Présentation du blog

Dernier article mis en ligne :

 « Fin de partie », publié le 25/11/2012.

Blog sur les atteintes aux libertés et à la vie privée :

Victime de très graves atteintes aux libertés et à la vie privée, j’ai monté ce blog pour essayer de me défendre. Je raconte mon cheminement dans l’article : « Des blagueurs à la blogueuse », publié le 18 novembre 2010.

En cliquant sur le titre du premier article « Présentation du blog », vous faites apparaître un lien qui mène à l’article suivant et qui permet de circuler dans le site d’article en article. Les mises en ligne postérieures au 18/12/2010 se trouvent à la suite de cet article

La page « Sommaire » permet de se repérer dans le blog et propose un aperçu des articles et pages publiés.

L’article « Vidéo sur Youtube », publié le 1er mai 2011, permet d’accéder à une vidéo en français et en anglais.

Les étapes qui m’ont amenée à rédiger ce blog :

1/ Harcèlement dans mon emploi qui m’oblige à démissionner. Hélas mes plaintes en justice restent sans réponse (voir la page « Plaintes »).

2/ Tentatives pour quitter la France qui échouent car des campagnes de diffamation sont organisées dans les pays où je me rends (voir l’article « Sur quelle planète mon portrait est-il diffusé…», « Vous reconnaît-on dans la rue lorsque vous changez de continent » et la « Lettre ouverte au Président de la République »).

3/ De retour en France, une enquête personnelle menée sur les origines de ce harcèlement (voir l’article « A l’ombre tutélaire de l’avantageux ministre, Monsieur Xavier Darcos »).

4/ Premières tentatives de défense: un premier appel est lancé de Toronto le 2 septembre 2009 (voir l’article « Happy New Year »), puis les appels sont renouvelés jusqu’à la rédaction de la « Lettre ouverte au Président de la République ».

5/ Le blog et le quotidien: mes droits les plus élémentaires étant bafoués (voir l’article « Avez-vous lu les Droits de l’Homme…», mais aussi ceux sur la « Justice », la « Médecine », l’ « Emploi », « Manipulation et intimidation »), j’ai demandé de l’aide auprès des Lillois (voir la page « Contact » et l’article « Ne l’oubliez jamais : celui qui laisse se prolonger une injustice, ouvre la voie à la suivante. Willy Brandt ») et monté ce blog.

« Pourquoi la vérité d’une réputation ne peut-elle être révélée ? Confondez-moi ! »

Dans un monde de faux-semblants où mes adversaires les plus acharnés sont souvent ceux qui prétendent dans mon dos me venir en aide ou prendre ma défense, il n’y a qu’un moyen d’enrayer la mécanique infernale : le dialogue ouvert avec moi-même.

Vous avez des questions ? Posez-les moi.

Vous êtes en possession de documents qui contredisent les déclarations faites dans ce blog ? Montrez-les moi. Rendez-les publics. Discutons-en ensemble.

Un vrai chercheur, un vrai journaliste, s’adressent à la source. Les autres ne sont que des saltimbanques payés pour assurer le spectacle.

!Atteintes à la vie privée!

Ce jour, lundi 20 décembre 2010, je complète l’article du 18/12 d’un paragraphe que j’aurais préféré ne pas avoir à écrire : j’ai constaté hier que j’avais fait l’objet d’un vol sans effraction à mon domicile, et que des documents avaient été volés, tandis qu’un disque de sauvegarde, sur lequel j’avais enregistré une grande partie des dossiers relatifs à l’enquête que je mène, avait été entièrement effacé.

Or le vol sans effraction signifie que les voleurs avaient les clefs. Je viens de porter plainte au commissariat de Fives, à Lille, avec des informations très précises relatives aux faits. Quelle suite sera donnée à l’affaire ? …

Fin de partie

Après plus de cinq années de combat pour ma liberté, j’ai réussi à quitter la France, pour un avenir qui semble cependant bien incertain. Je n’aurai reçu aucune aide. Cinq années d’enquête n’ont pas permis de faire éclore la vérité et je reste en butte aux mêmes formes de harcèlement que celles dénoncées à l’origine de ma révolte. Seule et démunie, j’ai vu pourtant au cours de ces années de lutte mon estime de moi-même, ravagée par une éducation basée sur la culpabilité, remonter en flèche. Tandis que les masques tombaient, et révélaient la bassesse de tous ceux qui m’avaient entourée, bassesse que je n’ai jamais partagée, et que souvent j’avais même été incapable de soupçonner, j’ai pris conscience de ma propre valeur, tant intellectuelle que morale.

Il est temps de mettre fin à l’aventure du blog. Je n’ai trouvé aucun interlocuteur et je suis épuisée de parler dans le vide. L’essentiel de ce que j’avais à dire a été dit, même si ce blog se caractérise aussi par tout ce qui ne l’a pas été : par exemple comment j’ai appris que mes jeunes cambrioleurs travaillaient pour la police, ou quelles sont les explications dont je me suis privée pour protéger les plus fragiles, à commencer par les jeunes femmes de ma famille, que je n’inciterai jamais assez à la prudence, mais aussi certains enfants…

Ma révolte est intacte et le combat ne peut que se poursuivre, ailleurs, d’une autre manière, mais toujours dans la plus complète solitude.

Novembre 2012-Mai 2013: Les oreilles de l’iceberg dépassant du buisson derrière lequel il tente toujours de se cacher… 

Campagne de protestation Avril-Mai 2013 (alors que la diffamation redouble sur mon lieu de vie comme en France, et auprès des personnes auxquelles je pourrais tenter de demander de l’aide).

Si les Français refusent de me rendre justice, s’ils n’ont pas le courage non plus de me dire ce qu’ils me reprochent, qu’ils me laissent au moins vivre en paix, a fortiori lorsque j’ai quitté la France.

Mailing Avril 2013

Blog : Un Micro /Author sick and angry / Auteur malade et en colère

Madam, Sir

Madame, Monsieur,

I have to declare publicly that I won’t go back to France for living, especially if I am sick.

Je tiens à faire savoir de façon publique que je ne rentrerai pas en France, en particulier si je suis malade.

I have a cough, no syndrome of Stockholm.

Je tousse mais ne présente aucun syndrome de Stockholm.

I would appreciate to be allowed to live in peace.

J’apprécierais d’être autorisée à vivre en paix.

The address of the Blog that you refuse to read, « Un micro sous votre oreiller » :

L’adresse du Blog que vous refusez de lire, « Un micro sous votre oreiller » :

[l’adresse du blog]

Explanation on attached files.

Explications sur les fichiers joints.

(I don’t smoke / Je ne fume pas)

Claire Seguin

If you don’t want to receive any message anymore, tell me. Your address will be erased.

Si vous ne voulez plus recevoir de message, faites-le moi savoir. Votre adresse sera effacée du listing.

Mailing Mai 2013

Blog / Un Micro : Opéra-tion Vos Impôts / Your Taxes

En français / In English.

Madame, Monsieur,

Je vous ai contacté par mail à l’occasion de mouvements de protestation que j’avais organisés pour sensibiliser les Français à ma situation de détresse. Certains se sont étonnés : « Pourquoi nous ? ». D’autres ont exprimé leur hostilité, et parfois transmis mon mail « à la gendarmerie » ! Les forces de l’ordre sont hélas très informées de mon blog et pour certaines collaborent au harcèlement dont je suis victime. Seuls des moyens accordés par les Etats européens ou américains peuvent expliquer la surveillance constante dont je fais l’objet. Mais en tant que citoyens êtes-vous bien consentants pour payer ce lynchage avec vos impôts ?

Toujours en détresse, je viens de mettre en ligne un nouveau document sur mon blog : [l’adresse du blog]

 Je serais heureuse que vous en preniez connaissance et le fassiez connaître.

Claire Seguin

Madam, Sir,

I have contacted you by mail on the occasion of protestations that I had organized in order to make the French people sensitive to my distress. Some people wondered : “Why us ?”. Some others expressed their hostility, and sometimes passed on my mail “to the police” ! Alas the police are well-informed about my blog and some of them collaborate on the harassment that I am victim. Only means granted by the European or American states can explain the constant watch over me. But as citizens do you really agree with this lynching financed by your taxes ?

Still in distress, I have a new document on line on my blog (A microphone under your pillow) : [l’adresse du blog]

 This document is translated on the English page. I would be happy if you read it and made it known.

Claire Seguin

If you don’t want to receive any message anymore, tell me. Your address will be erased.

Si vous ne voulez plus recevoir de message, faites-le moi savoir. Votre adresse sera effacée du listing.

(Les documents cités sont ceux affichés ci-dessous : Santé à ma santé (1&2) et Nicolas Poussin (1&2)).

Quelques commentaires sur Yahoo, ces deux derniers jours, au gré de ma présence occasionnelle sur internet, pour compléter les mailings.

Lundi 27 mai 2013

François Hollande célèbre les résistants de la première heure

Reuters – il y a 3 heures

PARIS (Reuters) - François Hollande a célébré lundi le 70e anniversaire de la naissance du Conseil national de la Résistance, moment fondateur de la France d’après-guerre, appelant les Français à s’inspirer de son esprit pour croire en l’avenir malgré la crise.

ClairSeg  •  il y a 6 minutes 

Les droits et la liberté de la citoyenne que je suis sont-ils inclus dans cette belle profession de foi ? Proche du désespoir, j’aimerais, à défaut de pouvoir obtenir justice d’un pays qui m’a salie et trahie, qu’on me laisse au moins vivre en paix… J’ai quitté la France et il me faut encore me battre contre les sbires du Parti socialiste, contre une police qui n’est pas capable de me dire ce qu’elle me reproche, contre la calomnie… L’esprit de Résistance des Français, je cherche encore à le mobiliser…
Claire Seguin, Un micro sous votre oreiller.

Mercredi 29 mai 2013

Hollande et Ayrault enrayent leur chute, selon TNS Sofres

PARIS (Reuters) – La cote de confiance François Hollande est en hausse de cinq points à 29% et celle de Jean-Marc Ayrault monte de trois points à 26%, selon le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine de juin, diffusé mardi.

ClairSeg  •  il y a 2 heures 10 minutes 

Ouf, ça va mieux ! Maintenant que l’Amérique a rendu à DSK sa respectabilité en l’invitant à Cannes, Monsieur Hollande devrait faire entrer Martine Aubry au gouvernement. Et à la prochaine cohabitation, il prend Sarkozy comme Premier ministre. Comme ça, l’équipe sera au complet…

Un utilisateur Yahoo!  •  il y a 2 heures 2 minutes

Qu’est-ce qui a changé en France ces derniers jours pour modifier ces sondages à la hausse ?…. On ne sait pas !

ClairSeg  •  il y a 1 heure 57 minutes 

Ouf, ça va mieux ! Et si la petite bande en profitait pour me rendre ma liberté ?! Je suis fatiguée de vivre avec « un micro sous mon oreiller »…

François Hollande poursuit son tour de France

Par Le Nouvel Observateur avec AFP | Le Nouvel Observateur – il y a 1 heure 54 minutes

François Hollande se rendra mercredi 29 et jeudi 30 mai à Rodez (Aveyron) et Castres (Tarn) pour son premier déplacement de deux jours en province depuis deux mois et demi. La visite aura pour thème l’emploi. 

ClairSeg  •  il y a 1 heure 16 minutes 

Et moi, je poursuis mon tour de l’Europe, désespérée de trouver un pays où je puisse vivre sans « micro sous mon oreiller »….

1 réponse

MAX  •  il y a 1 heure 12 minutes 

Allez voir hors de l’Europe….

ClairSeg • il y a une seconde

Mais je suis prisonnière de l’Europe. Les campagnes de diffamation n’ont pas de frontières, j’ai déjà connu l’enfer au Canada. En Europe, j’ai au moins la possibilité de circuler et (a priori) de travailler sans papiers et sans rien demander à personne.

Séquence « emploi » de Hollande, avec deux jours en région

PARIS (Reuters) – Deux mois et demi après son déplacement à Dijon, François Hollande renoue cette semaine avec le principe d’une visite en région étalée sur deux jours dans l’Aveyron et le Tarn, où il parlera emploi et redressement industriel.

ClairSeg • il y a une seconde

Mon droit de travailler est-il compatible avec « un micro sous l’oreiller » ? Que compte faire Monsieur Hollande pour les femmes mises au ban de la société ?

Recommandations de Bruxelles : Hollande et Ayrault répondent que la France ira à son rythme

Atlantico. Face aux demandes de Bruxelles de ramener le déficit à 2,8% en 2015, le président rappelle que Bruxelles « n’a pas à nous dicter » notre conduite.

ClairSeg  •  il y a 18 minutes 

Pour faire des économies, je suggère à Monsieur Hollande de mettre à pied les policiers qui me surveillent. D’ailleurs qui surveillent quoi ? C’est ahurissant ce à quoi peut servir l’argent des contribuables !

ClairSeg  •  il y a 9 minutes 

Faites donc des économies ! Certes, le policier qui a surveillé le départ de Londres du dangereux auteur d’Un micro sous votre oreiller était Anglais. Et grincheux comme un sous-chef dans son costume et sa berline noire ! C’était autre chose qu’une tronche de rosbif déguisée en Bobby ! Mais il ne faut pas rêver, les Anglais présentent toujours la facture !

Hollande sur Spanghero: « nous ferons tout »

Par AFP | AFP – il y a 50 minutes

François Hollande a assuré mercredi à Rodez (Aveyron) que le gouvernement « ferait tout » pour que les salariés de Spanghero puissent retrouver un repreneur ou à défaut bénéficient d’un reclassement « exemplaire ».

ClairSeg  •  il y a 16 minutes 

Ah la la, s’il faisait tout pour m’oublier, moi, je serais ravie !!!!

Je suis hélas bien placée pour savoir ce que valent les promesses de François Hollande : rien. Je n’ai besoin de l’aide de personne pour me réinsérer dans la société et je ne demande rien. Mais je n’accepterai pas non plus d’être calomniée, où que j’aille, par des gens qui n’ont jamais eu le courage, en trente ans, de dialoguer avec moi.

Réclamer qu’on me laisse vivre en paix, sans « micro sous mon oreiller », ce n’est pas demander une faveur, c’est exiger le minimum de la dignité humaine, le simple respect de mes droits humains fondamentaux, l’application basique des valeurs de la démocratie.

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Nicolas Poussin 1

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Nicolas Poussin 2

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Entretien fictif / Pole Emploi 1

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Entretien fictif / Pole Emploi 2

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Ma reponse a Pole Emploi

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MGEN : la mutuelle des enseignants

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La fausse transparence de Facebook 1

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La fausse transparence de Facebook 2

Révolte : « Animal Farm » made in France

Révolte :

The greedy Blackbird

A la fin, j’avais cru y arriver ! A obtenir une réponse de la justice ? Non. A trouver de l’aide pour poursuivre mon combat ? Encore moins. A convaincre mes lecteurs des atteintes à la vie privée dont je suis victime ?  Pas du tout. A indigner les humanistes avec la liste des droits humains essentiels qui me sont refusés ? Jamais. A stopper le harcèlement ? Hélas, rien n’a changé… Mais j’avais cru réussir à vendre mon appartement, dans des conditions à peu près normales, et à acheter ma liberté au prix de l’exil et de la misère à l’étranger.

C’était compter sans la surveillance policière, la délation des institutions, la guéguerre de la petite bourgeoisie socialiste et réactionnaire. Pendant plus d’un mois, la signature de la vente a été reportée sur des prétextes futiles, tandis que je me battais en vain pour obtenir de mon côté les documents « honnêtes » que certains de mes créanciers, plus empressés les uns que les autres à profiter de ma détresse, me refusaient. Les attaques et les trahisons ont redoublé. Mon père, averti de ma nouvelle fragilité et complice de mes adversaires, s’est remis à me harceler d’appels téléphoniques. Je me suis épuisée en démarches infructueuses. Tout ce qu’un être humain averti peut tenter pour défendre ses intérêts a été tenté. Mais j’ai été impuissante face à une bande organisée d’escrocs qui trouvent dans cette bonne ville de Lille corrompue jusqu’à l’ignominie,  comme de la part de la collectivité nationale, tous les appuis dont elle a besoin pour justifier l’injustifiable.

L’appartement est vendu. Je suis rincée. Et je reste sans défense face à un appareil d’Etat qui gouverne aussi bien le secteur privé que le secteur public. C’est ce qu’on appelle en France depuis quelques temps la « normalité ».

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Dénoncée par la gauche à la droite, par le service public au secteur privé, j’ai du mal aujourd’hui à distinguer ce qui oppose ces Janus. Des Sarkobry aux Sarkhollande, la même animosité les dresse contre moi et la même loi du silence les soude entre eux. Aucun contrepouvoir ne semble plus s’exercer en France. La justice protège les puissants au détriment du faible, la législation du service public connaît des interprétations élastiques selon la tête du citoyen et la presse est à la botte du pouvoir politique. Pendant cinq ans je me suis battue pour mes libertés fondamentales. Pendant plus de deux ans, j’ai tenu ce blog. Je n’ai même pas obtenu le droit de savoir quel était le crime dont je suis accusée, quelles accusations étaient portées contre moi, quelle culpabilité pouvait justifier ma mise à mort collective. Une « ordure » comme moi devrait le comprendre d’elle-même ! C’est pire que l’Inquisition ou que les procès staliniens.

« All animals are equal ».

« Tous les animaux sont égaux » (1).

La République française entendait pourtant lutter contre les privilèges de l’Ancien Régime et les prérogatives que s’octroyait une élite sociale au détriment du plus faible. C’est l’un des principes revendiqués par tous les combattants de la justice et du droit des humbles qui se sont opposés à l’arbitraire des nantis : ne pas reproduire les vices de leurs adversaires, ne pas se laisser gagner par la tentation du pouvoir.

Le début du XXème siècle, qui a souvent eu recours à la métaphore animalière pour représenter la comédie humaine, ne s’est pas privé de mettre en scène les bêtes de la ferme pour illustrer les rouages de la vie sociale. Cet imaginaire animalier a façonné les esprits de plusieurs générations consécutives, celle des « poilus », celle de leurs fils, dans la tradition française de la fable de La Fontaine. A-t-on fait lire à notre Greedy Blackbird le Chanteclerc d’Edmond Rostand (2) ? Connaissait-il ce coq de basse-cour au cœur généreux, retourné à la vie sauvage par amour pour une faisane, et trahi par un merle apprivoisé qui le dénonce au braconnier ? Ce goût de la vie rurale n’était pas l’exclusive de la France et a modelé d’autres imaginaires européens contemporains. George Orwell utilise le même schème lorsqu’il entend dénoncer les déviations du parti communiste et les procès staliniens : il imagine une communauté animale qui se libère de la servitude que lui impose le fermier Jones dans Animal Farm. Et parmi les premiers engagements qu’il fait prendre à ses animaux révoltés, il n’oublie pas de rappeler cette maxime de base : « Ne perdez pas de vue non plus que la lutte elle-même ne doit pas nous changer à la ressemblance de l’ennemi. Même après l’avoir vaincu, gardons-nous de ses vices » (3).

Oserai-je proposer la relecture de La Ferme des animaux à ce travailleur intellectuel salarié par la municipalité de Lille (un bibliothécaire !), et qui cultive son look libertaire, pour le dissuader de plus amples tentatives de manipulations psychologiques ? Profitant de l’un de mes passages éclairs à la bibliothèque municipale (où je ne mets plus les pieds que pour venir chercher et rapporter les documents dont j’ai besoin), ce monsieur trop souriant a tenu à me féliciter, avec un semestre de retard, pour l’enfarinage de François Hollande, en me conseillant de recommencer.

Je lui ai fait remarquer que je n’avais aucun monopole sur l’usage de la farine et qu’il pouvait prendre le relais, si l’activité lui paraissait attrayante. Il m’a répondu qu’il luttait de son côté « en interne » : je suppose que de temps en temps, lorsque son supérieur a le dos tourné, il lui renverse son café d’une adroite pichenette. C’est le genre de petites satisfactions qui doivent le combler. J’ai été outrée par ses arguments pour m’inciter à repasser à l’acte. Ils étaient tous marqués au sceau de la calomnie la plus insultante, dont il avait de toute évidence gobé les efflorescences sans la moindre trace d’esprit critique. On ne peut pas être contestataire et avaler la propagande adverse avec délectation. Mais cette propagande est-elle bien celle de la partie adverse ? A quel jeu de double face s’exerce-t-on ?

Pour ma part, je n’ai retiré aucune satisfaction personnelle à l’enfarinage de François Hollande, sinon dans la réussite de mon geste. Il s’agissait d’un acte de protestation à l’encontre du Parti socialiste et de ses hypocrisies, mais qui n’était pas dirigé contre l’homme. J’en attendais un débat, l’exposition du déni de justice dont je suis victime : je n’ai rien obtenu. Le silence de la presse comme celui des Français m’a humiliée. L’absence de tout débat d’idées m’a consternée. Je n’avais pas l’intention de jouer un rôle d’amuseur public pour gauchistes pantouflards. Je n’ai pas l’intention de recommencer.

Il n’est pas possible de contester l’ordre bourgeois établi et de participer à mon lynchage, même en prétendant poursuivre d’autres buts que ceux du Parti socialiste. Je n’ai pas d’amis politiques à ménager. Personne ne m’a demandé mon avis sur le rôle de bouc émissaire que l’on me fait jouer contre ma volonté et qui me scandalise. Je ne suis la marionnette consentante de personne : combien de fois faudra-t-il le répéter ?

Au moment du retard organisé autour de la vente de mon appartement, au mois de septembre 2012, lorsque mes projets de nouveau départ à l’étranger se sont fait connaître, la bibliothèque de Lille n’a pas trouvé mieux à faire que de participer à la manipulation générale qui devait me dissuader de quitter la France. J’ai appris tout à coup, en rendant des documents, que trois ouvrages que je n’avais jamais empruntés avaient été déposés sur mon compte : deux exemplaires de Paroles, de Jacques Prévert, et un tome de Raison et sentiments de Jane Austen, dont la portée « subliminale » m’a mise très en colère. Il a aussi fallu « gérer » le soi-disant problème informatique en retournant moi-même à la bibliothèque, alors que j’avais cent autres choses à faire à ce moment-là. Mon « pote » bibliothécaire s’est-il manifesté ? Pensez-donc ! Je n’ai pas besoin d’amis qui font l’autruche quand je suis dans la peine.

Le silence de la presse est similaire à la complicité de l’intelligentsia, de gauche par principe, mais collaborationniste dans les faits. Malgré le caractère spectaculaire de l’enfarinage de Monsieur Hollande, aucun secours n’est venu des journalistes non plus. J’avais espéré, puisque toutes les colorations politiques sont en théorie représentées, qu’une rivalité, une faille, permettrait peut-être à la vérité d’éclater. Il faut se rendre à l’évidence que l’unanimité s’est faite autour de la version officielle d’un trouble mental qui ne justifiait aucune contre-enquête pour évaluer la véracité de mes déclarations. Il n’y a pas eu un seul curieux. Autant dire que ma protestation était déjà connue de tout le monde. En revanche, des mois plus tard, lorsque j’ai publié l’article « Révolte : Exit le panier de crabes », qui a été suivi à Lille d’une violente campagne de diffamation, les articles calomniateurs publiés au moment de l’enfarinage ont refait surface (4).

Je ne mâcherai pas mes mots sur l’intelligentsia française dans ce dernier article. Les postures contestataires, libertaires, revendicatrices sont devenues des postures convenues qui masquent la pire des corruptions. Le mensonge s’est généralisé, le clientélisme d’Etat rivalise avec le clientélisme politique, le courage est inexistant. En ces temps de disette, les places de fonctionnaires s’échangent contre des « services » à tous les niveaux de la hiérarchie. Il n’y a qu’à voir ce qu’est devenu le quartier latin colonisé par les boutiques de luxe qui remplacent les librairies, fermant les unes après les autres, pour comprendre quelle a été la meilleure arme du capitalisme contre l’intelligentsia française, si à gauche après la seconde guerre mondiale.

Serge Halimi a publié, il y a quelques années déjà, un petit ouvrage remarquable sur la presse qui a été actualisé en 2005, Les Nouveaux chiens de garde, dans lequel il dénonçait la collusion des journalistes et du pouvoir politique (5). Le titre de son livre faisait référence à celui de Paul Nizan, Les Chiens de garde, publié en 1932 (6). Ce normalien, « calomnié depuis sa mort par un parti communiste qui se vengeait avec d’autant plus de hargne de ceux qui l’avaient quitté que nombreux encore étaient ceux qui le rejoignaient » (7), y lançait une diatribe contre les philosophes des années 1930 qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, se seraient mis au service de la bourgeoisie et auraient donné leur démission du combat qui aurait dû être le leur auprès du peuple pour le défendre. Il dénonçait alors la gauche qui fait honte à la gauche dans un contexte historique délétère : « Une guerre qu’on panthéonise, la crise qui gronde, les colonies qu’on pressure, les vieillards qui gouvernent, une université qui s’anémie, la gauche qui fait honte : voilà à quoi ressemble la France de Paul Nizan quand il revient d’Aden avec l’intention d’en découdre », écrit Serge Halimi dans la préface qu’il a rédigée pour l’ouvrage en 1998 (8). Il est dommage que Serge Halimi découvre une analogie entre Nizan et Céline : la comparaison est mal venue ! En revanche, lorsqu’il rend la parole à Nizan, les propos du philosophe marxiste font toujours mouche trois générations plus tard : « Que font les penseurs de métier au milieu de ses ébranlements ? Ils gardent encore leur silence. Ils n’avertissent pas. Ils ne dénoncent pas » (9).

On aura compris que Serge Halimi entend établir un parallèle entre les années 1930 et les années actuelles, entre la posture des philosophes universitaires de Nizan et celle de ses collègues journalistes. Il confie à Christine Ockrent le soin de décrire l’état d’esprit de l’intelligentsia française en citant les paroles de sa consœur : « Je vais découvrir la puissance à Paris de toutes sortes de réseaux, qui au mépris des faits, de l’honneur et au mieux de leurs intérêts, décident des mises à mort comme des modes de pensée […]. Hors des clans, des clientèles, hors des sociétés d’admiration mutuelle et des renvois d’ascenseur, point de salut, encore moins de confort » écrit-elle dans La Mémoire du cœur (10). Serge Halimi confirme que « La confraternité, qui offre bien des avantages, impose aussi quelques exigences. Car aller dans les médias, c’est se taire sur les médias ou ne dire sur eux que ce qu’ils consentent à entendre. La règle, qui vaut pour les journalistes multicartes, s’applique aussi aux intellectuels et aux universitaires — y compris quand ils se disent contestataires mais qu’ils ont un livre à vendre » (11).

Ce n’est pas sans intérêt que j’ai découvert que l’un des sujets tabous sur lequel le silence de la presse était requis s’avérait être le cinéma. Ma propre vie jetée en pâture à quelques cinéastes malhonnêtes et asservis à la propagande capitaliste, sans possibilité de défense, m’a rendue très attentive à ce genre d’information, même fournie de façon incidente. Serge Halimi explique dans Les Nouveaux chiens de garde quelles concessions Karl Zéro accordait à son patron : « Dès 1998, interrogé sur la « liberté de ton » qu’il conserverait après le prise en main de Canal Plus par le groupe de Jean-Marie Messier, l’animateur Karl Zéro expliqua avec une louable franchise : « L’accord de départ, avec Pierre Lescure [alors PDG de Canal Plus] et Alain de Greef [alors directeur des programmes], spécifiait bien qu’il y avait trois sujets sur lesquels on ne pouvait pas enquêter : le football, le cinéma, la CGE [ex-Vivendi]. Cela dit, ces interdits ne me posent pas de problème. Je trouve normal qu’un diffuseur ait ses exigences » (12).

Les grandes compagnies de cinéma, comme la presse, comme tous les médias, sont des organes de propagande au service des forces économiques, auxquelles elles sont « pieds et poings » liées en raison même des coûts de plus en plus extravagants de la production. Leurs silences comme leurs enthousiasmes programmés sont destinés à formater les imaginaires et induire des comportements opportuns. Elles se conduisent en réalité de façon très similaire à celle des journaux et des émissions télévisuelles de divertissement qui sont financés par les grands groupes de presse. Parmi ces multiples modes de propagande, et grâce à son apparente indépendance, à son illusoire désintéressement, le cinéma joue un peu le rôle d’une cinquième colonne de l’Amérique capitaliste.

Serge Halimi dénonce avec âpreté les silences, les complicités, les renvois d’ascenseur des journalistes qui imposent leur vision du monde au détriment de la vérité. Il brocarde aussi les mensonges ou les compliments emphatiques et ridicules, que l’on peut glaner dans les articles promotionnels publiés en France par les journalistes qui entendent favoriser dans leurs colonnes la coterie à laquelle ils appartiennent. Il cite parmi d’autres « Peyrefitte » réinventant l’univers avec un cerveau évoquant ceux de « Beethoven ou d’Einstein », « Giesbert » venant d’écrire « le roman dont rêvait sans doute Spinoza » ou « Jean Daniel » faisant penser à « Monteverdi » (!): « Un responsable de journal qui laisse publier de telles calembredaines dans sa rubrique consacrée aux essais politiques ne respectera pas davantage la vérité dans les autres pages », prédit-il (13).

Cette quête de la vérité, qui devrait être celle de tout journaliste passionné, en dépit de sa raréfaction, semble toujours être le Graal de Serge Halimi. Mais j’ai bien peur que sa combativité se soit émoussée lorsqu’il conclut son ouvrage par la formule : « face à ce que Paul Nizan appelait « les concepts dociles que rangent les caissiers soigneux de la pensée bourgeoise », la lucidité est une forme de résistance » (14). La lucidité est une condition sine qua non de la résistance, mais elle n’est pas à elle seule une forme de résistance. Elle peut même sonner le glas de l’honnêteté, du sens de l’honneur, du désintéressement, si elle se double d’une démission de la combativité, d’un refus de s’impliquer, d’une acceptation du silence complice. La lucidité sans désir d’en découdre ne peut conduire qu’au cynisme.

Serge Halimi fait partie des premiers journalistes que j’ai contactés au commencement de mon propre combat. Comme tous les autres, il m’a opposé des portes fermées.

« All animals are equal

but some animals are more equal than others ».

« Tous les animaux sont égaux

Mais certains sont plus égaux que d’autres » (15).

L’avènement de la République française grâce à la Révolution de 1789 avait des ambitions de justice sociale dont les Français ont gardé le souvenir mais dont l’acuité s’est édulcorée tandis que s’imposait une nouvelle aristocratie d’Etat (d’ailleurs pas toujours si nouvelle !). Je ne peux que renvoyer à la citation de Paul Nizan que j’ai proposée à mes lecteurs dans mon article « Révolte : Seule au front » et dans laquelle il déplore que les bourgeois révolutionnaires passés du camp des opprimés à celui des oppresseurs finissent par prendre le parti des « classes dirigeantes » : les contestataires, lorsqu’ils accèdent à un statut officiel, s’arrogent d’abord le droit de parler au nom des opprimés, avant d’imposer par la force celui de penser à leur place. C’est aux restrictions qui apparaissent alors dans la liberté de parler de tous, avant même qu’on ne soit en mesure de déceler les mensonges et les roueries des dominants, que se manifeste la prise de pouvoir de ceux qui tentent de jouer sur les deux facettes de la société.

L’Education nationale, qui se prétend si à gauche, fait partie de ces Janus contre lesquels je me bats. J’y ai expérimenté cette restriction subtile du droit de parole de certains qui trahit toutes les hypocrisies en germe dans un corps d’Etat sclérosé. Le discours dominant, tant de la part de l’administration que des syndicats, semble autant destiné à masquer la défaite des ambitions qu’à imposer les valeurs d’une administration publique qui auraient pu revendiquer la profession de foi des animaux d’Animal Farm : « Mais surtout, jamais un animal n’en tyrannisera un autre. Faibles ou forts, intelligents ou simplets, nous sommes tous frères. Nul animal jamais ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux » (16). La réalité du terrain impose de constater que certains, dans les faits, sont plus égaux que d’autres, et que cette fraternité est illusoire.

A titre d’exemple, un article de Gilles Balbastre sur l’évolution de l’Education nationale, « Feu sur les enseignants », paru à la une du Monde diplomatique en octobre 2010 (17), a retenu toute mon attention. Le documentariste enquête sur la nouvelle « révolution » que constituait en 2010 le « programme Clair (Collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) ». Cette énième réforme de l’Education nationale affirmait sa « volonté d’imiter le modèle de relations sociales du secteur privé, en transformant chaque établissement en petite entreprise autonome » : « Encore expérimental et restreint à une centaine d’établissements « concentrant le plus de difficultés en matière de climat scolaire et de violence (Bulletin officiel, juillet 2010) », ce dispositif donn[ait] la possibilité aux chefs d’établissement de « recruter les professeurs sur profil (Luc Chatel) ». L’auteur dénonçait la création d’une « hiérarchie intermédiaire » dans le « corps des enseignants, jusqu’à présent relativement égalitaire » et la marchandisation de l’éducation.

Si le « Programme Clair » est postérieur à ma démission de l’Education nationale, celui-ci a été préparé par une première expérience similaire dont j’ai été le témoin lors de ma dernière année d’enseignement : les « professeurs référents », qui se sont glissés, dit Gilles Balbastre, entre les directions et les équipes pédagogiques pour servir de « courroies de transmission » aux directives ministérielles.  Ce souvenir cuisant m’a permis d’apprécier à sa juste valeur l’article de Gilles Balbastre, qui, pour illustrer ses propos, cite le commentaire d’une professeure en poste à Roubaix, Hélène D. sur les fameux « professeurs référents » : « Jusqu’alors, « l’idée générale, chez les profs, c’est une égalité de fait : je respecte tes cours car tu respectes le miens, observe Mme Hélène D., professeure de lettres modernes à Roubaix. On fait le même boulot, avec le même nombre d’heures, les mêmes conditions de travail. Ce genre de profs, avec un statut différent, avec une présence moindre devant les élèves, avec un rapport particulier à la hiérarchie, a amené une certaine division dans les salles de profs. Ce qui peut être préjudiciable, car, dans ces collèges, nous avons avant tout besoin de solidarité » (18).

Hélène D. n’est pas une inconnue. Lorsque je suis arrivée au collège Albert Samain de Roubaix, c’est la première collègue enseignante en Lettres Modernes qui se soit montrée accueillante avec moi et qui m’ait proposé des préparations de cours en commun : « Ô Claire, j’aimerais tant travailler avec toi ! »  Méfiante d’emblée envers toutes ces sollicitations professionnelles, toujours présentées de façon amicale, mais dont les arrière-pensées sont parfois difficiles à appréhender lorsqu’on arrive à l’improviste dans un établissement, je me suis pourtant laissée amadouer, jusqu’à ce que je découvre sa première duperie.

Un après-midi où nous devions travailler en commun, avec une troisième comparse, je me suis proposé de passer la prendre devant chez elle, en voiture, plutôt que de l’attraper à la volée Place des Postes, comme elle me le demandait. Ma suggestion était sans arrière-pensée aucune : c’était juste beaucoup plus simple, pour moi qui connaissais mal la ville où je venais de m’installer, qu’un rendez-vous improbable sur une place trop passante et où il est d’ailleurs interdit de se garer. Je me revois encore devant la maison où je m’étais arrêtée. Descendue de voiture, j’ai refait un pas en arrière avant de sonner à la porte.  J’étais bien dans la bonne rue. J’étais bien au numéro 15. Mais le nom sur la sonnette était « Balbastre ». Quel nouvel hasard extraordinaire ! (19) Ayant gardé son nom de jeune fille comme nom d’usage, elle avait négligé de me dire qu’elle était… l’épouse de Gilles Balbastre. Je connaissais Gilles Balbastre, un bordelais, pour l’avoir rencontré à Amiens dans des réunions politiques. Mais je le connaissais en tant que journaliste. Je ne savais rien de sa vie privée. Malgré ma méfiance, malgré les querelles amiénoises et le harcèlement dont j’avais souffert en Picardie, j’ai pourtant accepté de faire confiance.

C’était une confiance mal placée. Sa camaraderie apparente ne s’est jamais démentie. Je me souviens encore aujourd’hui, parmi les quelques confidences amicales qu’elle m’ait faites, et non sans ironie, car nous nous voyions souvent, qu’elle m’avait avoué avec un sourire que l’hypocrisie était une condition de survie du syndicaliste. Elle était elle-même la représentante du SNES, le principal syndicat enseignant, auquel j’avais adhéré par fidélité familiale lors de ma première année d’enseignement, avant de me rétracter. Elle parlait fort à la salle des professeurs et était une fervente partisane des valeurs de gauche du service public ! Jusqu’à ce que je découvre, après plusieurs mois de compagnonnage, qu’elle était entrée dans l’Education nationale deux ou trois ans…après moi ! Une vraie spécialiste du service public : elle en avait longtemps rêvé ! Il va sans dire que sa solidarité de professeure était de la même eau que ce qu’en annonçaient toutes ses cachotteries.

A la fin de ma première année d’enseignement à Roubaix, tumultueuse (malgré une modestie tenace, je n’étais pas dupe au point de ne pas comprendre que mes collègues m’avaient mis des bâtons dans les roues…), mes collègues de français, dont faisait partie Hélène, ont profité d’une journée d’absence pour me refiler l’année suivante toutes les classes qui devaient travailler avec les futurs « professeurs référents » annoncés par l’administration, sans me demander mon avis, bien entendu, sur le « cadeau » qu’ils me faisaient. A la rentrée, humiliée par la « crasse » qu’ils m’avaient faite, j’ai essayé de négocier seule avec mes jeunes collègues « professeurs référents » un statu quo qui me permettrait de passer une année à moindre mal. Il a fallu très vite déterrer la hache de guerre. Ces jeunes gourdes de vingt ans, fraîches émoulues de leur année de stage, qui n’avaient aucune réelle expérience professionnelle, dont la culture littéraire arrivait à peu près à la cheville de la mienne, et dont l’arrivisme s’affichait sans vergogne, entendaient me donner des conseils pédagogiques (!) et s’immiscer dans mes classes (!), faisant jouer l’autorité du principal lorsque je me montrais trop réticente (une honte !). Je me suis mise très en colère.

A partir du moment où j’ai été en conflit avec mes collègues « professeurs référents », toute l’équipe pédagogique d’Albert Samain s’est acoquinée avec les deux demoiselles, à commencer par mes collègues de français, s’invitant les uns et les autres dans les classes, et partageant de touchantes émotions professionnelles.

Le respect de mes propres cours dont se vante Hélène ? Aucun. Une certaine division à la salle des professeurs provoquée par l’intrusion des « professeurs référents » ? Je ne l’ai pas perçue. Une solidarité menacée ? Elle a été complète au contraire, tant au sein de l’équipe pédagogique, qu’avec les « professeurs référents » et la hiérarchie : contre moi. Je ne suis pas surprise que la phase 2 du premier « Programme Claire » ait été rebaptisé « Programme Clair » : l’administration aurait eu tord de se priver de l’impact d’un si bon début. Quant à Hélène, dont j’ai pu percevoir a posteriori toute l’ampleur de la collaboration avec sa direction, elle ne pouvait pas rendre un meilleur service à ses ministres de tutelle, Gilles de Robien, le maire d’Amiens, jusqu’en mai 2007, puis Xavier Darcos, cet ancien professeur de khâgne qui m’avait enseigné la littérature au lycée Michel Montaigne de Bordeaux, qu’en simulant la camaraderie.

Cécile P., citée quelques lignes plus loin par Gilles Balbastre, n’est pas non plus une inconnue : elle était professeure d’anglais dans le même collège de Roubaix, aujourd’hui en poste sur Lille, et amie d’Hélène, dont elle est presqu’une voisine, toujours près de la Porte des Postes, un quartier populaire au sud de Lille. Ils ont dû se réunir tous ensemble avec quelques copains du SNES un mercredi après-midi pour écrire leur article autour d’une tasse de café.

Au moment de la campagne de Martine Aubry pour la primaire socialiste, j’avais distribué mes « petits papiers » devant la gare Saint-Sauveur le jour où la maire de Lille annonçait dans son fief sa candidature. Un groupe d’enseignants d’un collège de Lille était venu manifester pour protester contre la suppression de postes d’éducateurs par leur ministère et solliciter le soutien du parti socialiste. Parmi ceux-ci, se trouvait Cécile P. qui a trouvé judicieux de m’accoster, le regard mouillé et le sourire mielleux, pour me tendre le tract qu’elle distribuait de son côté, comme si nous pouvions être solidaires. C’était pire qu’un affront. Une véritable insulte. Et à ma stupeur, lorsque je me suis dérobée à son geste en protestant, je l’ai vue feindre tout à coup, devant ses collègues, de ne pas connaître Claire Seguin, de ne pas savoir ce qu’était mon blog « Un micro sous votre oreiller » ! Cécile P., l’amie des Balbastre ! L’ancienne collègue de Samain, à Roubaix ! Je ne comprends pas à quel jeu ils jouent.

La teneur générale de l’article de Gilles Balbastre ne soulève pas chez moi de critique majeure. Sa dénonciation de la marchandisation de l’Education nationale est un peu convenue, et s’inscrit dans  un courant d’idées qui datent déjà d’une bonne quinzaine d’années, mais qui restent plus que jamais pertinentes. Hélas, il ne suffit pas d’aborder un problème dans la presse pour le régler. Ce qui le rend risible, c’est qu’il soit écrit… par Gilles Balbastre, et qu’il y fasse intervenir son épouse et des « potes » du SNES, dont on comprend bien que le discours n’est jamais contrebalancé par un autre point de vue que le leur, formel, et peu conforme à leur propre attitude sur le terrain. Ils font partie de ces gens qui parlent fort dans les salles des professeurs, et de préférence à la place de leurs collègues, surtout si une voix discordante ose s’affirmer en porte-à-faux avec la ligne générale de leur propre discours, mais dont les effets d’annonce sont contredits par la réalité des faits. De quoi donner en effet à certains collègues l’envie de faire « le dos rond », de se comporter « en ventre mou » (20).

Je me demande qui est le responsable du Monde diplomatique pour laisser passer un article pareil ? Ces messieurs ont-ils un livre ou un film à vendre (21)? Suis-je trop dure avec des journalistes qui ne se privent pourtant pas d’avoir la dent dure ? Il faut avoir lu Le Plan B, dirigé par Gilles Balbastre, un torchon maculé d’invectives, digne de Je suis partout, où l’on n’apprend rien, sinon que certains journalistes célèbres gagnent plus d’argent que Gilles Balbastre, un secret de polichinelle, pour apprécier la modération dans mes propres propos. Ce sont des gens dont je me suis crue proche et qui m’inspirent aujourd’hui de l’horreur. Il paraît qu’ils ont des « valeurs » : livrer sa sœur à un lynchage collectif, après s’être comporté vis-à-vis d’elle, le temps d’une vie, avec la plus monstrueuse duplicité ; collaborer à des années de torture morale sans jamais se remettre en cause, et continuer à rire ; ériger l’hypocrisie et le cynisme en vertus cardinales… Autant de « valeurs » que je n’ai pas envie de partager avec eux ! Ce qui est terrible avec les esprits corrompus, c’est qu’ils prennent leur cynisme pour de l’intelligence, et la générosité de ceux qu’ils côtoient pour de la bêtise.

Soyons généreuse une fois encore : pour ce qui est de se comporter « en ventre mou », n’est-ce pas ce qu’ont fait Hélène et Gilles Balbastre ? Même lorsque la confiance s’est envolée, j’ai espéré de leur part un sursaut, attendu une prise de conscience, la possibilité d’un dialogue. Hélène fait aussi partie des personnes que j’ai contactées de Toronto. A tort. Et sans aucune réponse de sa part, même après mon retour à Lille. Je n’oublie pas un sourire dans lequel j’ai vu toute la noirceur de l’âme humaine.

Aucun syndrome de Stockholm.

« No question, now, what had happened

to the faces of the pigs. The creatures outside

looked from pig to man, and from man to pig,

and from pig to man again;

but already it was impossible to say which was which ».

« Il n’y avait plus maintenant à se faire de questions

sur les traits altérés des cochons. Dehors, les yeux des animaux

allaient du cochon à l’homme et de l’homme au cochon,

et de nouveau du cochon à l’homme ;

mais déjà il était impossible de distinguer l’un de l’autre » (22).

Bien plus qu’avec les « cabris du « oui » » (23), et s’il fallait filer la métaphore caprine, je me trouverais plutôt des similitudes avec Muriel (Edmée), la petite chèvre d’Animal Farm. Presque seule à être capable d’apprendre à lire parmi les animaux de la ferme, sans chercher pourtant à tirer parti de ses capacités ni à faire alliance avec les cochons et les chiens au détriment des autres animaux, elle met son savoir au service de la communauté. Toujours disponible pour lire aux autres animaux les Sept commandements écrits sur un mur de la grange, ou de vieux journaux trouvés dans la ferme, elle pourrait aider ses compagnons à comprendre l’évolution des cochons. Mais les autres animaux sont incapables de tirer parti de ce qu’elle leur lit, même lorsque le mystère des Sept commandements, trafiqués par Squealer (Brille-Babil), est révélé une nuit par un incident (24).

Après plus de deux années passées à rédiger ce blog, et à tenter de convaincre des interlocuteurs potentiels d’entamer un dialogue avec moi, j’ai parfois l’impression d’être aussi inefficace que Muriel. Pourtant, à la relecture de certains articles, je ne peux m’empêcher de constater que mes analyses ne manquaient pas toutes de perspicacité et que les avancées de mon enquête sont souvent venues confirmer plutôt que réfuter les premières idées que j’avais avancées. Un billet d’humeur comme celui rédigé après mes « Vendanges dans le Beaujolais » a vu ses intuitions confortées jusqu’au bout. On pourrait même souligner une parenté entre les idées tordues de notre jeune communiste catholique et l’influence de l’Eglise sur la communauté d’Animal Farm, que symbolise le personnage de Moïse, le corbeau apprivoisé de Jones. D’abord acharnés à « réfuter les mensonges colportés par Moïse », les cochons commencent par chasser le sombre volatile, qui est présenté comme « un espion et un rapporteur », bien qu’il ait eu « la langue bien pendue » (25). Mais lorsqu’ils prennent le pouvoir sur les autres animaux, ils admettent à nouveau sa présence dans la ferme : « Au cœur de l’été, le corbeau Moïse refit soudain apparition après des années d’absence. Et c’était toujours le même oiseau : n’en fichant pas une rame, et chantant les louanges de la Montagne de Sucrecandi… » (26).

L’alliance de la carpe et du lapin, ou la combinaison de visions du monde aussi opposées que celle des idées socialistes et celle du catholicisme, permet aux dominants de brouiller les concepts et d’influer sur les « valeurs » revendiquées, peu à peu perverties. Que l’on soit croyant et de gauche, cela ne me semble pas incompatible. Mais on ne peut pas à la fois se revendiquer de Jaurès et servir la messe le dimanche en tant que diacre, prétendre défendre des idées de gauche et s’inscrire dans la hiérarchie catholique, révérer la mitre de son évêque… à moins d’être schizophrène. C’est ainsi que l’on passe des idées révolutionnaires de gauche à un socialisme plus tempéré (et qui se prétend plus tolérant) pour aboutir au socialisme nordiste, le plus dénaturé et le plus pervers de tous. The greedy Blackbird me semble la figure même de l’intellectuel machiavélique qui a favorisé ce type de perversion pour dénaturer les idées qu’il prétendait défendre.

Le besoin pour l’Education nationale, publique et laïque, de se trouver un bouc émissaire sur lequel déverser ses frustrations est symptomatique de ces mêmes hypocrisies qui ont pris à mon égard un caractère compulsif. Plutôt que d’admettre que ses idéaux sont trahis et de mener de véritables combats, le corps enseignant préfère s’inventer un faux ennemi, se flatter de mensonges, se livrer à un lynchage silencieux. Plutôt que de se remettre en cause, il préfère livrer à la société civile une victime expiatoire. Et quitte à avoir recours à la calomnie, le corps enseignant se cherche aussi des excuses (inacceptables) pour justifier les intrusions dans ma vie privée qu’il s’est permis et dont il s’est repu.

Si mes adversaires se contentaient de me détester, le mal serait moindre. Mais hélas, après m’avoir déclarée infréquentable, ils s’empressent de venir me jouer un monstrueux numéro de séduction. Ils s’ennuient avec leur conjoint, leur métier les assomme, la compagnie de leurs amis ne leur procure aucun divertissement, leurs enfants les déçoivent, le spectacle du monde les laisse indifférents. La fréquentation de Claire Seguin, personnage imaginaire sur lequel ils se donnent les moyens de cristalliser tous leurs fantasmes et toutes leurs frustrations les plus inavouables, leur offre un formidable sujet de conversation… et un extraordinaire objet de compensation. Il n’y a pas de pire solitude que celle qui doit se défendre de constantes sollicitations, toutes plus malsaines, plus malveillantes et plus intéressées les unes que les autres.

Tenter de se convaincre, comme semble le faire la gauche, qu’une telle perversion peut conduire à un soulagement durable des souffrances, ou même, par contrecoup, à un sursaut idéologique qui viendrait rétablir les perspectives saines qui avaient séduit à l’origine des engagements, c’est se leurrer une seconde fois. Seule la vérité peut jouer un rôle salvateur, et elle n’est pas conciliable avec le silence. Lorsque je me suis adressée aux membres du Festival de Cannes (11-22 mai 2011), pour réclamer qu’aucun film dont le scénario serait basé sur des atteintes à la vie privée puisse être récompensé, personne ne m’a répondu. Mais je n’ai pas manqué de remarquer que cette année-là, le film qui a remporté la palme, que je n’ai pas vu et sur lequel je me garderai de tout commentaire, était cependant américain et que son succès a été accueilli par la presse française de droite avec l’exclamation maurrassienne « La divine surprise », dont la résurgence est un peu trop fréquente ces dernières années (27). La victoire de la réaction était complète. Et je n’ai entendu aucune voix pour s’en émouvoir.

Je me ferais un plaisir, pour ma part, de laisser quelques-uns de mes premiers cheveux blancs dans la soupe capitaliste que réclame l’intelligentsia française.

Quelle guerre faudra-t-il déclarer pour que s’ouvrent les portes de la liberté ?

Notes :

1. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (publié en 1945 par Martin Secker & Warburg, London), traduit de l’anglais par Jean Quéval (1981), préface et notes par Yann Yvinec (1994), Coll. Folio Bilingue, Ed. Gallimard, Paris, 1994, p. 62-63.

2. Edmond Rostand, Chanteclerc, in Œuvres complètes illustrées, Pierre Lafitte, Paris, 1910. Voir extrait inséré ci-dessous.

3. George Orwell, op. cit., p. 36-37 : « And remember also that in fighting against Man, we must not come to resemble him. Even when you have conquered him, do not adopt his vices ».

4. La campagne de diffamation qui a suivi la mise en ligne de « Révolte : Exit le panier de crabes » s’est exprimée en particulier à travers la réapparition d’articles publiés sur le site de l’école lilloise de journalisme, Esj-Lille, et de Rue 89 (journal en ligne affilié au Nouvel Observateur, d’obédience socialiste), proposant chacun à leurs lecteurs une interview calomniatrice et mensongère du jeune homme que j’avais mis en cause dans ce blog sous le nom du « principal suspect », au moment du cambriolage dont j’ai été victime, pour me délester de mes dossiers d’enquête.

5. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, nouvelle édition actualisée et augmentée, Ed. Raisons d’agir, Paris, 2005. La première édition date de 1997.

6. Paul Nizan, Les Chiens de garde, Rieder, Paris, 1932. Ce texte a été réédité en 1960 par François Maspero à La Découverte, à Paris, et en 1998 par les Editions Agone, à Marseille.

7. Préface de Serge Halimi à l’ouvrage de Paul Nizan, Les Chiens de garde (1932), réédité aux Ed. Agone, Marseille, 1998, p. 5.

8. Ibid. p. 8.

9. Ibid. p. 14.

10. Christine Ockrent, La Mémoire du cœur, Fayard, Paris, 1997, p. 230 (citée par Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 141).

11. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 115.

12. Ibid. p. 65.

13. Ibid. p. 127-128.

14. Ibid. p. 145.

15. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 258-259.

16 : Ibid. p. 36-37 : « And, above all, no animal must ever tyrannize over his own kind. Weak or strong, clever or simple, we are all brothers. No animal must ever kill any other animal. All animals are equal ».

17. Gilles Balbastre, « Feu sur les enseignants », in Le Monde diplomatique, n° 679, 57e année, octobre 2010, p. 1 & 20-21. Article reproduit ci-dessous dans son intégralité.

18. Ibid.

19. Sur la notion de « Hasard », voir l’article Psychanalyse sauvage du 5 avril 2011.

20. Gilles Balbastre, op. cit..

21. Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Les Nouveaux chiens de garde, film documentaire sorti sur les écrans le 11 janvier 2012, libre adaptation au cinéma de l’essai de Serge Halimi.

22. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 270-271.

23. Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, op. cit., p. 41 et sq..

24. George Orwell, Animal Farm / La Ferme des animaux (1945), op. cit., p. 212-213 (pour les curieux).

25. Ibid. p. 48-49 : « The pigs had an even harder struggle to counteract the lies put about by Moses, the tame raven. Moses, who was Mr. Jones’s especial pet, was a spy and a tale-bearer, but he was also a clever talker ».

26. Ibid. p. 226-227 : « In the middle of the summer Moses the raven suddenly reappeared on the farm, after an absence of several years. He was quite unchanged, still did no work, and talked in the same strain as ever about Sugarcandy Mountain ».

27. « La divine surprise » : Charles Maurras se félicite en ces termes, dans le journal Action française, de l’arrivée du Maréchal Pétain au pouvoir en 1940. Homme d’extrême droite, Charles Maurras était favorable à une monarchie traditionnelle héréditaire antiparlementaire et décentralisée. Il a donné une dimension nationaliste à l’idée de Révolution qui était auparavant l’apanage de la gauche. Voir le document « Palmarès et Presse » inséré dans l’article Festival de Cannes (11-22 mai 2011).

Cliquer sur les documents pour les lire.

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Le Monde diplomatique-1.

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Le Monde diplomatique-2.

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Le Monde diplomatique-3.

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Chantecler, Rostand-1.

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Chantecler, Rostand-2.

Révolte : Seule au front

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The greedy Blackbird

En cette fin de septembre éprouvante (pour moi), je voudrais opposer aux intimidations de l’Etat, au harcèlement paternel, aux affronts du triangle des bermudas bourgeois, aux esprits bornés et aux cœurs ravagés de haine, une citation de Paul Nizan dans laquelle il déplore que les bourgeois révolutionnaires passés du camp des opprimés à celui des oppresseurs prennent le parti des « classes dirigeantes ». A méditer :

« Le bourgeois feint de traiter le peuple comme l’ensemble de ses enfants ; il le reprend,  l’avertit, le secourt, car il est assez clair que ce peuple ne saurait prendre lui-même en main ses destinées. Quand il punit le peuple, il le punit comme son propre enfant, pour son bien. Il dit : qui aime bien châtie bien. Les morts de la Commune furent tués pour le progrès du peuple. Il attend de lui des témoignages de gratitude, ou simplement de docilité. Il juge ingrat le peuple révolté ».

Paul Nizan, Les Chiens de garde, Coll. Contre-feux, Editions Agone, Marseille, 1998, p. 67-68. Ce texte a paru pour la première fois en 1932 chez Rieder, et a été réédité en 1960 par François Maspero, aux éditions La Découverte.

Révolte : Trop de braderies à Lille

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Braderie de Lille 2012

 J’ai vu trop de braderies à Lille, une ville qui brade tout, sa justice, son honneur et même les êtres humains. L’été 2012 a été un peu plus beau que le précédent. La braderie sera-t-elle pour autant plus réussie ? L’effervescence du premier week-end de septembre a déjà commencé à se manifester dans les rues lilloises qui se préparent au grand raout… mais elle laisse indifférent un cœur blessé.

 

Révolte : Santé à ma santé !

Révolte : Santé à ma santé ! The-greedy-Blackbird-103x150

The greedy Blackbird

Le choix de François Hollande de me faire interner plutôt que de porter plainte contre moi est révélateur des complicités qui existent entre la société civile et le monde politique. Puisque le nouveau Président de la République entend s’attaquer à la corruption, il lui faudra aussi réfléchir aux coups de pouce illégaux dont il est le premier à bénéficier, que ce soit à titre personnel (ce qui n’est pas attesté) ou en tant que représentant du clan socialiste (sa responsabilité reste engagée).

Me confier à des médecins a été bien sûr une solution de facilité pour passer sous silence l’objet de ma protestation : le déni de justice dont je suis victime à Lille et les très graves atteintes à la vie privée dont je souffre toujours. Mais c’était aussi m’abandonner à une corporation dont je n’ai cessé de dénoncer l’hostilité, sans d’ailleurs en comprendre très bien moi-même les raisons. Depuis mes jeunes cambrioleurs, tous fils et filles, neveux et nièces, de médecins, jusqu’aux médecins lillois qui m’ont menacée ces dernières années, en passant par les psychanalystes bordelais et parisiens de la Cause Freudienne qui ont rompu le secret médical, et se sont livrés à une véritable Psychanalyse sauvage pour me calomnier, voilà un corps professionnel qui a manifesté un acharnement hors du commun.

Je n’oublie pas non plus le propriétaire, qui était médecin, du taudis dans lequel je me suis trouvée piégée près de trois ans. Depuis avril 2012, où je suis retournée vivre dans mon appartement à vendre, dans des conditions pourtant précaires puisque celui-ci n’est pas meublé, j’ai retrouvé au quotidien un calme et une dignité de vie qui m’avaient fait défaut lorsque j’étais installée à Fives. Les accusations que j’ai portées contre le propriétaire et contre une partie des colocataires de la maison où se trouvait ma chambre ont été confortées par une conversation téléphonique surprise au moment des tractations d’avril, liées au relogement qui aurait dû accompagner le classement en « logement indécent » de mon taudis. Cet homme a déclaré devant moi qu’il regrettait d’avoir accepté « de rendre service » en me louant ce logement. Hélas l’assistante sociale qui servait d’intermédiaire a jugé urgent d’interrompre la conversation qui s’engageait. Cependant je reste plus que jamais convaincue que le cauchemar que j’ai vécu dans cette chambre a été en grande partie organisé, avec la complicité du propriétaire et de certains des jeunes gens qui y habitaient.

La volonté de nuire de ces médecins liés à la clientèle socialiste a gangrené ma vie à Lille mais a aussi contribué à m’assigner à résidence dans le Nord et à me dissuader de chercher de l’aide à l’étranger. Les moyens dont ils disposent sont si lourds et si disproportionnés par rapport à ma propre faiblesse que leur mise en œuvre semble dépasser l’entendement. Je raconte dans la lettre jointe à cet article, et que j’ai envoyée à des associations de défense des Droits de l’Homme européennes, de quelle façon je me suis fait insulter par un médecin dans un hôpital de Maastricht. Je ne comprends toujours pas comment il me connaissait alors que j’étais arrivée la veille dans la ville. D’autre part cette haine néerlandaise me stupéfie : je suis bien certaine de n’avoir jamais dit ni écrit un mot contre un pays et une culture que j’aimais. L’internationale des médecins corrompus est-elle à ce point puissante ?

Les associations de défense des Droits de l’Homme n’ont jamais répondu à ma lettre. Je n’en ai pas été très surprise, même si j’en ai été blessée. L’enquête que j’ai menée m’avait déjà révélé que la clientèle socialiste qui me harcèle était imbriquée dans le réseau de ces associations. Parmi mes jeunes cambrioleurs, convaincus de mes troubles mentaux mais appliqués à me délester des documents prouvant le contraire, l’une des jeunes filles travaillait comme journaliste bénévole pour Amnesty International. Certains jeunes gens, amis de l’épouvantable propriétaire, étaient impliqués dans les structures dirigeantes de municipalités socialistes ou d’associations caritatives catholiques. The greedy Blackbird lui-même, ce fin lettré angliciste, préside une association d’aide aux migrants…

En pleine forme cet été, je suis pourtant inquiète pour ma santé qui me semble menacée de diffamation au même titre que ma réputation. J’ai trouvé dans un ouvrage de Jean Montaldo, un journaliste politique qui a enquêté sur la corruption du parti socialiste pendant les années Mitterrand, un témoignage sur les attaques qui ont touché, après son suicide à l’Elysée, François de Grossouvre, accusé de folie au moment où il remettait en cause l’intégrité du Président de la République. Je propose un extrait de ce livre à mes lecteurs en guise de conclusion.

Document en français & in English : Lettre aux associations de défense des Droits humains, Europe.

Avertissement

Cette lettre, envoyée aux associations de Droits de l’Homme européennes, après avoir reçu un mail de l’une d’entre elles me déclarant qu’elle ne pouvait intervenir en France, date d’un peu plus d’un an. Voici quelques précisions :

  1. Ma plainte déposée auprès de la Cour européenne des Droits de l’Homme, à Strasbourg, a été déclarée irrecevable le 10 novembre 2011, quelques jours après avoir contacté un avocat à Strasbourg pour lui demander de me défendre. Voir l’article Cour européenne des Droits de l’Homme (24/11/11).

  2. Un an après la rédaction de cette lettre, j’ai fini par obtenir quelques soins médicaux. Les troubles étaient bénins et ont été soignés, les dents aussi. Mais dans la plupart des cas, j’ai été humiliée dans le cabinet des médecins que j’ai consultés. Quant au secret médical, c’est quelque chose dont personne à part moi ne semble se préoccuper ! Je suis aujourd’hui en bonne santé, mais je continue de vivre dans la peur de ce qui pourrait arriver si j’avais besoin d’un traitement médical.

  3. Lien avec l’article Big Brother is watching me (01/07/11) (Voir infra).

Foreword : Letter to European groups defending Human Rights.

This letter, sent to European groups defending Human Rights, after having received an email from one of them telling me they couldn’t intervene in France, dates from more than a year. Here is further explanation :

  1. The request to the European Court of Human Rights, in Strasbourg, was declared unacceptable on the 10. November 2011, few days after getting in touch with a lawyer in Strasbourg and asking him to defend me. See article Cour européenne des Droits de l’Homme (24/11/11).

  2. One year after the writing of this letter, I have obtained medical care. The troubles were mild and have been treated, teeth too. But often I have been humiliated in the consulting-room of the doctors I have seen. And I have been the only one who felt concerned about medical secrecy ! Today I am healthy but I am still living with the fear of needing medical care again.

  3. Link with the article Big Brother is watching me (01/07/11).

Lettre Associations Droits Humains Europe

La grosse colère de Monsieur Montaldo

Jean Montaldo, journaliste politique spécialisé dans les faits de corruption du Parti communiste et du Parti socialiste en France, publie son enquête sur la corruption de l’équipe Mitterrand peu après le suicide de François de Grossouvre, à l’Elysée, le 7 avril 1994. L’ouvrage, intitulé Mitterrand et les 40 voleurs… (1), se veut à la mémoire du confident du président. Il relate les grandes affaires qui ont marqué les deux septennats de François Mitterrand (Urba, le suicide de René Lucet, la CFDE, l’OFFRES, Péchiney, le suicide de Pierre Bérégovoy…), mais analyse aussi le système et les rouages de la corruption dans l’entourage du président de la République.

François de Grossouvre, qui était « la conscience » de Mitterrand, et a accompagné dans l’ombre tout son parcours, n’était pas un socialiste mais un homme de droite, issu d’une famille Action Française. Il était chargé, en autre, de protéger la vie privée de Mitterrand. Dans le chapitre dont est tiré l’extrait proposé, Jean Montaldo démonte la version officielle colportée par les proches du président de la République et par François Mitterrand lui-même, qui ont prétendu que Grossouvre se serait suicidé par crainte d’une démence sénile. Il exprime enfin la très grosse colère (2) que lui inspirent les propos calomniateurs tenus à son égard par Georges-Marc Benamou, le directeur de la revue Globe, financée par le Parti socialiste grâce à des fausses factures, dont certaines sont reproduites en annexe.

Cet extrait (3) a retenu mon attention par sa portée symbolique. En quelques pages, il énumère les mécanismes de défense auxquels ont recours les socialistes contre ceux qui les mettent en cause : accusation de folie, en particulier lorsqu’il s’agit d’une personne proche de leur camp, et calomnies propagées par une presse qui leur est dévolue. Il est enfin assez savoureux, pour une femme de gauche, de citer un homme de droite. Si Mitterrand a trompé la gauche, il semblerait qu’il ait aussi trahi une certaine droite… Qui comptait sur lui ?

Notes :

  1. Jean Montaldo, Mitterrand et les 40 voleurs…, chapitre II : Faux « dément » et vrais faux facturiers, Albin Michel, 1994, p. 19 à 62.

  2. Ses arguments sont confortés par la biographie de Pierre Péan, Une jeunesse française, François Mitterrand, 1934-1947, Fayard, 1994 (par exemple).

  3. Cliquer sur le document pour le lire.

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Révolte : Exit le panier de crabes

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The greedy Blackbird.

L’obsession de mes adversaires est de me renvoyer chez mon père. C’est à ce genre d’idées fixes qu’on évalue l’emprise du patriarcat sur la société française. Et lorsque la phallocratie donne le ton, il n’y a plus de clivages politiques qui tiennent. Le jeune libertaire va taper sur l’épaule du réactionnaire sans complexe. C’est la vraie solidarité, celle qui révèle le fond des personnalités.

Si l’attachement à une mère est viscéral, celui qui lie à un père ne l’est jamais. La paternité se gagne : elle se construit avec l’éducation. Un homme qui n’a pas le courage d’exposer ses idées, de défendre son point de vue, d’avouer ses amitiés, de revendiquer ses accointances sociales, ne peut pas être un père car il est incapable de tenir son rôle d’éducateur et d’initier son enfant à la sociabilité.

Je n’entends pas par là que le rôle d’un père est secondaire. Je suis convaincue au contraire qu’il est essentiel et que ce tiers qui s’impose entre l’enfant et la mère pour dépassionner leur relation fusionnelle est primordial. Mais c’est un rôle qui se mérite. Un homme incapable de le tenir, aussi cruel que cela soit, peut perdre tout ascendant sur ses enfants, car il ne remplace pas par l’estime et le respect l’intimité de la relation mère-enfant.

La société française m’a refusé tout recours contre un père qui m’a calomniée au point de détruire ma vie, qui a sali mon honneur, assassiné mes désirs d’enfants, réduit ma carrière à néant, et qui m’a livrée sans retenue à un lynchage collectif. Quels que soient ses torts, je reste selon la logique patriarcale une fille dépendante de son géniteur, une mineure assujettie à l’autorité paternelle, en dépit de la quarantaine et d’un doctorat, malgré des années d’études et d’émancipation.

Les expériences que j’ai faites ne sont pas reconnues par une famille de phallocrates et misogynes qui se vantent que leur fille ait raté son CAP avec la note de 02/20 ou ait refusé de faire des études « payées par l’Etat » lorsqu’elle avait la possibilité d’en faire de brillantes. L’oppression machiste aime humilier les femmes cultivées. Pourtant les jeunes filles qui entendent se soumettre au diktat de la bêtise humaine devraient y réfléchir à deux fois, quelle que soit la modestie de leurs ambitions. Que la vie aille bien ou mal, elle va toujours mieux avec son CAP que sans. Et ce n’est pas parce qu’on l’a raté ou abandonné à dix-sept ans qu’on ne peut pas le repasser à vingt-cinq — ou plus tard.

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Tag, Vieux Lille, 2012.

Je suis fascinée par la capacité de ces petits viticulteurs de la région de Pons, un gros bourg de Saintonge qui fut la patrie d’Emile Combes, à se trouver des alliés, tant dans leur entourage que dans l’Education nationale ou dans la société civile. Mais il a fallu se rendre à l’évidence que tous ces tenants de la phallocratie ne brillaient pas non plus par leur ouverture d’esprit.

J’ai été sidérée de découvrir, après des années de séparation, que ma cousine institutrice, mariée à un « gauchiste » inscrit jusque sur les listes électorales municipales du Parti socialiste de Saintes, puisse tenir des propos réactionnaires, anti-intellectuels et homophobes, se flattant de n’être pas allée voir sur son lit de mort un des mes cousins décédé du sida. Je suppose qu’elle se bouche le nez, les yeux et les oreilles lorsque les Jeunes socialistes défilent pour la GayPride.

J’ai été ulcérée lorsqu’un ami de mon père, envoyé pour me circonvenir, m’a déclaré, sur le ton suffisant d’un homme qui connaît la vie, qu’à son avis le fait de faire des études montait à la tête et devait provoquer le cancer du cerveau !… On ne peut pas demander à la femme que je suis de faire allégeance à une aussi formidable stupidité !

Et qu’on ne me parle pas de mépris. J’ai toujours accepté ces gens-là tels qu’ils étaient. Je ne leur ai jamais donné de leçons, y compris lorsqu’ils abordaient devant moi des sujets sur lesquels je suis plus compétente qu’eux. Surtout je ne me suis jamais mêlée de leurs affaires. S’il y a mépris, c’est de leur bord : un formidable mépris pour les femmes, mépris pour l’intelligence, mépris pour la culture, mépris pour les études, mépris pour la liberté de penser…

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Carte de mes cousins.

Puisque mon combat a échoué et que la justice ne m’a pas été rendue, il est temps d’offrir à la sagacité de mes jeunes cousines, et de toutes les jeunes femmes qui pourraient avoir à pâtir d’une famille phallocrate, les lettres et documents qui ont accompagné ma plainte contre mon père, ma cousine germaine et son mari. Je ne pourrai pas faire beaucoup plus pour elles. Pour ma part, je ne retournerai pas dans une famille qui m’a livrée à la haine de la clientèle socialiste, avec cette « subtilité charentaise » qui séduit tant les Parisiens de la rue Solferino, une subtilité de paysans matois qui se souviennent que François Mitterrand a fourbi ses premières armes dans les rangs d’Action française et s’est initié aux arcanes du pouvoir auprès des ministres de Vichy. 

Les promesses de dialogue que m’a faites mon père m’ont bernée trop souvent pour que je me laisse encore prendre à leur piège. Dès que les questions se précisent, il devient évasif. J’ai même cherché, au moment du décès de ma mère, à les poser par écrit et je lui ai demandé de s’expliquer sur trois thèmes : celui de la « lettre » et des insinuations répétées qui l’accompagnaient ; celui de l’emploi, puisqu’il semblait trouver naturel que je sois sans travail ; celui du suicide d’une jeune femme dans la famille, information lancée comme un hochet dans une dispute, mais sur laquelle je n’ai jamais pu obtenir la moindre précision.

Lors de notre dernier entretien fin 2007, en guise de réponse à mes questions, il m’a proposé à la place une initiation à la rouerie en m’expliquant comment il pleure devant les dames ou comment il s‘y prend pour suggérer des idées à ses interlocuteurs sans les dire, afin de leur laisser croire qu’ils avaient compris tout seuls…  Il doit avoir bien d’autres tours dans son sac, mais je n’ai pas attendu la suite. Ecœurée par la complicité qu’il cherchait à créer, j’ai pris la porte.

La fadeur apparente des lettres de mon père ne trompera que les lecteurs de mauvais augure. Leurs formules toutes faites sont l’expression d’une pensée qui se dérobe, d’intentions qui se cachent, d’une malveillance qui sommeille. Leur adresse ne présage pas non plus d’un quelconque talent des misogynes. La misogynie est le révélateur de faibles et de médiocres qui cassent du sucre sur le dos des femmes parce qu’ils sont incapables de faire reconnaître par eux-mêmes leurs mérites personnels. Leur tyrannie est cependant réelle car elle est relayée par une société complice.

Mon erreur majeure a été de minimiser ce que je vivais sous prétexte que « ce n’était pas grave puisque je ne voyais ma famille que quinze jours par an » ou « qu’ils pouvaient toujours jaser, quoi qu’il arrive, je ne leur faisais aucune confidence ». Les accusations de trahison ont aussi mis un frein à mes velléités de défense. Là encore, j’avais tort de me laisser culpabiliser : pour trahir une personne, il faut que celle-ci ait placé en vous sa confiance et son amour. Il n’y a pas de trahison lorsqu’on se défend contre des gens qui attaquent votre réputation ou qui cherchent à vous nuire et à vous manipuler pour favoriser leurs intérêts personnels.

Je ne propose pas de recette. Je ne vais pas donner des conseils à ces jeunes femmes alors que j’ai été moi-même incapable de me protéger. Mais je leur lance un appel à la vigilance et à la prudence. Les interdits sont rarement posés par les phallocrates. Et même lorsqu’on s’y oppose, les règles sont assenées de façon si insidieuse que l’on met des années à les appréhender, à les déconstruire, à s’en débarrasser.

Les documents qui m’ont servi à porter plainte contre mon père. :

Le panier de crabes

Les lettres de mon père, qui continue à me harceler aussi d’appels téléphoniques :

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Révolte : Haro sur Matter

Révolte : Haro sur Matter The-greedy-Blackbird-103x150

The greedy Blackbird

Parmi les indices qui me laissent penser que la situation n’a pas changé, et que je vis toujours sous surveillance, il y a un ensemble de commentaires qui ont commencé à se manifester mi-avril 2012, au moment où j’ai repris le dessus après ma sortie d’hôpital, et qui ont eu pour corollaire une série de coups de fil anonymes silencieux, reçus sur mon portable. Le lien entre les deux phénomènes est impossible à établir mais ils révèlent tous les deux l’existence d’une hostilité latente toujours prête à bousculer ma tranquillité.

Ces commentaires, les seuls qui soient répétitifs parmi tous ceux que j’aie reçus, émanent d’un seul émetteur, dont le pseudonyme est Matter (1). Ils sont écrits dans un style elliptique, qui parfois confine à l’absurde. Dès le 12 mai 2012, j’ai tenté de conjurer le malaise qui s’installait avec la répétition de ces messages en envoyant un mail à leur auteur : « Monsieur, J’ai remarqué vos commentaires récurrents sur mon blog à leur caractère incohérent. Je ne comprends pas où vous voulez en venir. Veuillez s’il vous plaît vous expliquer ou vous abstenir de poster des commentaires qui n’ont aucun sens. Cordialement, Claire Seguin ». Je n’ai eu aucune réponse, mais l’adresse était valide. De nouveaux commentaires ont succédé aux premiers sans que je puisse noter un quelconque changement.

Le malaise s’est accentué lorsque j’ai remarqué la réitération d’échos avec mon quotidien décelables dans les textes de ces commentaires. Le premier qui m’ait troublée date du 19 mai 2012. Matter écrit : « L’électricité n’est PAS EN LIBRE CIRCULATION. bref, c’est pas normal que j’ai même pas un endroit gratuit où aller, ou bien pas cher ».  Or une association qui m’est venue en aide à ma sortie d’hôpital, association qui dépendait de ce même établissement hospitalier, m’avait payé ma première facture d’électricité, lorsque j’ai quitté ma chambre classée en « logement indécent » pour aller me réinstaller dans mon appartement à vendre. Je n’en ai bien sûr jamais parlé à personne. 

Le « cadeau » s’accompagnait d’une vive incitation à me résoudre à cette option, dont le mérite était de rendre service au propriétaire de la petite chambre, qui souhaitait mon départ : incitation à laquelle j’ai tenté de résister un temps avant de jeter l’éponge. À long terme, la vente de mon appartement personnel devrait permettre à la ville de Lille de se débarrasser de moi. Me retrouvant sans logement, j’irai peut-être me réfugier cette fois chez mon père. Et l’on voit dans le message apparaître le fameux père indigne, qui peut se vanter d’une belle équipe de partisans, tant parmi les membres de la police que parmi les réactionnaires du parti socialiste. Matter écrit le même jour, dans un registre culpabilisant : « mon père est à la polyclinique ». Il va sans dire que l’hypothèse d’un retour chez mon père est une lubie qu’entretiennent mes détracteurs avec le plus grand aveuglement. 

D’autres messages sont troublants et je prendrai pour exemple les plus récents concernant mon ordinateur. Le 14 juin au soir, alors que je travaillais mon anglais avec un film américain sur mon ordinateur, l’écran est devenu soudain noir. J’ai cru à une panne et je me suis couchée. Lorsque je m’y suis remise le samedi 16, je me suis aperçue que j’avais simplement oublié de brancher mon appareil dont la batterie s’était déchargée (!). J’ai fini l’analyse de mon film (Gentleman’s agreement, d’Elia Kazan, 1947), dont le héros a une mère malade du cœur pour laquelle il s’inquiète. Les commentaires de Matter pour les 15 et 16 juin 2012 sont les suivants :

le 15, à 19h14 : « mon lecteur dvd marche plus »

le 16, à 10h37 : « il est retombé en panne, donc je laisse tomber, j’ai pas les moyens d’acheter un lecteur externe »

le 16, à 21h12 : « bon demain c dimanche, le truc remarche mais il est vraiment naze. Je pense que ma mère est aussi en train de mourir et je ne sais pas si son cœur tiendra ».

Je ne prends pas à la légère ce genre de manifestations subliminales. Je les ai minimisées pendant des années, en particulier lorsque j’ai vécu à Lyon, au cours des années précédant mon entrée dans l’Éducation nationale, et les conséquences en ont été désastreuses. Certes je pourrais avancer des hypothèses sur leur auteur. Buffon ne dit-il pas que « le style est l’homme même » dans son discours de réception à l’Académie française  (Discours sur le style, 1753) ?… Mais le procédé reste hasardeux et pourrait se retourner contre moi sans changer la donne. Que ce soient ces commentaires ou les coups de fil anonymes, ils cherchent à me faire vivre dans l’inquiétude et à influencer mon comportement. Ils témoignent surtout de rumeurs et d’informations sur mon quotidien tout à fait anormales. Mon pauvre père, malgré toute sa malveillance, paraît alors bien anodin. Il n’a réussi à détruire ma vie que parce qu’il a trouvé des relais puissants pour reprendre le harcèlement à grande échelle. C’est ce dernier qui me révolte par-dessus tout et que j’accuse de brutalité. Les caciques du Parti socialiste qui m’ont livrée à un lynchage collectif agissent avec un cynisme sans borne et des moyens contre lesquels je suis moi-même sans défense. 

Victime d’un appareil d’État qui accorde l’impunité à ses complices, je ne peux que désespérer, en ce premier jour d’été, de voir jamais mes adversaires me laisser vivre en paix. The greedy Blackbird (2) sera-t-il un jour démasqué ? Et la justice me sera-t-elle un jour rendue ?

Notes :

1. Les commentaires de Matter ont tous été mis en ligne.

2. Voir aussi les articles Une vie à l’Encan de La Rochelle (22/08/2011) et Le choix des armes (06/11/2011).

Restitution de la Révolte du 22/06/2012, retirée le 17 juillet 2012.

« Révolte : Coup de chapeau à mes plus fidèles lecteurs » 

Révolte Coup de chapeau

Fin de printemps

Fin de printemps Fives-160312-41-100x150

Printemps à Fives.

Le parti pris d’avoir recours à une hospitalisation abusive comme réponse à l’enfarinage de François Hollande a permis d’éluder tout dialogue, de disqualifier mon propre discours, mais aussi de m’empêcher de répondre aux attaques dont je n’ai pas manqué de faire l’objet, comme de nouer des relations avec des personnes qui auraient pu m’épauler. Pendant plus d’un mois, je n’ai eu aucun accès à internet, et les quelques heures de permission que j’ai eues début mars ont tout juste suffi à mettre en ligne un article. Lorsque je suis sortie de l’hôpital le 15 mars, sans un sou vaillant, parce que mes indemnités journalières de la sécurité sociale ne m’avaient pas été payées (et elles ne l’ont toujours pas été), il m’a été impossible de fréquenter les cybercafés. Je viens tout juste de finir de lire les quelques 800 messages que j’ai reçus et de tenter de répondre à certains. Le moins que je puisse dire, c’est que la détente a été longue — et préjudiciable dans le monde numérique contemporain, qui nous gouverne sous le signe de l’immédiateté.

Tandis que je vivais mon dernier printemps à Fives, que j’ai finalement quitté pour me réinstaller dans mon appartement à vendre, à Cormontaigne (voir l’article L’épreuve de la liberté), François Hollande a été élu Président de la République. Certains de mes lecteurs se demandent ce que je vais faire dans un tel cas de figure. En vérité, je ne le sais pas encore moi-même. L’urgence depuis le mois de mars a été de reprendre en main mes affaires personnelles, négligées depuis que j’avais lancé la série de protestations. Mais il va falloir coûte que coûte assainir mon environnement social si je veux tourner la page et relancer un projet de vie. Pour l’instant, et malgré le calme actuel, je suis convaincue que rien n’a changé. Autant dire que l’enfarinage de François Hollande n’est pas dépassé. Le message que j’avais à transmettre est toujours d’actualité.

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Premières jonquilles pour ma libération, le 15 mars 2012.

Le journal Sud-Ouest, implanté en Aquitaine, ma région d’origine, m’a accordé un article, paru le 19 mai 2012, au moment de l’élection présidentielle. Le papier, neutre, mais assez bienveillant, m’a pourtant valu à nouveau des commentaires agressifs en ligne. J’ai pris le parti, puisque j’en avais l’occasion cette fois, d’y répondre aussitôt et de me défendre en particulier contre les accusations de paranoïa. À une jeune femme qui prétendait établir son diagnostic sur le fait que je me reconnaissais dans des films, j’ai ainsi rappelé que ce n’était pas moi qui m’étais reconnue dans les films cités mais que c’étaient mes collègues, dans l’Éducation Nationale, qui avaient multiplié les insinuations sous-entendant qu’il s’agissait de moi, et que cela faisait partie du harcèlement que j’avais eu à subir pendant des années dans le cadre de mon travail. À un autre garçon qui prétendait que ce que je racontais de mon séjour à Toronto était impossible dans le contexte américain, j’ai répondu que la situation avait pourtant bien existé et que son américanisme naïf n’y changeait rien.

Plusieurs internautes avaient recopié le lien qui menait à une interview (1) de celui que j’avais appelé dans mon blog « le principal suspect » au moment du cambriolage, et qui était un colocataire de l’appartement collectif que je partageais à Fives. Ce jeune homme de 22 ans, étudiant en journalisme, et qui passait son temps libre sur les stades de football pour des comptes-rendus de matchs, propose lui-aussi une analyse psychiatrique des accusations que j’ai portées contre lui, comme de mon comportement au quotidien, qu’il décrit de façon grotesque, et dont la mauvaise foi m’a indignée au point que je me suis fendue d’un vrai paragraphe : « Le jeune homme qui témoigne sur le site d’Esj-Lille, me donne la nausée. Je n’ai pas de talent pour le chant et en général je m’abstiens. Surtout je ne chante jamais à pleine gorge. Il s’agit d’un affabulateur qui me calomnie parce que je l’ai mis en cause et qu’il se sait protégé par la police. Pour ce qui est de la radio, je l’écoutais un peu. Comme lui. Je me suis assez plainte dans mon blog que le logement n’était pas insonorisé. Les nuisances sonores étaient réciproques. Enfin c’est lui qui tenait à entretenir des relations de voisinage avec moi, m’invitant à prendre le café chez lui. J’ai manqué d’enthousiasme : plutôt bizarre, non, pour un jeune homme de 22 ans, avec des copains de fac et une petite amie !? Il me traitait en copine alors que j’aurais pu être sa mère. Il n’a jamais trouvé anormal qu’une femme de mon âge et de ma stature intellectuelle (!) vive dans un tel taudis. Je n’insisterai jamais assez sur le caractère sordide de cet appartement communautaire» (2).

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GayPride, Lille, 2 juin 2012.

D’une façon générale, la mauvaise foi de mes agresseurs me met plutôt de mauvaise humeur. J’ai eu aussi quelques commentaires pour témoigner que certains lecteurs étaient en mesure de lire mes textes avec profit et de les comprendre dans le détail. La distorsion de mes propos pour leur donner un accent de paranoïa relève de la malveillance et comporte une menace indirecte qui ne me laisse pas indifférente. Le « principal suspect »prétend de plus que la police aurait tenu le même discours que lui et serait favorable à un internement. C’est aussi ce qu’a déclaré M.S., ma jeune blogueuse liliale, que j’ai rencontrée par hasard dans le métro, Porte des Postes, le lundi 30 avril au matin (voir l’article J’ai mal aux dents, paragraphe « Impunité »(3)). Voilà des mois que je ne l’avais pas vue et je ne m’en étais guère préoccupée. Mais je n’ai pas raté l’occasion, puisque je m’étais promis de le faire, de l’apostropher pour qu’elle s’explique sur ses propos, sa connaissance anormale de ma vie privée et son réseau relationnel (voir aussi l’article Protestation : Théâtre du Rond-Point à Paris).

Lorsque j’ai vu qu’elle cherchait à s’esquiver, la moutarde m’est montée au nez et je l’ai suivie. Une amie qui l’accompagnait est aussitôt intervenue pour la « protéger » et a dégainé son téléphone portable pour appeler la police : « Appelle la police, Fillette ! »… je ne me suis pas enfuie. Je les ai même accompagnées à l’Hôtel de Police de Lille-Sud, qui était à quelques pas. Le temps de faire la queue au comptoir, les deux chérubines s’étaient dispersées dans le hall. Je me suis retrouvée seule devant le planton, et il a fallu que cette dame et moi courions à travers la salle d’attente pour retrouver la plaignante ! Explications confuses, comédie, et surtout ces fameuses accusations de troubles mentaux, corroborés soi-disant par le personnel du Commissariat de Fives. La jeune femme a déclaré qu’elle aurait même fait établir une main courante contre moi. C’est la Charité qui veut se faire aussi grosse que l’Hôpital ! Je n’en ai jamais été informée. Les policiers qui nous ont écoutées, et qui visiblement ne nous connaissaient ni l’une ni l’autre, ont pris nos démêlés pour des « histoires de gonzesses » — et nous ont poliment demandé de quitter les lieux.

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El Pacificador d'Alain Séchas (1996)

Parmi les propos que j’ai tenus, j’ai remarqué que la mise en cause du Parti socialiste la faisait pâlir. Cette jeune strauss-kahnienne vertueuse et candide a éludé mes questions pourtant directes, un éclat de peur dans les yeux : « Surtout ne pas parler du Parti socialiste !…» Est-ce tabou ? L’appel au dialogue, en tous cas, semble l’être, puisqu’une fois encore mes questions, argumentées, sont restées sans réponse.

C’est La vie comme est va un an après. J’ai l’impression de m’être battue en vain, et de me heurter toujours à ce mur de verre contre lequel je viens buter depuis des années. La loi du silence est la plus forte. Cette année encore, le printemps s’est installé, la saison de la GayPride est revenue et l’actualité culturelle lilloise met à l’honneur les sports à la halle de la Gare Saint-Sauveur qui accueille la Sports Factory (4).

Notes :

1.  J’ai profité de la rédaction de ce texte pour laisser ce jour un commentaire sur le site de l’Esj-Lille et contester les propos tenus dans leur article-témoignage : « J’ai habité avec Claire Seguin » :  « La description que fait de moi ce jeune homme est grotesque et comporte des contre-vérités. En particulier, je n’ai jamais fait l’objet de plaintes en justice, ou du moins je n’en ai jamais été informée, ce qui serait bien une raison de me « plaindre ». Je vous serais reconnaissante de supprimer l’article ou du moins de le rectifier. Je vous invite aussi à consulter mon blog. Claire Seguin. »

2. Hélas tous les commentaires publiés à la suite de l’article ont été supprimés en ligne.

3. Mes dents, en partie soignées à l’hôpital, vont mieux.

4. Sports Factory, Gare Saint-Sauveur, Lille, 11mai-12 août 2012.

Qu’est-ce que la calomnie ?

Imputation mensongère qui attaque la réputation, l’honneur d’un homme ou d’une femme, d’un citoyen ou d’une citoyenne, la calomnie se distingue par sa traîtrise. Il n’est pas de pire calomnie que celle des proches qui donnent à leurs allégations diffamatoires le poids que leur accorde leur connaissance de la personne attaquée, leur prérogative à se targuer de faire œuvre de témoignage quand ils avancent des accusations montées de toutes pièces. Et il n’est pas de pire calomnie que celle qui se cache sous le manteau de l’affection paternelle ou de la camaraderie juvénile.

La calomnie porte l’empreinte d’un tempérament déloyal qui recherche la facilité dans l’attaque, et ne recule devant aucun coup bas. Cette déloyauté de la conduite à l’égard d’autrui est soulignée par Louis Martin-Chauffier tandis qu’il déplore les calomnies de Paulhan lors d’un conflit qui les opposa, dans les années 1950, à propos du comportement des résistants au moment de l’épuration : « De là, sans doute, dit-il, la sombre fureur avec laquelle, pour punir ma franchise, il s’acharne à me calomnier fort sciemment, faute de pouvoir réussir une prise plus loyale » (1). La calomnie accuse injustement autrui de faits et d’intentions imbéciles ou malveillantes, sans fondement : « Le procédé est classique, s’il n’est pas beau. Il consiste à prêter des idées stupides ou des intentions viles à celui qu’on veut attaquer, et à faire passer ses propres mensonges pour la vérité de l’autre » (2), ajoute-t-il. Ce conflit des mensonges et de la vérité poisse l’honnêteté de la personne en prise avec la calomnie d’un suc délétère qui ronge peu à peu sa crédibilité.

Lorsque, par malheur, les premiers assauts calomniateurs ne rencontrent aucun démenti de la part de ceux dont ce serait le devoir de protéger leur proche, lorsque ces mensonges sont non seulement admis mais aussi cachés à la personne incriminée, une brèche est ouverte dans laquelle pourront s’engouffrer d’autres assauts ultérieurs. La répétition est en marche.

La petite adolescente de quatorze ans, vilipendée par une camarade de classe jalouse d’un voyage scolaire en Allemagne où elle n’était pas allée, n’a été ni défendue, ni mise en garde. La camarade de classe, de famille charentaise, socialiste et affidée à l’Education nationale comme la mienne, a répété en toute quiétude ses calomnies lorsqu’elle a été lycéenne, puis étudiante à Bordeaux, élargissant le cercle de la médisance et de ceux qui pouvaient la propager, à un âge où de son propre aveu elle reconnaît avoir été obsédée par la sexualité. La famille de la victime s’est faite complice de l’ignominie ? La faille a été repérée. Alors que j’étais étudiante au Lycée Michel Montaigne de Bordeaux, une jeune crevure béarnaise, parmi d’autres, a profité de l’aubaine… Le processus semble sans fin. Pour m’y retrouver dans le fatras des insultes et des coups bas, il a fallu que je reconstitue sur trois générations, le temps d’une névrose, les particularismes régionaux de l’Histoire du XXème siècle, en Charente, dans le Bordelais, dans le Béarn et même en passant par l’Espagne, l’Allemagne et l’Autriche. La calomnie, elle, suivait son cours. A mes tentatives de défense on oppose les troubles psychologiques. Mais les dits « troubles psychologiques » sont gonflés des mensonges névrotiques de mes détracteurs.

François Hollande me traite encore de « personne irresponsable » lorsque je l’enfarine. C’est de la calomnie, qui permet de justifier l’internement psychiatrique, avec la complicité des pouvoirs publics. Il ajoute ce jour-là : « Il y a d’autres moyens de montrer sa contestation, je reste toujours ouvert au dialogue ». Mais ce dialogue que je recherche tant, je me le suis toujours vu refuser : par les silences qu’on m’oppose, et par les calomnies dont on m’accable. François Hollande savait qui j’étais puisque nous nous étions déjà rencontrés à Gandrange et à Metz, il connaissait mon conflit avec Martine Aubry. Toute forme de dialogue m’a été contestée.

La calomnie va enfin de pair avec la lâcheté, le refus d’intervenir pour enrayer la mécanique implacable de la diffamation. Elle fait peur. Elle paraît sale. Elle se grossit de toutes les petites tentatives de tiers pour se dégager du conflit lorsqu’ils sont pris à partie par mon combat pour la vérité. Ma crédibilité, hélas, s’amoindrit dans cette lutte. Je trouve que je donne pourtant des preuves de ma bonne foi et que je fais l’effort d’étayer mon argumentation.

Notes :

1. Louis Martin-Chauffier, « Paulhan ne m’a pas répondu », le Figaro littéraire, 15 mars 1952, in Jean Paulhan, Lettre aux directeurs de la résistance, Ed. de Minuit, J.J. Pauvert, coll. Libertés nouvelles 11, 1951, p. 74.

2. Ibid.

L’épreuve de la Liberté

L’enfarinage de Monsieur François Hollande m’a valu six semaines d’internement psychiatrique, à Paris, puis les derniers temps à Lille même. J’ai gagné ma liberté au tribunal en réclamant un recours devant le juge des Libertés. Le préfet de région a encore fait appel de la décision mais grâce à une avocate (formidable) sa requête a été déboutée et j’ai pu sortir de l’hôpital.

Le mois que je viens de passer a pourtant été l’un des pires de ma vie. Démontée par les médicaments dont je commence seulement à être sevrée, il a fallu combattre en vain pour obtenir un relogement, corollaire du classement en « logement indécent » de ma chambre sous les combles. Je me suis réfugiée en désespoir de cause dans mon appartement vide qui est à vendre, où je « campe » depuis une quinzaine*. La situation n’est pas tenable et renforce la précarité de mon quotidien.

Je passe sur les soucis matériels qui se sont greffés sur la situation. Mes indemnités journalières dues par la sécurité sociale ne m’ont pas été payées. Je ne reviens sur le devant de la scène que pour donner des nouvelles à ceux qui ont continué à me lire… J’ai découvert des lecteurs de qualité après les premiers quolibets qui méritent autant d’attention que les railleries. Mais je ne sais pas quelle forme prendra mon combat dans les semaines à venir, tandis que se poursuit la campagne pour les futures présidentielles.

Note :

*Si le logement a bien été classé « indécent », je n’ai pas été, au finish, relogée. Le propriétaire m’avait proposé une chambre dans la même maison, mais qu’il me fournissait vide et non meublée. En effet, à l’origine, le bail était stipulé « vide » et le logement fourni « meublé », une combine qui devait arranger le propriétaire. Ce dernier est soudain devenu légaliste : un comble quand on pense aux logements sordides qu’il proposait et aux privautés qu’il s’était octroyées pendant des années… Il est devenu aussi gourmand : il fallait payer les mois de février et de mars alors que je n’avais pas occupé la chambre, meubler le logement qu’il entendait vérifier. J’ai fini par jeter l’éponge, en partie par manque d’argent, en partie pour échapper à cet homme abject et sans scrupule dont la logorrhée était un torrent de calomnies et de mensonges éhontés. Les services de la ville étaient manifestement de son bord, presqu’admiratifs de ce médecin qui dans le cadre de ces locations (des logements qui auraient été achetés pour des enfants étudiants devenus adultes et reloués sans volonté de profit…) n’en tenait pas moins à se présenter comme un « chef d’entreprise » à la tête d’une SCI et contraint de défendre l’équilibre de son budget (!). La solution de me réfugier dans mon appartement à vendre m’a permis de retrouver un peu de calme et de me protéger. Mais la question du logement, à long terme, n’est pas résolue.

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