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Archive mensuelle de octobre 2010

Sur quelle planète mon portrait est-il diffusé : Mars, Saturne ou Pluton ? Détrompez-moi !

J’étais une anonyme, fille d’instituteurs agricoles, issue d’une famille de petits viticulteurs, sans relations, sans réseau social, première audacieuse du clan à oser l’aventure des études longues dans un milieu où les femmes sont plutôt priées de rester à la cuisine, tandis qu’à l’université, on me faisait sentir mes origines rurales. Rien ne me destinait à sortir de l’obscurité.

Et puis un jour la vie bascule. Mon entourage m’explique à demi-mot que l’héroïne du film, c’est moi. On connaît la chanson ! d’ Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Certes, certains détails sont troublants… Ridicule ! de Patrice Leconte. En y réfléchissant, on pourrait établir un parallèle entre le destin de Ponceludon de Malavoy et le mien… Quoique… Dans un premier temps, je vois les sourires goguenards. Bof… Enfin je remarque qu’ils dissimulent un rictus de haine…

C’est le début de la descente aux Enfers. Je pose des questions : on nie ! Comment ces artistes sont-ils aussi informés sur moi ? Danger ! Ils ne sont pas seuls… Je porte plainte. La situation se dégrade. Les insinuations deviennent calomniatrices. La justice ne répond pas. Aux années de vaches maigres pour faire des études, succède le chômage. Le passage par l’enseignement secondaire est cauchemardesque. J’essaie de le quitter, c’est retour à la case Misère.

J’ai l’impression tout à coup de ne plus avoir de vie privée. On me reconnaît dans la rue ! Les règles du jeu établies pour l’ensemble des citoyens ne sont plus valables pour moi. Lorsque je cherche le dialogue, personne ne me répond. Est-ce possible en France, le pays des Droits de l’Homme ? La devise des  Français n’est-elle pas : Liberté, Égalité, Fraternité ? A quoi sacrifie-t-on ma vie de femme ? Quelles frustrations, quels relents de mauvaise conscience trouvent un exutoire dans ma mise au pilori ?

Je découvre peu à peu que mon plus grand crime, c’est d’être seule, et c’est d’être femme.

Vous reconnaît-on dans la rue lorsque vous changez de continent ?*

*Et pourtant vous riez.

Comment me suis-je aperçue que ma photographie était diffusée ? Des passants me reconnaissent dans la rue, m’insultent, crachent sur mon passage, rient, me mettent la main sur le bras en me disant dans un sourire « Take care… », etc. Ils ne se trompent pas de personne, c’est bien à moi, Claire Seguin, qu’ils s’adressent.

Ce phénomène est moins marqué en France mais il peut se produire de façon occasionnelle. Lorsque je me rends à l’étranger, la campagne de diffamation est violente. Aux Pays-Bas la réaction des passants était restée souriante. Je ne me suis jamais fait insulter. Mais au Canada, l’agressivité était très marquée. Depuis le séjour au Canada, où que j’aille, c’est l’agressivité qui domine, même si elle n’est pas systématique.

Cela se passe selon un cycle identique. Lorsque j’arrive, je suis une anonyme dans les rues de la ville étrangère. Puis de façon soudaine, je me heurte à une agressivité brutale, et qui semble très généralisée. Le phénomène dure quelques jours ou quelques semaines, avec un pic de violence dans  les premiers jours, puis il décline, en général lorsque j’ai pris mes dispositions pour rentrer en France.

Le début du phénomène a toujours été lié à un contact ou à la fréquentation occasionnelle de Français se trouvant eux-mêmes sur place.

Avez vous lu les Droits de l’Homme ? Ceux de la Femme sont-ils très différents ?*

*Et pourtant vous riez.

Mes droits humains les plus élémentaires ne sont pas respectés mais les plaintes que je formule à cet égard suscitent l’hilarité générale. Je suis convaincue que mon cas constituera un précédent, et qu’il sera rejoué à d’autres, peut-être sur un mode mineur. Mais qui pourra alors protester après avoir ri ?

La Convention européenne des Droits de l’Homme reconnaît :

Le Droit à un recours effectif (Article 13)

Or depuis sept ans, toutes mes tentatives de recours pour faire valoir que mes droits les plus élémentaires ont été violés ont été rejetées par la justice française.

Le Droit à la liberté et à la sûreté (Article 5)

Je considère que je n’ai accès ni à la liberté pleine et entière, ni à la sûreté. Je vis dans la peur depuis plusieurs années : menaces de mort, qui se répètent, et manipulation, qui a pris de telles proportions que je ne me considère plus en pleine possession de ma liberté.

Le Droit au respect de la vie privée et familiale (Article huit)

Je me plains depuis des années d’atteintes répétées à ma vie privée : informations circulant sur moi sans autre explication possible que des indiscrétions de mon entourage proche et/ou la présence de microphones chez moi (ou mise sur écoute du téléphone?), ordinateur piraté, larcins à mon domicile (qui ne sont pas des vols pour des raisons pécuniaires, mais qui sont destinés à me donner un sentiment d’extraordinaire précarité de la vie), harcèlement téléphonique à certaines périodes, etc.

L’Interdiction de la discrimination (Articles 1 et 14)

Je fais l’objet de discrimination à l’embauche et de discrimination dans l’accès à la justice.

La Protection de la propriété (Article 1)

On cherche à m’empêcher de vendre mon seul et unique bien, un appartement de trois pièces, qui aurait pu être un moyen de survie, et qui sera bradé pour cause de dettes, alors qu’on m’empêche en même temps de travailler pour subvenir à mes besoins.

La Liberté de circulation (Article 2)

Bien que toute personne soit libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien, mes tentatives de départ vers l’étranger ont échoué à plusieurs reprises : Pays-bas en 2008, Canada et Allemagne en 2009, Espagne en 2010.

Suis-je de facto assignée à résidence en France ? A quel titre ?

L’interdiction de la torture (Article 3)

J’en arrive à considérer que la vie à laquelle je suis réduite en France constitue un traitement inhumain et dégradant et que le silence et le déni qu’on m’oppose relèvent de la torture morale.

Avez vous lu les Droits de l'Homme ? Ceux de la Femme sont-ils très différents ?* pdf conventioneuropennedesdroitsdelhomme1.pdf

Lettre ouverte au Président de la République

La rédaction de la « Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy » a été décidée dans le droit fil des distributions de « petits papiers » que j’avais menées dans le courant de l’été. Tandis que je distribuais mes flyers le matin ou le soir, je passais mes journées à rechercher un emploi.

La cible que je m’étais donnée pour la période estivale était la recherche de petits emplois saisonniers dans le monde agricole, dans toute la France — mais de préférence dans des régions où je pouvais combiner mon emploi avec mon enquête. En prenant de surprise mes adversaires au tout début de mes recherches, j’ai réussi à décrocher des vendanges dans le Beaujolais pour mi-septembre. Mais très vite il a fallu me rendre à l’évidence que mon projet était éventé et que j’étais grillée auprès des agriculteurs qui publiaient des propositions d’emploi sur le site de Pôle emploi. Une diversification des sources de petites annonces a été tout aussi inutile.

La situation m’a mise dans une colère noire : « Je ne peux même pas aller ramasser des patates en Picardie ! ». Je n’entrerai pas dans le détail des aventures picaresques dans lesquelles j’ai voulu me lancer pour déjouer la surveillance dont je fais l’objet — en vain. J’ai même quitté la France pour un périple hasardeux de quelques jours dans le sud de l’Allemagne, aux Pays-bas et en Belgique. Lorsque je suis rentrée le 27 août, profondément blessée par l’échec de mon entreprise, j’ai pris la décision d’écrire une Lettre ouverte au Président de la République. J’entendais relancer mon combat et en accentuer la portée avec de repartir vendanger le 12 septembre.

L’historique de cette nouvelle tentative de défense se trouve sur la page « Lettre à Nicolas Sarkozy ».

Lettre ouverte au Président de la République doc Lettre ouverte au Président de la République





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