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Archive journalière du 27 oct 2010

Sur quelle planète mon portrait est-il diffusé : Mars, Saturne ou Pluton ? Détrompez-moi !

J’étais une anonyme, fille d’instituteurs agricoles, issue d’une famille de petits viticulteurs, sans relations, sans réseau social, première audacieuse du clan à oser l’aventure des études longues dans un milieu où les femmes sont plutôt priées de rester à la cuisine, tandis qu’à l’université, on me faisait sentir mes origines rurales. Rien ne me destinait à sortir de l’obscurité.

Et puis un jour la vie bascule. Mon entourage m’explique à demi-mot que l’héroïne du film, c’est moi. On connaît la chanson ! d’ Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Certes, certains détails sont troublants… Ridicule ! de Patrice Leconte. En y réfléchissant, on pourrait établir un parallèle entre le destin de Ponceludon de Malavoy et le mien… Quoique… Dans un premier temps, je vois les sourires goguenards. Bof… Enfin je remarque qu’ils dissimulent un rictus de haine…

C’est le début de la descente aux Enfers. Je pose des questions : on nie ! Comment ces artistes sont-ils aussi informés sur moi ? Danger ! Ils ne sont pas seuls… Je porte plainte. La situation se dégrade. Les insinuations deviennent calomniatrices. La justice ne répond pas. Aux années de vaches maigres pour faire des études, succède le chômage. Le passage par l’enseignement secondaire est cauchemardesque. J’essaie de le quitter, c’est retour à la case Misère.

J’ai l’impression tout à coup de ne plus avoir de vie privée. On me reconnaît dans la rue ! Les règles du jeu établies pour l’ensemble des citoyens ne sont plus valables pour moi. Lorsque je cherche le dialogue, personne ne me répond. Est-ce possible en France, le pays des Droits de l’Homme ? La devise des  Français n’est-elle pas : Liberté, Égalité, Fraternité ? A quoi sacrifie-t-on ma vie de femme ? Quelles frustrations, quels relents de mauvaise conscience trouvent un exutoire dans ma mise au pilori ?

Je découvre peu à peu que mon plus grand crime, c’est d’être seule, et c’est d’être femme.

Vous reconnaît-on dans la rue lorsque vous changez de continent ?*

*Et pourtant vous riez.

Comment me suis-je aperçue que ma photographie était diffusée ? Des passants me reconnaissent dans la rue, m’insultent, crachent sur mon passage, rient, me mettent la main sur le bras en me disant dans un sourire « Take care… », etc. Ils ne se trompent pas de personne, c’est bien à moi, Claire Seguin, qu’ils s’adressent.

Ce phénomène est moins marqué en France mais il peut se produire de façon occasionnelle. Lorsque je me rends à l’étranger, la campagne de diffamation est violente. Aux Pays-Bas la réaction des passants était restée souriante. Je ne me suis jamais fait insulter. Mais au Canada, l’agressivité était très marquée. Depuis le séjour au Canada, où que j’aille, c’est l’agressivité qui domine, même si elle n’est pas systématique.

Cela se passe selon un cycle identique. Lorsque j’arrive, je suis une anonyme dans les rues de la ville étrangère. Puis de façon soudaine, je me heurte à une agressivité brutale, et qui semble très généralisée. Le phénomène dure quelques jours ou quelques semaines, avec un pic de violence dans  les premiers jours, puis il décline, en général lorsque j’ai pris mes dispositions pour rentrer en France.

Le début du phénomène a toujours été lié à un contact ou à la fréquentation occasionnelle de Français se trouvant eux-mêmes sur place.




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