricature.




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